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Nevers, qu'est-ce qui coince ?

Nevers, qu'est-ce qui coince ?

Le 04/11/2020 à 17:16Mis à jour Le 04/11/2020 à 18:09

PRO D2 - L'USON n'a pas encore véritablement trouvé son rythme dans ce début de championnat. La faute notamment à deux fins de matches mal négociées à domicile. En quête de confiance, les Bourguignons cherchent la relance.

L'USON patine un peu. Les Bourguignons cumulent seulement trois succès en huit matchs. Surtout, les Neversois restent sur deux défaites difficiles à digérer dans leur stade du Pré Fleuri face à Perpignan puis Vannes, même si entretemps ils l’avaient emporté à Mont-de-Marsan. Plus que les défaites, c'est la manière qui peut inquiéter. Que ce soit face à Perpignan (22-9 à la 56e pour une défaite 22-25) ou Vannes (22-16 à la 56e pour une défaite 22-35), les Bourguignons menaient avant de caler et d’encaisser un 0-16 puis un 0-19 et s’incliner. "Dans ces deux matchs, nous ne sommes pas assez tueurs, constate le centre Rudy Derrieux. Nous faisons une grosse heure de jeu avant de s'effondrer". "Face, à Vannes, on a une première période de qualité mais on ne marque pas assez, appuie le manager Xavier Péméja. Ensuite, la moindre erreur, on la reprend en pleine gueule. Petit à petit, on lâche le match. Et 80 % de notre banc de remplaçants n'apporte rien. Et c'était pareil avec d'autres joueurs sur un match précédent. On se retrouve diminué dans l'état d'esprit et la combativité. C'est un peu le bis repetita de Perpignan et c'est râlant. Mais je crois encore en ce groupe, je ne les lâcherai pas".

Sur le début de saison, Nevers alterne le chaud et le froid. Deux succès bonifiés et une victoire à l'extérieur mais aussi ces deux désillusions. Pas forcément conforme au rythme d’un candidat aux phases finales. "J’ai l’impression que lorsque l’on domine le sujet, on est forts, énonce Xavier Péméja. Car l'opposant baisse les armes. Mais dès qu'on a des adversaires qui gardent les armes jusqu'au bout, c'est nous qui lâchons". Avec sa dimension physique, l’équipe neversoise peut avoir tendance à trop vouloir porter le ballon, à gagner le défi. Avec des mauls toujours aussi dévastateurs, Nevers réussit souvent à scorer sur ce point fort. Mais lorsque la formation adverse répond au défi physique, l’USON semble manquer de solutions pour résoudre l’équation.

Nouveau chef d'orchestre et cadres en relais

Le souci des fins de partie non-maîtrisées est collectif. Mais certains absents auraient pu aider à corriger ce point. "Et il ne faut pas oublier qui nous avons perdu, martèle Xavier Péméja. Zach Henry était notre chef d'orchestre. Aujourd'hui, Shaun Reynolds - qui devait prendre la baguette - s'est lourdement blessé. Nous avons le jeune Ménoret qui fait un bon match contre Vannes mais qui a encore du mal à faire jouer un orchestre de Pro D2 à fond, et c'est normal ! Par contre, c'est sûr qu'il y arrivera ! Nous sommes en train de le former mais cela prend du temps". Mis à l'essai, l'ouvreur anglais Rory Jennings a finalement été appelé en test à Clermont. Nevers explore de nouvelles pistes pour renforcer ce poste.

L’USON a sans doute aussi besoin que ses leaders s'affirment. "Quand notre chef d'orchestre prendra vraiment les rênes, il rendra l’équipe performante, insiste le manager bourguignon. Mais cela nécessite aussi que ceux qui se trouvent autour de lui réussissent à l'aider. Nous avons changé de capitaine un grand nombre de fois. Ce patron qui a l'expérience qui a déjà vécu telle ou telle situation, nous ne l'avons pas eu dans ces moments-clés. Avec l’absence d’Hugues Bastide notamment. Face à Vannes, Franck Bradshaw était capitaine. Et il doit aussi apprendre. Il faut sentir le moment où l’on doit réunir les mecs. Aujourd'hui entre maîtres de jeu et maîtres de groupe, nous sommes un peu orphelins. Mais cela va venir". Un peu déplumée par les absences, l’USON retrouve juste celui qui était son facteur X, Josaia Raisuqe. Forcément, après une blessure qui l'a éloigné 11 mois des terrains, son retour au premier plan peut mettre du temps. Et c'est avant tout l'équipe qui doit progresser collectivement pour qu'ensuite il puisse peser sur des lignes défensives usées.

En quête de confiance

Selon le centre Rudy Derrieux, le souci est plus de l'ordre psychologique. "Je ne pense pas que cela vienne de la jeune charnière car elle est capable de bien alterner et de mener le match, balaie-t-il. Et côté cadres, c'est pareil. Cela fait presque 3 ans que l’on a à peu près le même groupe. On a assez d’expérience commune pour ne pas faire les erreurs que l’on fait actuellement. En revanche, il faut arrêter de se poser des questions et aller de l'avant. De continuer à croire en nous. Car lorsque l’on arrive à développer notre jeu et à mettre en place ce que nous savons faire, on peut voir que l’on réussit à déstabiliser l'adversaire. Il faut arrêter de douter dès que l’on prend un essai". A huis clos, les Neversois ne peuvent pas non plus compter sur le soutien habituel de leurs supporters pour repartir de l'avant. Aux joueurs de trouver la solution. Xavier Péméja se veut optimiste : "J'ai confiance en ce groupe car il y a de la qualité. Il faut que les joueurs aient confiance en eux. Parfois, j'ai l'impression qu'ils sont d'une timidité extrême. Nous sommes encore en construction. C'est un championnat très long et je sais que l’on va être de plus en plus forts".

Il faudra vite l'être car l’USON reste ambitieuse. Sur le plan comptable, Nevers sauve les meubles grâce à une jolie moisson de bonus. "Aujourd'hui nous ne sommes pas en danger, estime le manager. Mais si nous perdons encore à domicile, de la qualif nous allons passer à jouer le maintien". Les Bourguignons ont l'occasion de rectifier le tir en déplacement à Montauban vendredi. Même si pour se remettre complètement sur les rails, ils devront réussir à enfin enchaîner deux succès. Et se lancer ainsi véritablement dans cette drôle de saison.

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