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Nadau : "Chacun sait qu’il peut de nouveau écrire une page de l’histoire de ce club"

Nadau : "Chacun sait qu’il peut de nouveau écrire une page de l’histoire de ce club"

Le 01/06/2021 à 15:56Mis à jour Le 01/06/2021 à 15:59

PRO D2 - À quatre jours de la finale de Pro D2 entre Biarritz et Perpignan, l’entraîneur principal du club basque Nicolas Nadau revient sur la victoire de ses joueurs dans les ultimes secondes, à Vannes, et se projette sur le grand rendez-vous qui attend les rouge et blanc samedi.

Quel est le programme de ce début de semaine ?

Nous sommes rentrés dimanche dans la nuit. Hier, les joueurs ont fait de la récupération en piscine. Aujourd’hui, il y aura un entraînement très léger et préparatif à la finale. Nous basculerons demain sur une grosse séance. Nous allons nous entraîner trois fois. Vendredi, il y aura un petit galop d’équipe à Montpellier.

A-t-il été compliqué de redescendre de l'euphorie provoquée par ce scénario incroyable, dimanche ?

Non, l’euphorie est liée à la finalité. Tout ce qui s’est passé est à l’image de ce que l’on est, de ce qu’on peut faire. J’espère qu’on va garder cet état d’esprit, cet enthousiasme, cette envie, cette euphorie, ce caractère et cet appétit, pour préparer la finale toute la semaine.

Votre victoire arrachée dans les dernières secondes à Vannes ne peut-elle pas amener un petit supplément à votre équipe au moment d’aborder cette finale ?

Je pense que nous avons cet état d’esprit et ce caractère depuis deux ans. Si on fait le bilan de nos rencontres, nous avons souvent arraché des victoires dans les dernières minutes. Je me souviens du premier match disputé contre Vannes l’année dernière, qui s’est terminé aux forceps (18-17).

Comment insuffle-t-on ce caractère au quotidien ?

Dans l’exigence qu’il peut y avoir aux entraînements. En étant derrière les joueurs, en les bousculant, en les poussant au quotidien. Après, nous avons aussi vécu des périodes sur lesquelles il y a eu des premières mi-temps moyennes, des deuxièmes très bonnes et inversement. Ce qui fait notre force depuis quelques semaines, c’est qu’on tient la première et la deuxième.

Pouvait-on rêver mieux que ce Biarritz-Perpignan, en finale ?

Quand nous avons démarré la saison et que les joueurs se sont fixé des objectifs, c’était l’affiche qu’on aurait aimé avoir. Nous voulions finir en apothéose comme ça et pouvoir ferrailler avec les meilleures équipes en fin de saison. Nous avons joué Vannes qui était second. Désormais, nous allons affronter le premier. C’est le scénario idéal et rêvé par tout le monde, ici.

L’USAP était programmée pour aller en finale. Le BO l’était peut-être plus pour batailler parmi les quatre premiers (NDLR : l’objectif annoncé). Est-ce que cela change quelque chose dans l’approche de cette finale ?

Ça, c’est ce que les gens estiment. Nous avons travaillé, nous avons fait le dos rond et nous avons connu des périodes difficiles, le Covid. Il a fallu s’adapter toute la saison pour en être là aujourd’hui. Pour nous, ce n’est pas une surprise. Nous savions où nous allions et ce que nous produisions. Quand on a perdu à Mont de Marsan (20-17, 27e journée), on savait par où on passait.

L’USAP avait annoncé vouloir remonter. Le BO voulait “faire mieux que l’an dernier” (NDLR : Biarritz était 6e à l’arrêt du championnat, en mars 2020). En ce sens, aurez-vous moins de pression samedi ?

Sans doute. L’USAP a fini première, nous arrivons en outsider, c’est certain. Maintenant, c’est un match de phase finale. Les compteurs sont remis à zéro. Tout le monde peut gagner.

Le BO attend de retrouver le Top 14 depuis sept ans. Qu’est-ce qui prédomine au quotidien ? De l’excitation, du stress ?

C’est une excitation positive. Il y a une très grosse fatigue du match de dimanche, déjà. Les joueurs ont été marqués, il a fait chaud, ça a tapé fort, ça a ferraillé. Il a fallu aller chercher la victoire au caractère, dans les réserves psychologiques et physiques. On sent que ça bouge autour de nous, les gens sont contents. Malgré la fatigue de ce début de semaine, je pense que l’excitation qu’il y a autour de nous va nous donner un supplément d’âme afin d’être prêt le jour J.

Votre équipe compte, dans ses rangs, un mélange entre des anciens et des jeunes qui ont faim. C’est la recette idéale ?

Je ne sais pas, mais en tout cas, nous sommes en finale. Chacun juge comme il veut. Quand nous avons construit cet effectif et lorsque nous préparons l’équipe qui va jouer, nous sommes toujours à la recherche du bon équilibre pour battre l’adversaire. Par moments, nous devions accepter que les matchs soient moins bons tout en gagnant. Tout ce qu’on a fait avec ce mélange d’anciens et de jeunes l’a été dans un objectif de gagner les matchs.

Steffon Armitage a disputé une dizaine de grandes finales dans sa carrière. Pouvez-vous nous parler de son importance, cette semaine ?

Elle se situera dans la façon dont on aborde ce genre de match. François Da Ros, Yvan Watremez, Francis Saili, Henry Speight ont eu aussi un rôle important la semaine dernière. Ce sont des joueurs d’expérience. Ils savent aborder ce genre de match, emmener, préparer et parler aux joueurs comme il se doit. Ils encadrent cette jeunesse pour qu’on ne tremble pas samedi.

Samedi, le BO disputera sa première finale depuis 2012 (Challenge Européen). Les joueurs ont-ils pris conscience qu’ils vont vivre un moment historique ?

L’euphorie qu’il y a est liée à ça. L’histoire du club est très forte. Le rugby est très marqué et a une grande importance. Chacun sait qu’il peut de nouveau écrire une page de l’histoire de ce club. C’est aussi ça qui est extraordinaire et qui peut être magnifique samedi soir.

Selon vous, sur une finale, les confrontations de la saison ou le classement de la phase régulière ont-ils leur importance, ou tout est remis à zéro ?

Non, je pense que les deux équipes vont travailler fortement sur ces matchs-là. On va s’appuyer dessus, mais ce n’est pas tout. On va aussi décortiquer leurs derniers matchs. Mais ce n’est pas pour autant que la finale va se passer comme on le pense. La vérité de la saison n’est pas celle de la finale, elle ne se prépare pas de la même façon. Il y a une approche et un engouement différents. L’intensité ne sera pas la même, ce sera plus fort, plus rapide.

D’un point de vue personnel, vous avez l’occasion de terminer vos deux ans sur une très bonne note et d’accrocher un titre à votre palmarès d’entraîneur…

J’aime les aventures humaines. J’en ai déjà vécu une belle grâce aux joueurs et aux dirigeants. J’espère sortir sur une bonne note et, l’an prochain, regarder l’équipe sur Canal+ en Top 14.

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