Icon Sport

Rodor, Catalan dans l'âme

Rodor, Catalan dans l'âme
Par Rugbyrama

Le 06/03/2020 à 14:11Mis à jour Le 06/03/2020 à 14:34

PRO D2 - Né à la Réunion, le jeune Matteo Rodor a toujours eu son esprit du côté de Perpignan. Il a le bonheur de signer dans son club de cœur, à l'âge de 11 ans, lorsqu'il débarque en Catalogne. Depuis? Une progression perpétuelle qui lui vaut, aujourd'hui, une place de choix dans l'effectif. Le joueur de 20 ans rêve d'écrire une longue histoire d'amour avec le club sang et or.

En l'espace de 9 ans au club, Matteo Rodor, a su franchir tous les obstacles qui se présentaient devant lui, pour devenir un élément majeur de Perpignan. Ses premières classes, le jeune Rodor les effectuent dans son île natale de la Réunion, à l'Étang Salé Rugby Club. S'il a démarré le rugby, sa famille n'y est pas pour rien : "J'ai toujours baigné dans le rugby, toute ma famille s'y intéresse, seul mon père (Nicolas Rodor) faisait figure d'exception et a joué au foot." À 11 ans, lorsqu'il a l'occasion de rentrer à Perpignan, il ne tarde pas à intégrer les catégories de jeunes de l'USAP. "Je me suis déplacé à Perpignan, car mes parents y sont originaires, et mon frère voulait intégrer le pôle espoir de Béziers. Forcément, je n'hésite pas à prendre ma première licence, en Benjamin, à Perpignan. Je ne me suis jamais imaginé signer dans un autre club." Sa passion pour le club catalan remonte à ses années réunionnaises, comme le confirme le joueur : "Déjà, lorsque j'habitais à la Réunion, je suivais de très près l'USAP. Mon plus beau souvenir est forcément celui de 2009, je suis même monté à Paris pour voir la finale !"

Une polyvalence qui lui ouvre la porte des Bleus

Formé au poste de demi d'ouverture, Matteo Rodor n'a pas tardé à découvrir le poste de demi de mêlée. Il a confié le moment à partir duquel il a commencé à s'étalonner à ce poste : "J'ai toujours joué 10 quand j'étais jeune, mais c'est lorsque je suis rentré au pôle espoir à Béziers qu'on m'a fait passer 9. Les formateurs pensaient que j'avais plus de chances d'intégrer les équipes de France à ce poste. Je continuais, tout de même, à jouer pour l'USAP en parralèle de ça." Et ils avaient vu juste, Matteo Rodor a été par la suite appelé en U16, U17 ou en U20 développement. Ses dires confirment que c'est grâce à ce changement de poste qu'il a pu connaître la joie de porter le maillot bleu. "Au début, je ne m'y attendais pas, je pense que c'est le fait d'être passer au pôle espoir de Béziers qui m'a aidé à rentrer dans ce cursus." En continuant sa progression, le jeune Réunionnais espérait faire partie du groupe de l'équipe de France qui allait se rendre en Argentine pour la coupe du monde. Malgré la déception de ne pas y prendre part, il a su vite rebondir dans son club. "J'aurais pu faire partie du groupe champion du monde en Argentine, après je n'ai pas forcément fait une bonne saison cette année là. C'était une réelle déconvenue sur le moment, mais maintenant que je joue en pro je suis satisfait de là où je suis donc je n'y pense plus."

Lors de l'été 2019, Matteo Rodor fait la préparation aux côtés des joueurs de l'équipe première, il se retrouve alors numéro 3 au poste de demi de mêlée (derrière Tom Écochard et Sadek Deghmache), fort de sa première apparition lors de la saison précédente. "J'ai intégré le groupe Pro durant notre dernière saison en Top 14, en tant que numéro 9, et c'est à ce poste que j'ai joué mon premier match (contre Sale en Challenge Européen)." Mais un coup du destin va le faire à nouveau changer de poste. "Après ma préparation estivale, des blessures sont survenues au poste de demi d'ouverture, j'ai donc joué 10 durant les matchs amicaux." Ses bonnes performances ont tapé dans l'oeil de ses entraîneurs, et lui ont permis de vivre une saison pleine de réussite pour le moment... Il estime même que sa polyvalence, à la charnière, ne peut lui être que bénéfique :"je vois ma polyvalence comme un avantage puisque je connais assez bien les 2 postes, tant sur les similitudes que sur les différences."

" La concurrence est très saine. Ce sont des joueurs d'expérience qui n'ont plus rien à prouver."

À l'aube du début du championnat, Matteo Rodor ne s'attendait pas à être autant utilisé (19 matchs, 15 titularisations). Malgré son appréhension d'être lancé définitivement dans le grand bain, il a pu s'appuyer sur bon nombre de coéquipiers qui ont connu le même sort que lui : "Cette année, on a intégré beaucoup de jeunes à l'équipe pro, du coup j'avais moins de pression au moment de démarrer la saison. Même si ça a été une surprise pour moi d'être d'abord sur les feuilles de match puis surtout en tant que 10." Toutes les rencontres qu'il a pu disputer avec son club ont toutes été au poste de demi d'ouverture. Il est l'ouvreur perpignanais qui a connu le plus de temps de jeu depuis le début de la saison. "J'ai bénéficié de l'aide de Thibauld Suchier et de Quentin Étienne qui ont une réelle habitude de ce niveau. Ils m'ont soulagé au niveau de la pression et ont établi une concurrence très saine. Ce sont des joueurs d'expérience qui n'ont plus rien à prouver." Maintenant bien installé à ce poste, le joueur n'en reste pas moins humble et conscient que la roue peut vite tourner. "Je me dis que quand les matchs couperets ou ceux de phases finales vont arriver, il suffit que je fasse quelques mauvaises performances pour que la rotation se fasse. Il faut que je reste concentré jusqu'à la fin de la saison et que je maintienne ce niveau d'exigence."

En se penchant sur les spécifités de son jeu, il est rare que le jeune ouvreur prenne à son compte les pénalités ou les transformations, malgré son poste qui le prédestine à se charger de cette discipline. Rien d'alarmant, ni de perturbant à en croire ses propos : "j'ai rarement buté étant jeune, je ne m'attendais pas à prendre cette responsabilité surtout quand on a des buteurs de la trempe de Jonathan Bousquet ou de Tom Écochard. C'est plus un soulagement pour moi de débuter sans avoir cette responsabilité-là, j'avais déjà assez de pression à gérer. Ça a permis de me libérer et de penser uniquement à mon jeu."

Matteo Rodor marquant son premier essai, en Pro D2, contre Oyonnax

Matteo Rodor marquant son premier essai, en Pro D2, contre OyonnaxIcon Sport

Des ambitions collectives et personnelles conséquentes

N'ayant participé à aucune rencontre de la saison 2018/2019 en Top 14, comparable à un chemin de croix pour l'USAP (2 victoires en 26 matchs), Matteo Rodor a vécu avec impuissance la saison cauchemardesque vécue par ses actuels partenaires. Ce mauvais épisode a permis, selon lui, à l'effectif de se ressouder. "Ça n'a pas été trop dur pour le groupe de redescendre en Pro D2, il était composé relativement de la même façon que lors de la première descente en 2013. Les joueurs savaient à quoi s'attendre, et malgré des résultats en demi-teinte en début de championnat, le groupe a su trouver son rythme de croisière." Désormais positionné tout en haut du classement, l'espoir de faire l'ascenseur et de connaître une nouvelle fois l'élite du rugby français reste intact. "L'objectif premier est évidemment de finir dans les deux premiers, on ne s'en est jamais caché." La conquête du Top 14 continue ce week-end en terres montalbanaises, pour le jeune Rodor et ses coéquipiers.

Compte tenu de l'éclosion du talentueux Perpignanais, il est d'une logique implacable que certains clubs se sont déjà positionner sur le dossier. Mais constamment avec cette maturité qui le caractérise, malgré son jeune âge, il sait garder la tête froide et a le sens des priorités pour son avenir. "Pour l'instant, je n'ai pas du tout envie d'ailleurs. J'ai tout ici : ma famille, mes amis, j'ai des études à finir (actuellement en 3e année de Kinésithérapeute, à Gérone). À aucun moment, je pense à partir. Même si un club de Top 14 venait à me contacter, je ne me poserai pas la question. J'entends bien honorer la fin de mon contrat ici !"

Toujours avec autant d'enivrement lorsqu'il parle de son seul et unique club, Perpignan, Matteo Rodor s'est laissé tenter à dévoiler les objectifs principaux qu'il se fixe : "À court terme, le but est uniquement de remonter avec l'USAP, je ne vois uniquement que pas ça. Et à long terme, si le club arrive à s'installer en Top14, gagner le Brennus serait naturellement mon plus beau rêve"

Par Thibaud Gouazé

Pariez sur le Rugby avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
Contenus sponsorisés