Icon Sport

Coupe du monde- XV de France: Brice Dulin à l'aile, ce sujet sensible

Dulin à l'aile, ce sujet sensible

Le 29/09/2015 à 15:32Mis à jour Le 29/09/2015 à 15:36

RUGBY - Jeudi soir face au Canada, Brice Dulin sera titulaire à l’aile. Un poste où le joueur du XV de France s’était perdu le 15 août à Twickenham. Malgré ses efforts pour trouver des automatismes à l’aile, l’arrière du Racing est encore loin d’apporter des garanties indiscutables.

C’est un sujet sensible. Malgré toute sa bonne volonté et son dévouement au collectif du XV de France, Brice Dulin (25 ans, 21 sélections) est toujours un peu embarrassé en évoquant son positionnement à l’aile. Il y a tout juste un an, le joueur du Racing nous confiait qu’il se sentait "bridé" à ce poste. Jeudi soir, l’ancien Castrais devra pourtant se débrider pour affronter le Canada à Milton Keynes.

Une titularisation à droite de l’attaque tricolore alors que sa dernière sortie à l’arrière face à la Roumanie a été saluée par Philippe Saint-André. "Je l’ai toujours dit: Je postule en premier lieu à l’arrière", insistait l’intéressé dimanche. "Mais s’il faut dépanner et qu’on me décale sur l’aile… maintenant, je le redis. C’est une Coupe du monde. Je ne suis pas sûr d’en refaire une autre. Je serai déjà enchanté d’être sur le terrain. Il faut profiter de tout ce qu’on te donne. Je vais jouer le match à 200%. Mais là où j’ai les meilleures sensations, notamment par rapport au dernier match, c’est à l’arrière".

" Je l’ai toujours dit: Je postule en premier lieu à l’arrière "

Le 15 août dernier contre l’Angleterre (19-14), en tout début de match, Brice Dulin s’était fait mystifier par Anthony Watson. Une image qui avait interrogé sur les facultés du Racingman à évoluer à ce poste au plus haut niveau. "Jouer à l’aile en Top 14 ou au niveau international, ça n’a rien à voir", se défend-il. "J’ai eu du mal à jauger la vitesse pour mon déplacement défensif. Mais il valait mieux que ça m’arrive en amical à Twickenham que pendant la Coupe du monde. Au moins, c’est passé. J’espère ne pas faire deux fois la même erreur. Aujourd’hui, j’ai ce petit vécu pour rentrer plus rapidement dans le match. Après, je ne suis pas stressé".

Brice Dulin (XV de France) - 23 septembre 2015

Brice Dulin (XV de France) - 23 septembre 2015Icon Sport

Ce mardi, Philippe Saint-André a protégé son joueur devant des médias septiques sur ce choix tactique. "Brice est un grand compétiteur", a insisté le sélectionneur. "Il est capable de faire avancer l’équipe, de casser les plaquages. Et puis, il est gaucher, ça nous donne une solution supplémentaire".

Sauf que ses repères semblent encore fragiles. "Quand je suis décalé, il faut que je sois deux fois plus attentif", concède-t-il. "Les automatismes ne sont pas les mêmes. Je n’ai pas la facilité sur le placement et le petit temps d’avance que j’ai à l’arrière. Ce n’est pas forcément facile. On ne peut pas retranscrire la réalité du match à l’entraînement. Quand je joue à l’arrière, j’arrive à avoir cette anticipation".

" Je n’ai pas la facilité sur le placement et le petit temps d’avance que j’ai à l’arrière"

Au chevet des buteurs du XV de France, Romain Teulet effectue également un travail spécifique sur les positions de l’arrière du Racing. "Par moment, il va prendre du jeu au pied d’occupation, de pression, il faudra qu’il essaye d’anticiper davantage que quand il joue à l’arrière", nous explique "Robocop".

Romain Teulet (XV de France) à l'entrainement - le 22 septembre 2015

Romain Teulet (XV de France) à l'entrainement - le 22 septembre 2015Icon Sport

"En position de 15, tu vois mieux la lecture du jeu adverse. Tu arrives à te situer beaucoup plus facilement. Quand tu n’as pas l’habitude d’évoluer à l’aile, c’est évident qu’il faut être plus attentif. Mais aujourd’hui, on voit beaucoup d’arrière qui sont en position d’ailier. Si on prend Watson ou May, ce sont des gars qui dans leur club jouent à l’arrière. C’est le cas aussi des All Blacks avec Ben Smith. Quand tu joues ailier, à un moment donné il faut rejoindre la ligne avec ton second centre pour avoir un équilibre. Il faut décrocher davantage que tu ne le fais à l’arrière où tu as un mouvement d’essuie-glace. A l’aile, un coup tu montes, un coup tu descends. C’est un va-et-vient. Mais Brice a une intelligence pour s’adapter assez remarquable. Je ne pense pas que ça le perturbera plus que ça". CQFD…

De notre envoyé spécial à Croydon, Vincent PERE-LAHAILLE

Contenus sponsorisés
0
0