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Aucagne : "Il y a plus de maturité et de confiance dans le groupe"

Aucagne : "Il y a plus de maturité et de confiance dans le groupe"

Le 15/10/2019 à 13:08Mis à jour Le 15/10/2019 à 13:10

PRO D2 – Deuxième de Pro D2 avec un match en retard (seul membre du Top6) à disputer face à Nevers, l’ASBH impressionne en ce début de saison. Sans séduire, elle se repose sur une force de caractère inégalée et une défense de fer (7 essais et 90 points encaissés), pour enchaîner les succès. Vendredi à Biarritz, les Biterrois viseront un sixième succès consécutif.

Rugbyrama : Si on vous avait dit il y a deux mois que vous seriez deuxième du championnat après sept journées, vous auriez signé des deux mains ?

David Aucagne : Oui, car il y a tout de même eu pas mal de changements à l’intersaison. Une dizaine de joueurs ont quitté le club et David (Gérard, NDLR) est parti au dernier moment à Lyon. Ça a été un peu difficile à gérer. Après, on a des ressources au centre de formation qui nous permettent de faire face à ce genre de situation. Et puis je me dis aussi qu’on a eu de la chance sur le recrutement, en trouvant des éléments qui amènent de la fraîcheur et de la vitesse à notre jeu. Ils se sont bien fondus dans le groupe.

Le temps d’adaptation a été plus rapide que prévu à tous les niveaux…

D.A : Je ne m’attendais pas à ce que ça aille aussi vite, mais attention, nous n’avons joué que six matches. Il ne faut pas non plus se prendre pour d’autres et se croire arrivés. On fera un point à Noël. Cette série de succès apporte de la confiance au quotidien et prouve aussi, que les nouveaux coaches (Sébastien Logerot et Gabriel Bocca) ont bien été “apprivoisés” par les joueurs. Et ça c’est très important (…). Je tiens à les féliciter. On s’est tous “rafraichis” en changeant aussi les plans de jeu. Cela nous a fait du bien mentalement et c’est peut-être aussi grâce à ça qu’on est sur cette bonne dynamique.

L’autre clé de votre réussite réside-t-elle aussi dans les performances de vos joueurs cadres restés au club, qui composent la majeure partie du XV de départ ?

D.A : Bien sur. Ces joueurs au-delà de leur importance sur le terrain, sont des soutiens et des relais dans le groupe, qui nous apportent beaucoup. Ce sont des gens francs et c’est essentiel. Nous (le staff), on ne leur cache rien en essayant d’être honnêtes avec eux par rapport aux équipes que l’on fait, par exemple. Ce qui est intéressant aussi, ce sont tous ces jeunes qui nous poussent. C’est un bon mélange.

Pro D2 - Victor Dreuille (Béziers) contre Perpignan

Pro D2 - Victor Dreuille (Béziers) contre PerpignanIcon Sport

Ce groupe a-t-il grandi ?

D.A : Je ne sais pas. Je l’espère. On a toujours un peu de mal à jouer certaines équipes comme ce week-end face à Rouen et j’aimerais qu’on arrête de se concentrer sur nos adversaires pour penser à notre jeu. Ce qu’on souhaite faire offensivement. Mais je crois que cela vient aussi de nous, les coachs et on doit travailler là-dessus. L’équipe doit tirer encore plus de sérénité de cette seconde place. Car c’est vrai qu’il y a plus de maturité et de confiance dans le groupe.

Suffisamment pour enchaîner un sixième succès à Biarritz ?

D.A : Le B.O est en forme et joue bien. Après, je me dis aussi qu’ils ont joué dimanche et qu’ils ont deux jours de récupération en moins que nous. Et un match de plus dans les pattes puisqu’on a eu malheureusement une rencontre annulée (à Nevers). Alors peut-être que sur la fraîcheur, on pourra créer quelque chose, avec tout le respect qu’on a pour nos adversaires. On verra bien…

Quelles sont les forces basques ?

D.A : Un troisième rideau très dangereux sur contre-attaque. Ces joueurs ont beaucoup de vitesse, d’appuis et créent des espaces. Le B.O marque souvent des essais en contre, c’est sa force. Ils sont aussi impressionnants sur mauls et marquent souvent derrière eux. Après, les Biarrots mettent pas mal de variété dans les zones de marque. C’est une équipe très complète qui joue bien et a peu de turnover.

Au contraire de vous…

D.A : C’est vrai. Même s’il y a des joueurs qui ne tournent pas trop, on essaye d’impliquer tout le monde. C’est précieux pour la vie de groupe et pour essayer de faire évoluer nos jeunes. Je suis gêné aussi, car je n’arrive pas à les faire tous jouer. Je pense à Max Espeut qui joue peu mais qui reste un élément important. (…) On va conserver notre turnover car cela me semble logique quand on prend un groupe et qu’on veut l’amener le plus haut possible.

La concurrence semble aussi s’être intensifiée à des postes clés ?

D.A : La concurrence est plus grande parce qu’on n’a pas trop de blessés et parce que je pense qu’on a eu des bonnes surprises. Je pense à Alvar Gimeno qui amène de la concurrence au centre, à Wesley Douglas qui a vraiment grandi cette année et Pierre Bérard, plus constant cette année. Ou encore Thomas Zénon qui joue arrière et ailier… Il y a des joueurs que l’on n’attendait peut-être pas à ce niveau-là, surtout chez les jeunes et qui amènent de l’émulation dans le groupe. On peut tourner sans que l’équipe ne baisse de niveau.

Pro D2 - Thibaut Bisman (Béziers) contre Perpignan

Pro D2 - Thibaut Bisman (Béziers) contre PerpignanIcon Sport

Votre jeu devait évoluer vers plus de vitesse et de mouvement. Force est de constater, que peu de choses ont avancé sur ce plan… Alors que préférez-vous : continuer à gagner en vous appuyant sur votre jeu axial et vos avants ; ou accélérer la mutation en forçant le changement, quitte à perdre ?

D.A : (Sourire) Gagner ! Mais avec l’expérience de l’année dernière, il faut que tout le monde comprenne nos choix et les joueurs ne les comprennent pas toujours. C’est aussi ça le problème. A moi de m’améliorer dans la communication. Je pense qu’il vaut mieux gagner au départ en jouant “petit bras”, comme l’an dernier. Et en même temps on avançait presque toujours devant et derrière c’était poussif. Peut-être que ça a été ma faute de ne pas assez communiquer dessus. L’équipe passe avant tout et quand on a des points forts, il faut les utiliser. Mais notre jeu doit encore évoluer, sans oublier les bases et les tâches obscures. Car parfois, on pense plus à jouer qu’à ce genre de choses.

Quelles progressions attendez-vous en attaque ?

D.A : Il faut qu’on arrive encore plus à jouer bien ensemble, que nos structures soient plus en place. On doit trouver aussi plus de variété dans notre jeu, dans le jeu au large et celui dans la profondeur. Dans notre jeu au pied qui n’est pas toujours performant. On a trouvé plus de longueur mais nous manquons d’alternance et nous sommes trop lisibles dans les zones de marque. Il faut absolument qu’on réussisse à varier notre rugby.

Après Biarritz et une première trêve, Béziers va enchaîner huit rencontres jusqu’à Noël. Cette période vous effraie-t-elle ?

D.A : Oui car cette période va fausser le championnat car il y aura quatre ou cinq équipes qui vont jouer huit rencontres pendant que d’autres auront un parcours un peu plus tranquille. Je trouve ça dur à vivre, sachant qu’on avait proposé des dates en mars qui évitaient de faire ce marathon. Pour la sécurité de nos joueurs, enchainer ces matches sur des terrains boueux au début de l’hiver, c’est compliqué. On nous parle toujours de cette sécurité, mais en même temps, les instances oublient un peu ce sujet quand cela les arrange. Franchement, cela m’énerve un peu. Mais nous ferons avec comme d’habitude… je préfère ça que d’avoir choppé le staphylocoque ! Après, il faudra bien le gérer et ce sera difficile d’être aussi performant qu’aujourd’hui.

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