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Oyonnax avance en mode caméléon

Oyonnax avance en mode caméléon

Le 29/10/2019 à 18:11Mis à jour Le 29/10/2019 à 18:13

PRO D2 - Flamboyants à domicile sur l’entame du championnat, les Oyonnaxiens avaient plus de difficulté à l’extérieur mais ont bouclé le deuxième bloc sur un succès à Provence. Une victoire construite sur la défense et du réalisme. Avec la maîtrise de différentes formes de jeu, Oyonnax avance. Fort de son sens de l’adaptation.

Oyonnax semble avoir trouvé son rythme de croisière. Et espère le conserver. En restant maître à domicile et en réalisant quelques coups à l’extérieur. "Nous ne sommes pas encore arrivés où nous voulons aller" nuance le manager Joe El Abd. Oyo avance tout de même déjà bien. Impériaux dans leur stade Mathon avec un 19/20 en nombre de points (et 19 essais marqués), les Haut-Bugistes vont tenter de conserver cette bonne dynamique dans leur antre. Dans un championnat où il n’y a déjà plus que 5 équipes invaincus à domicile. "Cela pousse à être en éveil tout le temps, estime Joe El Abd. Ne pas penser qu’un match à domicile est gagné d’avance. Il faut arriver avec le bon état d’esprit pour l’emporter".

Le sens de l’adaptation

Avant la deuxième coupure, Oyonnax a réussi à décrocher un premier succès hors de ses bases, sur la pelouse de Provence Rugby (13-22). Dans un style différent de celui entrevu sur les premiers matchs, l’équipe haut-bugiste s’est montrée diablement efficace. Précise dans le jeu au pied et très solide défensivement pour étouffer les velléités offensives de ses adversaires. Selon une véritable stratégie établie à l’avance.

"Il y a une volonté du staff de s’adapter à l’adversaire, éclaire le 3e ligne Etienne Herjean. Si le jeu de celui-ci n’est pas propice à contre-attaquer, nous devons être capables de plus jouer au pied. L’objectif est d’être pragmatique. Dans un match, il y a aussi l’usure physique et mentale à prendre en compte". Si Oyo peut enflammer une partie par séquence, ses joueurs veillent donc à ne pas eux-mêmes trop vite s’enhardir. "Il ne faut pas surjouer, reprend l'ancien Narbonnais. Par exemple, contre Colomiers, nous perdons peut-être le bonus en fin de match car nous n’avons pas pris les pénalités en fin de première période qui auraient permis de d’abord les écarter au score".

L’idée est de construire son match. Et Oyo aspire à panacher sa tactique, selon les forces et faiblesses aperçues en face. "Nous voulons une équipe capable de s’adapter en fonction de l’adversaire, confirme le manager. Sur les deux premiers matchs, nous avons marqué beaucoup d’essais et c’est ce que nous voulons faire ! Mais cela ne sera pas tout le temps comme cela. Nous avons ensuite affronté certaines équipes comme Colomiers, Béziers et Carcassonne qui étaient difficiles à jouer car très efficaces dans les rucks. Et nous avons donc besoin de nous adapter"..

Besoin d’évoluer encore

Arrivé en tant que n°1 du sportif cet été, le technicien anglais possède un tableau de marche comptable intéressant, ce qui lui permet de faire mûrir son équipe. "Cela prend du temps de former un groupe, souligne-t-il. Au début, nous étions peut-être euphoriques après les deux victoires à domicile. Aujourd’hui, le groupe s’est formé et l’état d’esprit commence à être intéressant. Ce n’est pas juste aller boire des bières ensemble mais de s’y filer les uns pour les autres sur le terrain. Et dans le bloc précédent, nous avons vu cela".

Si Oyonnax pointe au 3e rang du classement, l’exigence est grande dans le Haut-Bugey. Le centre Roi Hansell-Pune estime qu’Oyo possède encore une marge. Selon lui, cette montée en puissance doit être effective au moment de défier Montauban, Rouen, l’USAP et Soyaux-Angoulême. "Dans le troisième bloc, il n’y a plus d’excuse pour ne pas bien connaitre son rôle, appuie le Néo-Zélandais. Il faut trouver la bonne dynamique, que ce soit en défense ou en attaque. Car nous avons joué des parties en étant bons en défense et moins bons en attaque. Ou l’inverse". Le centre a connu différentes philosophies ces dernières années, de l’ère Urios à la révolution du synthétique avec une volonté de jeu accrue.

Désormais, les Oyonnaxiens affichent la volonté de maîtriser plusieurs formes de jeu. "Bien sûr, nous voulons garder le ballon le plus possible en attaque mais sans être "stupides" avec celui-ci, reprend Roi Hansell-Pune. Il faut jouer dans la bonne partie du terrain. Et cela dépend des matchs mais à l’inverse si nous passons 80% de la partie à défendre, nous aurons moins de gaz pour attaquer". Le club d’Oyonnax martèle la volonté de rendre fier son public, ce dernier va-t-il comprendre que son équipe fasse par moment le choix du pragmatisme ?

"Il y a plusieurs façons de jouer et plusieurs secteurs où tu peux prendre du plaisir, répond dans un sourire Joe El Abd. Marquer des essais bien sûr, c’est le top. Mais il y a aussi le combat, les ballons portés, les mêlées et la défense et montrer des valeurs en répondant présents dans ce secteur-là. Nous avons besoin que les supporters nous soutiennent à fond dans ces séquences-là". Etienne Herjean fait écho sur ce sujet : "Nos supporters s’attendent à ce qu’il y ait plus de jeu mais nous voulons surtout pratiquer un jeu qui nous permette de gagner. Après, nous devons être dans l’analyse. S’il y a des opportunités de jeu, il ne faut pas hésiter non plus…"

Défense étouffante, attaque flamboyante, pragmatisme… Oyonnax veut surtout surprendre cette saison. Et avant tout ses adversaires.

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