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Les 10 matchs les plus mémorables : Wasps - Toulouse 2004

Les 10 matchs les plus mémorables : Wasps - Toulouse 2004
Par Rugbyrama

Le 22/03/2020 à 12:22Mis à jour Le 23/03/2020 à 07:38

CHAMPIONS CUP - La crise sanitaire actuelle a contraint les autorités à stopper toutes les compétitions de rugby en Europe. L’occasion de ressortir les matchs les plus beaux, les plus légendaires, les plus inoubliables de l’histoire du rugby. Neuvième rencontre mémorable : l’un des souvenirs les plus douloureux de l'histoire du Stade Toulousain, en 2004, lors de la finale de Hcup contre les Wasps.

Dans cette série proposée, il était inconcevable d’occulter l’une des compétitions les plus prisées de l'ovalie : la Champions Cup (anciennement Hcup), qui réunit les meilleurs clubs de l’Hémisphère nord, composés de pléthores de stars. Retour en 2004 sur une finale électrique entre les Londoniens de Wasps, qui évoluent à domicile dans l’antre de Twickenham, et les Toulousains qui tentent alors de conserver leur bien acquis un an auparavant contre Perpignan.

La veille de cette finale, Français et Anglais s’étaient déjà affrontés en finale du Challenge européen. Clermont avait perdu face aux Harlequins (27-26) au terme d’une fin de match tragique, dans laquelle ils ont vu le trophée leur filer entre les mains, à la dernière seconde de la rencontre. Les Stadistes avaient pour mission de sauver l’honneur du pays, pour que les supporters français ne subissent pas une double désillusion contre leurs meilleurs ennemis. L’escouade toulousaine, emmenée par Guy Novès, se présentait avec 9 joueurs titulaires de la finale victorieuse de l’an passé. En face, les Wasps pouvaient compter sur leurs Champions du monde Josh Lewsey, Stuart Abbott, Joe Worsley et Lawrence Dallaglio pour soulever le deuxième trophée européen de l’histoire du club, après le Challenge européen glané en 2003. Au vu des récentes performances des deux écuries et des joueurs présents sur la pelouse, cette finale regroupait le gratin du rugby mondial de l’époque.

Lawrence Dallaglio, titulaire en finale de la coupe du monde 2003 et capitaine courage des Wasps.

Lawrence Dallaglio, titulaire en finale de la coupe du monde 2003 et capitaine courage des Wasps.Icon Sport

Une inefficacité toulousaine exacerbée

Ce sont les joueurs hauts-garonnais qui rentrent le mieux dans la partie, avec plus de mordant, et commettant peu d’imprécisions. L’arrière toulousain, Clément Poitrenaud, semble être dans un bon jour, une première bonne percée est à mettre à son crédit. Cependant, c’est surtout dans la conquête que la différence se fait dans cette entame de match. Dans un premier temps, un bon lancer en touche permet à Yann Delaigue d’ouvrir le score. Puis dans un second temps, la mêlée des Stadistes enfonce celle des Londoniens. L’ouvreur français ne se prive pas pour concrétiser cette domination (0-6 à la 12e minute).

Après un faux départ, les joueurs anglais semblent enfin entrer dans la rencontre. Dans le sillage d’un Simon Shaw toujours dans l’avancée, ils arrivent même à recoller au score après leur première séquence de possession dans le camp adverse. Leur jeu semble se roder, au fil des minutes, et contrairement à leurs adversaires ils arrivent à concrétiser ce temps fort par un essai. C’est Stuart Abbott, le centre anglais, qui est à la conclusion d’un beau mouvement (10-6 à la 20e). Ils passent devant pour la première fois, et ils ne seront plus jamais menés… La suite de la mi-temps ressemble à une histoire qui ne cesse de se répéter, les bonnes intentions sont Toulousaines, mais ils éprouvent toujours autant de mal à les conclure. Comme à la 23e ou 27e minute, deux actions qui symbolisent ce manque profond de réalisme. Dans le même temps, les Jaune et Noir se contentent de bien défendre et engrangent trois nouveaux points grâce à une pénalité obtenue par l’infatigable Dallaglio.

L’adage jeu de mains, jeu de Toulousains se vérifie une nouvelle fois lorsque Delaigue s’en va aplatir le seul essai de son équipe, après une énième tentative. Une touche rapidement jouée par le duo Heymans-Poitrenaud, une succession d’offload, et pas moins de 7 joueurs trouvés pour un essai qui permettra aux joueurs de Guy Novès de réduire l’écart avant le retour aux vestiaires (13-11). Un moindre mal…

Un changement de buteur payant

Cette réelle opposition de style se poursuit durant le deuxième acte. Toulouse enchaîne les temps de jeu, mais tombe une nouvelle fois sur un mur… En face, les joueurs de Warren Gatland continuent de performer dans ce jeu minimaliste proposé. Une mêlée sur leur ligne des 40, un point de fixation trouvé puis trois passes auront suffit pour mettre à mal les Toulousains. La prise d’intervalle d’Alex King aura été fatale puisque sa remise intérieure pour Mark Van Gisbergen l’envoie en terre promise (20-11 à la 44e). L’efficacité est maximale. S’ils ne sont rentrés qu’à deux reprises dans les 22m adverses, ils y ont inscrit 14 points !

Sentant que le match allait lui échapper, Guy Noves prend la décision à la 53e minute d’opérer à un changement tactique. Yann Delaigue, en difficulté dans l’animation du jeu et dans sa réussite face aux perches, est suppléé par Jean-Baptiste Elissalde. Michalak glisse à l’ouverture, Elissalde prend place à la mêlée. Si dans le jeu courant, le ballon est toujours confisqué par Toulouse, Elissalde connaît plus de réussite au pied que son prédécesseur et profite du carton jaune infligé à Dallaglio (57e), pour inscrire trois nouveaux pions. Malgré le fait que les Anglais n’encaissent pas de points en infériorité numérique, la chance a l’air de sourire enfin aux Toulousains après que King trouve le poteau sur un drop et à l’issue de la plus longue possession londonienne du match (68e). Surtout que quelque temps après, Elissalde réussit deux pénalités (72e et 77e) pour remettre les compteurs à égalité 20-20. La tendance s’est inversée et la victoire semble plus proche que jamais pour Toulouse.

L’entrant Jean-Baptiste Elissalde qui aura changé la physionomie du match avec 9 points inscrits au pied.

L’entrant Jean-Baptiste Elissalde qui aura changé la physionomie du match avec 9 points inscrits au pied.Icon Sport

L’erreur inouïe de Poitrenaud

Place au "money time », cet instant du match où le temps a l’impression de s’arrêter, où les supporters retiennent leur souffle. Après s’être rendus coup pour coup, les deux équipes se retrouvent dos à dos. La pression monte, et les joueurs se demandent quelle stratégie ils doivent adopter. Une seule chose est sûre : dans ces derniers moments d’une rencontre, l’erreur est interdite… Les joueurs de Warren Gatland font preuve d’une force mentale extraordinaire, c’est le même XV titulaire qui terminera cette rencontre ! Après le choix tactique fructueux de Guy Novès, son homologue en tente un beaucoup plus risqué, dû à un banc de qualité limité.

Après le renvoi de King, la tension est palpable, les deux lignes d’arrières ne cessent de se rendre le ballon au pied par peur de commettre l’irréparable. L’horloge affiche exactement 77 minutes et 53 secondes, quand le demi de mêlée Rob Howley, décide de poursuivre au pied un ballon. Dans le même instant, une Marseillaise entonnée par les fidèles supporters toulousains qui ont fait le déplacement, venait de se terminer. Au demeurant, ce coup de pied n’avait rien de dangereux tant les arrières de Toulouse s’efforçait à couvrir le fond du terrain. Clément Poitrenaud suit d’ailleurs le ballon qui longe la ligne de touche, ne pensant pas que la menace Howley se rapproche… Et alors qu’il s’apprête à l’aplatir, le Gallois bondit dans son dos et le devance. L’inexpérience du jeune Toulousain lui aura desservi et aura surtout condamné définitivement son équipe. La joie anglaise au coup de sifflet final est à la hauteur du résultat (27-20), c’est tout un stade qui exulte pour fêter ce titre européen.

Le héros malheureux de ce sacre, Poitrenaud, se remettra largement de cette erreur pour devenir par la suite une véritable icône du club Rouge et Noir. Les Wasps pourront remercier, quant à eux, Shaun Edwards (entraîneur de la défense, actuellement en charge de celle du XV de France). Ils ont bâti, sous sa houlette, une véritable muraille qui n’a cédé qu’à une seule reprise face aux multiples assauts des Toulousains.

Par Thibaud Gouazé.

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