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Comment l’USAP a retrouvé son statut

Comment l’USAP a retrouvé son statut

Le 26/01/2020 à 09:35Mis à jour Le 26/01/2020 à 10:36

PRO D2 - Après un début de saison sans réelle dynamique, Perpignan monte en puissance depuis deux mois. Fort de ses six victoires consécutives, le club catalan a pris les commandes du championnat, à l’aube d’un déplacement à Mont-de-Marsan.

Tout sauf une surprise. Favoris au titre et à la remontée en Top 14, en août dernier, Perpignan a confirmé son statut d’épouvantail de la Pro D2 sur cette première moitié d’exercice. Et si le club catalan a couru après une certaine régularité, malgré un classement favorable depuis le coup d’envoi de la saison, ce dernier a passé un cap, voire plusieurs, depuis deux mois. Date de la dernière défaite de l’Usap en championnat (à Oyonnax, 21-19). À l’aube de la 18e journée, et de leur déplacement dans les Landes face au Stade Montois, les coéquipiers de Mathieu Acebes surfent sur une série de six succès consécutifs. Une dynamique que seuls Oyonnax et Colomiers ont également connu. Comme il y a deux ans, avant le titre, les Sang et Or occupent le fauteuil de leader. Un rang et un statut qu’ils doivent à plusieurs facteurs.

Effectif XXL, rotations intelligentes

Le premier d’entre eux, et il est presque évident, c’est que l’Usap dispose d’un effectif de haut niveau, cette saison en Pro D2. Débarrassés d’une infirmerie débordante, Patrick Arlettaz et son staff disposent aujourd’hui d’un groupe très large. Recrutement ciblé et réussi (Fa’asalele, Chouly, Tilsley), jeunes joueurs parfaitement intégrés (Dubois, Roussel, Rodor), sans oublier le noyau dur des années précédentes… Sur le papier, la formation roussillonnaise impressionne. Un sentiment confirmé sur le terrain. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les Sang et Or ont une meilleure équipe que l’an passé au sein de l’élite du rugby français, là où le club catalan n’avait pas eu assez de temps, ni de moyens, pour s’armer.

Dans le sillage de Christian Lanta, devenu homme de l’ombre, Perpignan s’est activé sur le moyen terme afin de se renforcer. Et les premières évolutions n’ont pas tardé à apparaître : Qualité, mais aussi quantité, le club usapiste jouit d’un groupe professionnel pléthorique. À tel point que les entraîneurs se livrent à des rotations importantes chaque week-end, qu’importe l’opposition. "Cette année, on a la chance d’avoir un effectif au complet. Le staff peut faire tourner et aligner une équipe compétitive à chaque match", confirme Karl Chateau. "Le fait qu’il n’y ait pas de titulaires indiscutables remet, chaque semaine, la performance en cause. Chaque joueur est conscient que s’il n’est pas sur du haut niveau, il risque de ne pas enchaîner le week-end suivant et de laisser la place à un autre. Chacun a besoin de faire ce qu’il faut pour jouer à son meilleur niveau", développe ensuite le troisième ligne. Un poste, parmi tant d’autres, où l’émulation est très relevée (Brazo, Bachelier, Chateau, Faleafa, Reynaud, Mamea Lemalu, Eru, Fa’asalele). Plus globalement, et hormis le trois-quart centre Afusipa Taumoepeau, joueur le plus utilisé de la Pro D2, aucun autre catalan n’est intouchable. Pas même la capitaine Mathieu Acebes, qui doit lui aussi s’employer pour garder sa place. Avant le déplacement à Mont-de-Marsan, dimanche, pas moins de 38 joueurs différents ont été utilisés jusqu’ici par le trio Arlettaz-Freshwater-Bastide.

Défense imperméable, voyages maîtrisés

Arrivé l’été dernier, Gérald Bastide a lui déjà beaucoup apporté dans le contenu, et autour de l’identité de jeu des Usapistes. Toujours fidèle à la philosophie de Patrick Arlettaz, l’Usap a bien retrouvé son attaque de feu. Malgré un léger manque de consistance sur quatre-vingts minutes, et des marges de progression encore certaines, Perpignan présente, comme lors de l’exercice 2017-2018, les meilleures statistiques offensives du championnat, avec près de 29 points et 3,4 essais inscrits en moyenne chaque match. Des chiffres qui s’élèvent à 36 points et 4,8 essais lors des rencontres à Aimé-Giral, où les Catalans, toujours invaincus, récoltent très souvent avec le bonus offensif. Mais comme évoqué précédemment, la formation sang en or a décroché son statut de leader loin de ses bases, et ce malgré quelques difficultés rencontrées en début de saison. Après un premier voyage à vide sur la pelouse de Provence Rugby (25-10), seul match où elle n’a pas ramené au moins un point, l’Usap s’est mise en ordre de marche à l’extérieur. Des déplacements décevants mais bonifiés tout d’abord, à Rouen, Carcassonne, Nevers et Oyonnax, puis une première victoire sur le terrain d’Aurillac, avant deux nouveaux succès, plutôt maîtrisés, à Valence-Romans et Soyaux-Angoulême. Toujours indisciplinés, et sans être parfaits, Enzo Forletta et consorts ont construit ces précieuses performances derrière une défense de fer. Elle-même dictée par la science de Gérald Bastide, nouvel entraîneur. Sans se renier, Perpignan est tout de même parvenu à modifier son système de jeu à l’extérieur. Les Catalans ne brillent pas, mais ne tremblent pas : À peine dix essais encaissés par l’Usap hors de ses bases cette saison, un chiffre record là encore pour une équipe très souvent imperméable à l’intérieur de ses propres 22 mètres. Un visage qui, jusqu’ici, a fait de Perpignan un leader presque accompli. Celui que les Sang et Or devront retrouver et afficher, lors des futurs matches couperets.

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