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Michallet : "On prend la mesure du championnat et on avance"

Michallet : "On prend la mesure du championnat et on avance"

Le 26/11/2021 à 11:41Mis à jour

PRO D2 – Le troisième bloc de la saison a débuté et Rouen Normandie Rugby pointe actuellement au 8e rang (25 points), avec un bilan équilibré (5 victoires, 1 nul, 5 défaites). Pour les Rouennais, qui se déplacent ce vendredi (19h30) à Aurillac, ce début de championnat est positif et l’ouvreur et buteur Jordan Michallet établit un point de passage.

Après 11 premiers matchs disputés, quel regard vous portez sur ce début de saison de votre équipe ?

Jordan Michallet : Après ces deux premiers blocs, on était plutôt dans ce que l’on s’était dit et dans ce que l’on voulait faire, et là où l’on voulait être au classement en termes de points. On était plutôt dans nos objectifs donc on était assez content parce que l’on a eu un premier bloc où il fallait quand même bien démarrer, c’est ce que l’on a fait, puis un deuxième bloc « de la mort ». Ce que l’on voulait, c’était d’essayer de le gérer du mieux possible, même si l’on savait que ça allait quand même être dur. On a réussi à gagner des points pour rester dans ce ventre mou, tout en bataillant pour le maintien, ce qui est notre objectif principal.

C’est un bilan plus que positif, d’autant que Rouen, au regard de ses deux expériences passées en PRO D2, n’avait jamais été aussi bien classé à ce stade de la saison…

Oui, c’est très positif. On est très content d’être à cette place. Après, c’est un championnat qui est serré. Avec 3 ou 4 points en moins, on peut être vite en bas. Et 3 ou 4 en plus, vite en haut. On est dans une position où l’on peut peut-être regarder vers le haut mais cela reste serré en dessous aussi. Cela nous va bien, c’est un peu plus confortable, on est content, mais il ne faut pas non plus se relâcher car les équipes situées dessous arrivent à gagner et à faire de bons matchs.

L’une de vos principales victoires reste celle acquise à domicile face à Oyonnax, c’était il y a un mois en arrière.

En plus, on sortait d’une période de deux défaites d’affilée et Oyonnax tout l’inverse, sur quatre victoires d’affilée. Ils venaient avec beaucoup de confiance, de sérénité et une très belle équipe. Nous, on était un peu moins confiant. On a su faire un très bon match pour prendre les 4 points, et c’est peut-être ce match qui nous a fait basculer dans une spirale assez positive, à se dire que l’on pouvait gagner contre n’importe qu’elle équipe si l’on était sérieux et appliqué.

Vous êtes au club depuis 2018 et, avec du recul, qu’est-ce qui peut expliquer que le groupe de cette année parvient à réaliser ce genre de performance ?

Je pense que sur la durée d’un match, on arrive à être constant et prêt physiquement sur 80 minutes contre n’importe quelle équipe. Après, comme toute équipe, on a parfois des temps faibles et forts. Ce qui change par rapport aux années précédentes, c’est que sur nos temps faibles on prend des points mais peut-être moins que les années précédentes. Sur nos trous d’air, on ne s’affole pas pour rester sur notre ligne de conduite vue pendant la semaine. C’est important. Et sur nos temps forts, on arrive à mieux gérer pour renverser la pression au pied, et on a un peu plus de réussite, on réussit à marquer des essais et à être plus performant en attaque. L’année dernière, on s’appuyait beaucoup sur notre grosse défense et un jeu au pied. Cette année, ce qui fait que l’on arrive à gagner des matchs, c’est que l’on a un meilleur équilibre entre attaque et défense. C’est ce qu’il nous manquait.

Peut-être aussi, tout simplement, que vous prenez la mesure de la PRO D2 alors que le RNR dispute sa troisième saison à ce niveau.

Sur l’aspect mental, c’est sûr que cela fait la différence et je pense que c’est flagrant. Les premières saisons, quand on monte de Fédérale 1, il faut un temps d’adaptation. On a fait une belle saison avec un titre, c’était bien et beau, mais le plus dur n’est pas toujours de monter, mais de rester en PRO D2. Cela prouve que ce championnat est très compliqué tous les week-ends, c’est un marathon. Il faut s’adapter mais pas au bout de 8 ou 10 journées, car cela peut déjà être trop tard. Il faut s’adapter dès le départ et c’est compliqué. On a eu deux saisons pour le faire et pour cette troisième saison en PRO D2, moi qui suis là depuis le début, je vois une équipe un peu plus sûre d’elle, plus confiante et qui arrive à gagner des matchs même serrés. On arrive à avoir ce surplus. C’est important.

" Ne pas oublier notre objectif qui est d’assurer le maintien le plus sereinement et le plus rapidement possible"

Si l’on regarde de plus près vos performances, est-ce qu’il y a une identité propre au RNR, un point fort, et qui peut expliquer ces performances ?

Cette année, on ne peut pas dégager un point en particulier, alors que l’année dernière on s’appuyait sur notre très forte défense, sur laquelle on passait beaucoup de temps comme notre jeu au pied d’occupation. On essaie d’avoir l’équilibre le plus parfait possible. On a essayé de garder ce qui faisait notre force, mais il fallait que l’on bosse notre attaque. Notre palette est plus large, on varie un peu plus et on tient davantage le ballon pour jouer davantage à la main. Je nous trouve assez complet. On n’a pas de grande force mais je ne nous vois pas de gros point faible non plus.

Même s’il peut y avoir une envie d’en haut, le cap de cette équipe reste cette quête du maintien, d’un bon maintien peut-on dire ?

C’est ça. Avec l’expérience des années précédentes, avec ces équipes qui commencent très bien mais s’écroulent en deuxième partie de saison, il faut garder du recul. Il ne faut pas oublier notre objectif qui est d’assurer le maintien le plus sereinement possible, et le plus rapidement si possible. Après, on verra… Si vraiment on fait de belles performances, que l’on arrive à prendre des points à l’extérieur et à regarder un peu plus vers le haut, à avoir de l’ambition, forcément on le fera. On le prendra comme une chance et une belle opportunité.

D’autant que si l’on prend de la hauteur sur le projet, au regard de la dimension de la ville de Rouen et du potentiel derrière vous, il y a une progression qui laisse entrevoir une stabilisation intéressante à ce niveau.

C’est notre troisième saison en PRO D2, nous voulons nous maintenir et l’on voit que nous avons les armes pour le faire plus sereinement. Forcément que l’on prend la mesure de ce championnat et que l’on avance. Cela fait depuis trois saisons que l’on avance petit à petit. On ne monte peut-être pas trop rapidement mais étape par étape. Il y a en tout cas une progression sur le terrain et c’est très bien. Et à côté, les partenaires et les présidents font en sorte que le projet avance aussi. On voit que le club va dans le bon sens et qu’il veut être ambitieux dans les années à venir. Il y a le terrain mais ce qui se passe en dehors pousse aussi le projet vers le haut. Il y a tout, un très beau stade, un bassin économique qui est assez énorme. Ce n’est pas que Rouen, mais Rouen Normandie Rugby avec toute une région derrière, économiquement forte et stable. C’est ça qui fait que la vitrine du club avance.

Enfin, vous vous déplacez ce vendredi à Aurillac, ce sera un duel entre deux équipes qui se ressemblent au regard de leurs parcours cette saison.

Oui, c’est un adversaire direct. En début de saison, j’aurais dit pour le maintien et au regard de notre début de saison à tous les deux, c’est un adversaire sur le ventre mou. On est 8e, ils sont 11e à 3 points de nous, mais ils font quand même un bon début de saison en restant performant à domicile, comme chaque année. Et à bien se déplacer aussi en s’accrochant. C’est une équipe complète avec une grosse conquête, une belle mêlée, performante dans les rucks, capable de jouer large-large. Elle arrive à être dangereuse de partout et l’on s’attend à un match très dur et âpre. C’est un concurrent et une équipe qui nous ressemble un peu.

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