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Un jour, un joueur : Romain Cabannes (Mont-de-Marsan)

Cabannes : "Il nous a manqué un peu d’essence sur la fin"
Par Rugbyrama

Le 22/05/2018 à 17:41

Suite à une année à la fois positive et frustrante, Romain Cabannes, champion de France avec Castres en 2013, est revenu sur la saison du Stade Montois Rugby. Où il faisait son retour cette année.

Rugbyrama : Après cette année éprouvante, quel est ton point de vue sur la saison du Stade Montois ?

Romain Cabannes : C’est difficile. Il y a une certaine forme de satisfaction avec la belle saison qu’on a réalisé. Mais après, quand on voit que deux équipes arrivent à monter à l’étage supérieur et une équipe de Pro D2 qui domine une formation de Top 14, on se dit qu’à deux matchs et quelques décisions près, on aurait pu faire beaucoup mieux.

Comment avez-vous vécu votre retour à Mont-de-Marsan et les retrouvailles avec votre frère, Julien ?

R.C. : Pour moi c’est que du positif, je suis sur la fin et je l’ai annoncé depuis longtemps. Je voulais vraiment rentrer à la maison, jouer avec mon petit frère et mes amis. J’ai eu une chance incroyable et je prends beaucoup de plaisir sur le terrain avec mes coéquipiers donc à ce niveau là, la saison est parfaite. On dit que le rugby est un sport où il faut se battre pour ses coéquipiers. Quand tu as ton frère à côté et un groupe avec une super ambiance, c’est tout de suite plus facile. Mais c’est vrai que la relation avec mon frangin est forcément forte et particulière.

À cause de votre blessure, vous avez manqué la moitié des matchs cette saison. Gardez-vous un goût d’inachevé ?

R.C. : Oui, forcément. Cette blessure est arrivée au mauvais moment. Je commençais à enchaîner les matchs et tout allait bien mais j’ai eu un petit problème au ménisque avec l’usure et mon âge. Mais c’est la loi du sportif. C’est dur d’avoir une saison sans pépins et linéaire mais j’ai eu la chance de revenir au bon moment et goûter à cette fin de saison palpitante. Il me manquait un peu de rythme à la fin et c’est dommage d’avoir vécu ça mais à 34 ans, je commence à savoir ce que c’est.

Pour en revenir à la saison, vous avez eu du mal sur la fin avec trois défaites en quatre matchs. Pensez-vous que cette mauvaise dynamique a impacté sur les phases finales et cette défaite à Perpignan ?

R.C. : Clairement. La dynamique s’est inversée mais il ne faut pas oublier qu’une saison est longue. Peut-être qu’on était moins armés que certaines équipes à des postes clés. Tout cela a fait qu’à la fin, on était un peu cramés avec moins de certitudes dans notre jeu, un manque de force et il manquait logiquement quelque chose. Mais c’est valable pour toutes les équipes et il faut être en forme au bon moment comme Grenoble qui a finit en trombe. À un moment, on pensait accrocher ces deux premières places mais on fini à l’arrache en quatrième position. Malgré un bon sursaut contre Béziers, il nous a manqué un peu d’essence sur la fin et le déplacement à Perpignan.

Cela fait plusieurs saisons que le Stade Montois s’arrête en demi-finales. Pensez-vous que le club a réellement l’ambition de monter en Top 14 ?

L’ambition, tous les clubs l’ont. Le problème, c’est si on a les moyens ou pas pour y accéder. Il ne faut pas oublier qu’on a un club bien structuré, avec des finances saines, mais pour le rester, il faut faire des concessions. Parfois, on se rend compte qu’on a des petits manques à la fin qui sont dus à des blessures à certains postes clés par rapport à des clubs qui ont la capacité à aller chercher des tops joueurs pour combler les vides. Dans l’équipe, on avait Wakaya qui était meilleur marqueur et qui s’est blessé pour toute la fin de saison. Donc si tu commences à perdre des joueurs importants, c’est tout de suite plus compliqué pour la suite. Le club a l’ambition mais il faut être raisonnable. La philosophie des dirigeants est de ne pas se lancer dans des budgets prévisionnels pour au final que l’argent ne soit pas là et mettre en péril le club.

La saison prochaine, vous allez retrouver votre ami Rémi Tales. Pensez-vous que son expérience du haut niveau peut aider l’équipe à faire passer ce palier ?

À franchir ce palier, je ne sais pas. Mais à la faire progresser, sans doute. Rémi a joué une finale de Coupe d’Europe, il va jouer des phases finales de Top 14 encore une fois donc il va forcément apporter quelque chose et faire progresser le groupe. Mais le problème est que les autres équipes aussi recrutent des gros joueurs et progressent. Donc est-ce que ça va permettre à l’équipe de franchir une étape supplémentaire ? Nous verrons bien.

Propos recueillis par Paul Stanislas.

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