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Bru : "Il faudra qu’on hausse notre niveau d’exigence pour rattraper les échappées"

Bru : "Il faudra qu’on hausse notre niveau d’exigence pour rattraper les échappées"

Le 06/01/2022 à 16:41Mis à jour

PRO D2 - Alors que l’Aviron débute la phase retour par un déplacement à Agen, le directeur sportif du club basque, qui devra rester à l’isolement en raison d’un test positif, dresse un bilan à mi-championnat et évoque les axes de progression de son équipe.

À la mi-saison, l’Aviron est troisième du classement. Quel bilan faites-vous de la phase aller ?

Tout d’abord, le bilan comptable est positif. Depuis le début de la saison, nous tournons à 3,5 points pris par match, nous en avons 52 au total et nous sommes vraiment dans un tableau de marche très cohérent. Par contre, le fait remarquable est qu’il y a deux échappées qui carburent à une vitesse assez extraordinaire et bien au-dessus des standards de la D2. Nous sommes dans un décor complètement nouveau. Aujourd’hui, nous sommes à trois points d’Oyonnax et à cinq du Stade montois. Après, sur le plan du jeu, nous sommes tous conscients qu’on n’a pas toujours exploité au maximum le potentiel de notre équipe pour diverses raisons. Notre ambition est de hausser l’exigence individuelle sur ces matchs retour pour essayer de l’exploiter pleinement.

Les gens étaient-ils trop exigeants avec l’Aviron, ou comprenez-vous certaines critiques à l’égard de votre jeu ?

La frustration est venue de l’écart qu’il y avait entre les attentes et la réalité du jeu produit. Les attentes étaient élevées, peut-être, en raison d’une communication mal maîtrisée. Elle s’est un peu retournée contre nous. Il a fallu gérer ça. Au milieu de cette frustration, il a fallu recentrer les forces de l’équipe pour ne pas qu’on perde en confiance. C’est un élément fort des matchs aller. Malgré ces perturbations, la confiance de l’équipe et des leaders n’a pas été ébranlée. Nous avons réussi à garder le cap. L’ensemble du staff et des joueurs sont parfaitement conscients qu’il faudra qu’on hausse notre niveau d’exigence pour rattraper les échappées sur cette deuxième partie de saison.

Vous avez bien fini 2021 et vous êtes sur votre meilleure série, puisque vous avez gagné vos quatre derniers matchs. Comment analysez-vous cette bonne phase ?

Cette bonne phase fait suite à une défaite de neuf points à Oyonnax (30-21), dans un contexte extra-sportif un petit peu tendu. Ça montre la force morale du groupe et la cohésion qui est la nôtre. Cette force a été tirée d’un recentrage sur notre cadre de jeu. On a un peu laissé de côté les attentes, on s’est recentré sur ce qui faisait nos forces. Ça nous a permis de rétablir un matelas de confiance et d’avoir ces quatre victoires avec, notamment, un bonus offensif qu’on va chercher dans les toutes dernières minutes contre Montauban, un autre face à Carcassonne et une victoire qu’on va chercher à Rouen dans les dix dernières minutes. Nous allons capitaliser sur cette confiance.

Au classement, vous avez fait un premier écart conséquent avec le quatrième puisque neuf points vous séparent de Nevers. Est-ce important d’avoir, déjà, ce petit matelas ?

C’est significatif que le trio de tête marche fort. Honnêtement, aujourd’hui, nous ne regardons pas trop derrière nous. On regarde surtout les deux échappées. C’est clair qu’on s’est mis en chasse d’elles.

Quels vont être les chantiers de la phase retour et les points sur lesquels vous voudrez progresser ?

Avant de parler de la phase retour, je veux souhaiter d’excellents vœux à tous les supporters de l’Aviron. Nous allons essayer de leur donner beaucoup de plaisir à regarder notre équipe. L’exploration des data sur les matchs aller montre qu’on a un certain nombre de maladresses, d’en-avant, de fautes techniques individuelles, de mauvaises prises de décisions, qui polluent beaucoup notre dynamique de jeu. Les schémas collectifs sont en place. Notre cadre de jeu est compris et accepté par tous. Notre souhait est donc de hausser vraiment l’exigence individuelle dans la prise de décision ou dans l’exécution de certains gestes au sein de ce cadre. Voilà pour le premier point. Pour le second, nous avons l’ambition de faire un petit peu évoluer notre cadre. Comme je l’ai souvent dit, l’important, c’est d’arriver aux mois de mars, avril, mai avec quelques innovations qui permettront de surprendre un peu nos adversaires.

Pendant la phase retour, les blocs seront un peu plus courts qu’à l’aller. Cela va-t-il changer quelque chose dans votre façon de gérer l’effectif ?

Non, pas vraiment. Déjà, sur les deux derniers blocs, nous avons eu une stabilité dans les rotations de l’effectif. Une épine dorsale s’est clairement dégagée. Nous allons continuer à nous appuyer dessus. Nous avons eu un lot important de blessés, notamment au niveau de nos lignes arrières. Nous avons dû composer avec ça et ça a coïncidé avec une période de moins bien. Maintenant, nous sommes déterminés à garder une ossature forte de notre équipe pour, justement, garder un niveau de confiance.

Sur la phase retour, vos rotations seront aussi dictées par le retard au niveau des JIFF, que vous allez devoir rattraper…

Notre retard est largement compensable (NDLR : -10). Aujourd’hui, il s’explique par le fait que beaucoup de nos joueurs JIFF ont été blessés et, souvent, en même temps. Je pense à Peyo Muscarditz, Yan Lestrade, Yann David. Devant, il y a eu Kote Mikautadze, Asier Usarraga, Baptiste Heguy. On sait que, devant, on peut se retrouver sous pression rapidement. Sur la phase retour, on va devoir puiser aussi dans notre réservoir de JIFF. Maintenant, je n’oublie pas, non plus, que sur la phase aller, on s’est déplacé huit fois pour sept réceptions. Nous sommes allés chez beaucoup d’outsiders du championnat : à Rouen, Bourg en Bresse, Narbonne, Aurillac. On garde, quand même, pas mal d’atouts dans notre manche.

Pendant la phase aller, vous avez lancé Robin Dioné, Aitor Hourcade a joué quatre matchs. D’autres jeunes vont-ils suivre ?

Oui. Il y a eu les confirmations de Matis Perchaud et Tevita Tatafu. Aitor Hourcade et Robin Dioné sont les symboles du futur de l’Aviron bayonnais. Hugo Zabalza continue de se montrer près de l’effectif professionnel. Certains joueurs vont, je l’espère, intégrer l’équipe professionnelle. Je pense à Vladimeri Chachanidze, qui est un membre de notre cellule élite et qui est très performant, Louis Ortolan, Hugo Fourquet ou encore Guillaume Bouche. Ils sont tout proches d’intégrer l’équipe pro. Étant à la chasse aux points sur ce dernier bloc, nous n’avons pas pu les intégrer comme on voudrait, mais je pense que leur heure va arriver. Je regrette aussi qu’Arnaud Erbinartegaray ait dû un peu trop jongler avec les blessures. Nous n’avons pas pu l’évaluer dans l’effectif professionnel. Tout ça, ce sont des noms qui vont arriver très vite dans la lignée du projet porté à l’Aviron.

Pro D2 - Bayonne - Yannick Bru

Pro D2 - Bayonne - Yannick BruIcon Sport

Jeudi, vous affrontez Agen, qui a connu quelques changements dans son staff récemment. À quoi vous attendez-vous ?

On s’attend à un grand défi et un gros combat. Je connais les valeurs portées par Bernard Goutta, qui est un ami. Je sais qu’il va recréer les fondations du club d’Agen sur les valeurs qu’il s’est toujours appliqué en tant que joueur et coach. Je m’attends à affronter une équipe d’Agen déterminée, solide sur ses bases et qui va faire des choses simples avec beaucoup d’intensité. C’est à nous de répondre présent sur ce défi après deux semaines de coupure. Il est certain que, dès jeudi soir, on doit montrer un visage conquérant de l’Aviron.

Prévoyez-vous des retours dans l’effectif ?

Arthur Duhau a réintégré le groupe élargi. Peyo Muscarditz est en délicatesse avec une main et ne sera pas là. Jo Ravouvou est absent.

Vous allez quitter l’Aviron dans quelques mois. Cela a-t-il été dur de faire en sorte que cette annonce ne perturbe pas le groupe ?

Ça a été géré il y a longtemps déjà, il y a plusieurs semaines. J’ai cherché à être le plus transparent possible. Le club aussi. Nous avons toujours eu ce rapport d’honnêteté avec l’effectif. Nous avons beaucoup de joueurs expérimentés dans l’équipe. Il y a aussi beaucoup de joueurs qui vont boucler ce cycle à l’Aviron, puisque Bayonne va partir sur un nouveau chapitre en juillet 2022. Je crois que, tout simplement, l’envie de bien terminer cette aventure humaine est plus forte que les péripéties contractuelles. Nous sommes dans ce projet avec les joueurs, ça ne les a pas perturbés du tout. Les choses sont claires, c’est la nature du rugby pro aujourd’hui et je n’ai pas envie de revenir là-dessus.

Pendant les fêtes de Noël, le club a annoncé quelques recrues pour la saison prochaine. Êtes-vous intervenu sur certains dossiers et échangez-vous avec votre successeur, Grégory Patat ?

Non, je ne suis pas intervenu dessus et c’est tout à fait normal. Après, j’entretiens d’excellentes relations avec mon successeur. J’ai eu l’occasion d’échanger avec lui, entre grands garçons, pour transmettre les dossiers de manière la plus transparente possible dans l’intérêt du club et des gens qui vont continuer. Je pense que les choses sont faites de manière très professionnelle.

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