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Demi-finale Pro D2 - Levani Botia, la perle des îles de La Rochelle

Botia, la perle des îles de La Rochelle

Le 16/05/2014 à 15:41Mis à jour Le 16/05/2014 à 17:22

Passé longtemps par le rugby à VII, le Fidjien Levani Botia n’a pas mis longtemps à faire étalage de son talent devant le public rochelais. Arrivé en tant que joker médical au centre de l’attaque maritime, il a rapidement montré ses qualités, puissance et appuis en tête, mais aussi de défenseur, au plaquage comme dans les rucks. Portrait d’une perle des îles.

Du VII au XV, le chemin n’est pas forcément aisé. Même pour certains excellents Fidjiens, qui figurent parmi les maîtres de la discipline. Alors, au moment où le staff de l’Atlantique stade rochelais reçoit quelques vidéos des fulgurances de Levani Botia [prononcez Lepani] sur le circuit mondial de Seven, Fabrice Ribeyrolles demande évidemment à en voir plus. En pleine recherche d’un joker médical, face aux blessures consécutives de Gonzalo Canale (opéré fin novembre d’un tibia) et Jean-Philippe Grandclaude (opéré courant janvier d’une épaule), l’entraîneur des arrières maritimes veut alors "un trois quarts centre capable d’apporter des choses différentes dans l’alignement au centre du terrain, quelqu’un d’imprévisible avec de bons appuis". Au milieu des nombreux CV reçus, celui du Fidjien de 25 ans (1m82, 103 kg) ressort. "Le premier montage d’un agent nous a tapé dans l’œil, confirme l’entraîneur. On l’a regardé à VII puis à XV (où il évoluait auparavant). Il avait toutes les qualités pour les deux".

"Plus un profil de XV que de VII", selon Ribeyrolles

Les Rochelais prennent pourtant leur temps pendant l’hiver. « Nous n’avions pas trop le droit à l’erreur avec le choix de notre joker, pour bien finir la saison et éviter le gâchis pour tout le monde », explique Fabrice Ribeyrolles. Lorsqu’il apprend que le club s’intéresse à Levani Botia, Sireli Bobo, tout juste arrivé, encourage l’Atlantique stade rochelais à le faire venir. Puis participe à accélérer les choses. "Nous souhaitions un joueur avec des qualités offensives mais aussi défensives, et dans les phases de contact", poursuit le coach. Dur au mal, le Fidjien apparaît bien comme le joueur idéal. "Il aimait le combat. Cette notion, comme la défense, est vite ressortie", ajoute Ribeyrolles. Et d’enchaîner: "Il a plus un profil pour le 15 que pour le 7 selon moi. Il est dur sur l’homme. Il n’est pas que dans l’évitement et la prise d’espaces".

Débarqué mi-mars pour la première fois en France, comme il l’expliquait à Sud Ouest, Botia est alors pris en main par la communauté fidjienne sur les bords de l’Atlantique. Au-delà de Sireli Bobo, il découvre Albert Vulivuli, ou encore l’arrière blessé Kini Murimurivalu. Si ce dernier l’aide dans sa vie quotidienne au départ, les autres l’accompagnent pour qu’il se fasse plus vite au jeu maritime, en lui traduisant notamment les combinaisons. Sur le terrain justement, le trois quarts manque légèrement de foncier à son arrivée. "Mais il est tellement généreux…", coupe Ribeyrolles. Si bien que l’international fidjien de VII se retrouve titularisé à Colomiers, dix jours après son arrivée. Les premières impressions sont largement confirmées contre Narbonne, où il participe à la démonstration (48-17), une semaine après. Pas une surprise pour son entraîneur, qui accorde néanmoins: "On savait ses qualités mais, c’est vrai, de là à ce qu’il s’intègre si vite…"

"Il est partout !" 

Depuis, Levani Botia a démarré tous les six matchs suivants, à l’exception de celui de Carcassonne, match rejoué la semaine passée et pour lequel il n’était pas qualifié. Solide défenseur, bon gratteur de balles, épatant en attaque, où il forme une paire complémentaire avec le jeune Charles Lagarde, le Fidjien s’illustre tous les week-ends. "Il est partout, se réjouit Ribeyrolles. Avec plus ou moins de réussite forcément, puisqu’il est parfois un peu gourmand. Mais il se donne à 100% dans chaque secteur ! Quitte à tirer parfois un peu la langue". Pas question donc, pour le Stade rochelais, de laisser filer sa perle des îles. A peine deux matchs disputés, les dirigeants charentais se sont empressé de lui faire signer une prolongation, jusqu’en 2016. "Une récompense pour lui, et pour nous", insiste l’entraîneur. D’autant plus que les Maritimes avaient beaucoup travaillé avant de le faire venir. Fabrice Ribeyrolles en termine avec ses justifications: "Quand les joueurs Fidjiens viennent en Europe, il y a toujours une marge de risque. On a essayé de la réduire au maximum, c’est pour cela que ça ne s’est pas fait du jour au lendemain".

Le joueur, désormais bien décidé à passer quelques années supplémentaires sur l’Atlantique, s’est mis à la recherche d’une maison. Et compte bien faire venir femme et enfants dès l’année prochaine. "C'était mon rêve de venir en Europe, je suis heureux d'être ici", avait-il déclaré à Sud Ouest peu après à son arrivée. Son avis ne semble pas avoir changé, même si son côté discret l’encourageant à ne pas répondre à nos sollicitations, ne nous permet pas d’en avoir la confirmation. Qu’importe, au rythme de ses performances, le public rochelais ne devrait pas tarder à faire de lui une nouvelle mascotte, comme le furent Filipo Toala ou Norman Ligaïri en leur temps. Temps qu’ils passèrent en partie tous deux en Top 16 ou Top 14… A La Rochelle, les nombreux supporters qui rempliront le stade Marcel Deflandre dimanche contre Pau espèrent maintenant qu’il en sera de même avec Levani Botia.

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