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Lacroix : "Je vois bien les Rochelais soulever le Bouclier"

Lacroix : "Je vois bien les Rochelais soulever le Bouclier"

Le 23/05/2021 à 16:04Mis à jour Le 24/05/2021 à 09:24

CHAMPIONS CUP – Natif de Toulouse mais le jaune et noir chevillé au corps, le néo-retraité Gabriel Lacroix n'a aucun doute sur la capacité des Rochelais à très vite rebondir, en Top 14, après l'immense déception de la défaite de finale de Champions Cup (22-17) face au Stade Toulousain.

Qu'avez-vous pensé de cette finale, Gabriel ?

Franchement, le match en lui-même était un peu compliqué à regarder, on ne s'est pas régalé devant la télé. Des matches d'une si grosse importance, c'est compliqué. Une finale, quoi. Un match un peu fermé. Les deux équipes n'ont pas joué leur rugby habituel.

Votre sentiment au coup de sifflet final ?

Déçu, forcément, pour La Rochelle. C'était une belle occasion de commencer à remplir l'armoire à trophées. Mais il y en aura sûrement plein d'autres. Ça servira aussi de motivation aux joueurs et au club pour essayer d'aller gagner le bouclier.

Où l'avez-vous regardée, cette finale ?

J'étais à Toulouse, hasard du calendrier. Je devais descendre depuis un moment, chez moi. J'ai mes racines ici. J'ai regardé le match à la maison, avec des amis, des supporters toulousains. Ce n'était pas un match facile à regarder pour moi. C'était spécial. Je suis content pour Toulouse mais aussi déçu pour La Rochelle. La Rochelle aurait gagné, ça aurait été l'inverse.

Grégory Alldritt disait, à chaud, que les Rochelais étaient "trop pressés". Partagez-vous cette analyse ?

Trop pressé ? Peut-être. Franchement, je ne sais pas. Il y a eu beaucoup d'engagement. On voyait qu'il y avait beaucoup de volonté, des deux côtés. Ces matches sont tellement compliqués à jouer, à appréhender, à gérer que ça se joue souvent sur pas grand-chose. La Rochelle, à un de moins pendant cinquante minutes, a quand même tenu tête à Toulouse ! On a presque plus vu l'équipe de La Rochelle que celle de Toulouse sur ce match-là.

Voyez-vous, justement, le carton rouge de Botia (28e) comme le tournant du match ?

Un joueur des lignes arrières en moins, quand on connaît la qualité derrière des Toulousains, c'est sûr que ça pèse énormément dans le match. C'est se tirer une balle dans le pied. Mais c'est un fait de jeu que le staff ne peut pas anticiper…Le choix était bon d'appuyer sur les avants, de mettre six avants sur le banc, parce qu'on a vu que La Rochelle, devant, avait bousculé Toulouse. Peut-être que sans ce fait de jeu, cela aurait été payant. C'est comme ça, c'est triste pour La Rochelle. Mais c'est surtout dur pour le joueur. Il ne faut pas en rajouter.

" J'espère qu'il y aura un titre à la fin de la saison, pour Botia. Il le mérite"

Entre sa grave blessure au genou en 2017 (en quart de finale, NDLR), sa blessure à la cheville en demi-finale cette année face au Leinster et son expulsion en finale, "Lep's" a décidément une histoire contrariée avec la Champions Cup…

C'est vrai… Le pauvre…Là, je pense que c'est un trop plein d'engagement et de "bonne volonté". La faute y est, le carton est logique mais je suis sûr que ça part d'un "bon sentiment". Il est plus fort que tout le monde et, quand il appuie un plaquage, ça se voit plus que quand moi j'appuie un plaquage (rires). J'espère qu'il y aura un titre à la fin de la saison, pour lui. Il le mérite. Super carrière, super joueur, super mec. Il apporte tellement toute la saison, au club et à l'équipe, que c'est impossible de lui en vouloir.

Ce carton rouge fait forcément penser à celui de Pierre Aguillon, lors de la première demi-finale de Top 14 de l'histoire du Stade rochelais, en 2017. Vous étiez titulaire ce soir-là…

J'y ai pensé de suite. Je me suis dit : "Put***, ce n'est pas possible ! L'histoire se répète…" Malheureusement, en deux matches très importants pour le club, deux cartons rouges. Il faut croiser les doigts pour que ça se passe différemment sur le troisième.

On vous sait très proche de Pierre Aguillon, il arborait d'ailleurs un bandage "Gab" sur l'avant-bras depuis l'annonce de votre retraite. Sa sortie, en larmes, sur civière, à une semaine de cette finale, a dû vous "retourner"…

C'était très dur. Vraiment des images difficiles. On a l'impression qu'il se fracasse le genou. Quand on voit les images où je me blesse, on a l'impression que je n'ai rien alors que je me fracasse le genou. Lui, au final, il a juste une déchirure à l'ischio. Incroyable ! Il a eu beaucoup de chance mais tant mieux pour lui, l'histoire se finit bien. Je l'ai eu beaucoup au téléphone. Il méritait d'y être, à Twickenham. C'est un super joueur, très engagé, toujours à 200%. Sa carrière n'est pas finie, j'espère qu'il gagnera des titres et qu'il aura l'occasion d'en rejouer plein, des matches comme ça.

Le Top 14 revient dès samedi prochain. Le Stade Rochelais doit vite se relever pour rester dans la course à l'accession directe en demi-finale du Top 14…

Il y a de belles choses à garder de cette finale, il va falloir se servir des points positifs. Malheureusement, un titre leur échappe à la fin mais c'est de bon augure pour le reste de la saison. Il y a encore le Brennus à aller chercher, c'est le plus beau des titres. Les Rochelais le mérite. Ils vont se remettre à 200% là-dedans. Moi, je les vois bien soulever le bouclier à la fin de la saison.

Malgré une quatrième défaite (en comptant le match de présaison, NDLR), depuis fin août, face au Stade Toulousain ?

Ça aussi, ça va peut-être servir de booster s'ils se recroisent en phases finales. Les séries sont faites pour s'arrêter un jour. La Rochelle est capable de tout, surtout sur un match de phase finale.

Vous serez à La Rochelle, le 25 juin, en cas de finale ?

Cette fois-là, j'y serai, c'est sûr (rires) !

D'ailleurs, vous interviendrez, à compter de la saison prochaine, dans un club voisin, à Aytré…

Auprès des jeunes, sur quelques entrainements. Sur la technique individuelle, l'attitude au duel. Après, je reste aussi au club de La Rochelle et je vais faire ma formation de préparateur physique. Ça fait chaud au cœur. J'avais toujours dit, quand j'étais joueur, que je sortirai de ce milieu une fois que j'arrêterai. Il ne faut jamais dire jamais. J'espère avoir encore plein de choses à vivre dans le rugby, côté staff, cette fois. Et que je me régalerai tout autant que quand j'étais sur le terrain.

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