Les Bleus à la consigne

Les Bleus à la consigne
Par Rugbyrama

Le 15/10/2007 à 15:45Mis à jour

Les Bleus ont suivi les consignes, coûte que coûte, face à l'Angleterre jusqu'à perdre le match. Un choix qui ne fait pas l'unanimité même chez les joueurs.

Les matchs se suivent et malheureusement se ressemblent. Pourtant, tous les joueurs l'avaient juré au soir du 7 septembre 2007 après la défaite contre l'Argentine : la leçon était retenue. Jamais ils ne se laisseraient de nouveau embarquer dans un piège par leurs adversaires. Pourtant le constat est là, cruel, les Bleus ont pêché par manque d'intelligence dans le jeu, incapables d'en changer.

"Si on nous dit de taper dans le ballon..."

Avec un jeu stéréotypé, incapable de créer du mouvement, les joueurs de Bernard Laporte ont failli. Engoncés dans des habits trop étroits, ils se sont livrés à un jeu contre-nature, loin du french flair. Le futur joueur des Natal Sharks, Frédéric Michalak, entré à l'heure de jeu, résume parfaitement cette amertume: "Je pense qu'il fallait jouer autrement. On aurait dû arriver avec plus d'ambitions. On a beaucoup travaillé les ballons portés alors que... Après, c'est les joueurs qui doivent le sentir, ce sont eux les acteurs. C'est à eux de décider mais il faut que l'envie et la fraîcheur soient collectives". Avant de lâcher. "Les joueurs, ils appliquent les consignes. Si on leur dit de taper dans un ballon, ils tapent dans un ballon". Les Bleus sont donc disciplinés, ils suivent les consignes quitte à rester à quai...

La capacité à changer de jeu, à relancer, à bonifier les ballons et surprendre les adversaires, voilà ce qui longtemps a fait le bonheur des supporters du XV de France et rendu cette équipe imprévisible. Sous l'ère Laporte les choses ont changé, au point que l'entraîneur anglais, Brian Ashton, pouvait ironiser. "On essayait de crier aux joueurs de taper dans ce foutu ballon pour le redonner à la France et voir ce qu'elle allait en faire, car il paraissait évident qu'elle n'allait pas en faire grand-chose de plus que nous" . Pour battre les Bleus, il suffit de les laisser jouer, triste constat.

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