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L'antisèche : le Racing avait un rêve, il a eu droit à une triste réalité

L'antisèche : le Racing avait un rêve, il a eu droit à une triste réalité

Le 12/05/2018 à 21:00Mis à jour Le 12/05/2018 à 21:17

Le Racing 92 s’est incliné en finale de la Champions Cup ce samedi face au Leinster (15-12). Leur rêve s’est envolé malgré une générosité de tout les instants.

Le jeu : La solidité du Racing 92 n’a pas suffi

Cette finale a démarré par un gros coup dur pour les Racingmen avec la perte après seulement deux minutes de jeu de leur ouvreur et buteur Pat Lambie. Un coup de froid qui a donné le ton d’une première période verrouillée mais aussi marquée par l’énorme solidité défensive des Ciel et Blanc. Le Leinster, qui tournait pourtant à quatre essais de moyenne cette saison en Coupe d’Europe, s’est cassé les dents sur le très dense rideau francilien. Et les Irlandais se sont payés le luxe de ne pas prendre tous points qui se sont présentés, Jonathan Sexton ayant joué rapidement une pénalité dans les 22 mètres adverses pour voir, quelques secondes plus tard, Camille Chat gratter le ballon au sol (33e).

Pas dans son meilleur jour, le Leinster n’a toutefois pas lâché mentalement malgré quelques scories. Il s’est aussi montré efficace en défense avec un taux de réussite au plaquage comparable au Racing 92 (91% contre 92% pour les Franciliens). Menés à moins de dix minutes de la fin, les hommes de Jonathan Sexton ont été chercher leur trophée en poussant leurs adversaires usés à la faute.

Les joueurs : la troisième ligne francilienne et Chat à la hauteur, Nakarawa en dedans

Ce match n’était pas fait pour les artistes. Et ceux du Racing ont du rongé leur frein toute la partie. Pat Lambie s’est blessé au bout de deux minutes, Marc Andreu et Teddy Thomas n’ont rien eu ou presque à se mettre sous la dent. Virimi Vakatawa pas beaucoup plus. Et Leone Nakarawa, très attendu pour sa capacité à libérer les bras et faire jouer après lui, a été muselé.

Camille Chat (Racing 92)

Camille Chat (Racing 92)Icon Sport

En bon capitaine, Yannick Nyanga fut le Francilien le plus actif offensivement avec 66 mètres parcourus ballon en main, soit plus que Thomas, Andreu, Dupichot et Vakatawa réunis. Sur le plan défensif, Le Roux (14 plaquages, 2 ratés) et Lauret (15 plaquages, aucun raté) ont contrecarré les plans du Leinster. Côté irlandais, Rob Kearney s’est montré très sûr sous les ballons hauts et a toujours montré l’exemple.

Le facteur X : Perdre deux ouvreurs le même jour, cela fait quand même beaucoup

Quelle équipe n’aurait pas été perturbée après avoir perdu, le même jour, les deux ouvreurs avec qui elle a préparé le match ? Dan Carter a déclaré forfait quelques instants avant la rencontre, la faute à des douleurs au mollet, et Pat Lambie s’est blessé au genou sur sa première attaque de ligne. C’est Rémi Tales, même pas sur la feuille de match, qui a dû partir au feu toute la partie. L’absence de ces deux joueurs de classe mondiale a forcément pesé sur la production offensive du Racing 92. Aurait-il été champions d’Europe sans ces deux coups du sort ? On ne le saura jamais.

La stat : 2

C’est le nombre de minutes où le Leinster a mené durant cette finale. Les deux dernières, après une pénalité de Nacewa (79e) et un dernier frisson pour les Irlandais avec le drop raté de Tales.

La décla : Henry Chavancy (centre du Racing)

"On avait à cœur de mettre cette première étoile sur le maillot. Perdre une finale sur le fil, c’est vraiment dur et ce sera dur pour nous quelques jours mais nous devons nous relever pour bien terminer la saison"

La question : Comment se relever de ce nouvel échec ?

L’histoire avait tout pour être belle. Le retour en Espagne, terre du sacre en finale du Top 14 il y a deux ans, Dan Carter qui remporte le dernier trophée qu’il lui manque pour sa dernière saison en France… Mais le rêve a fait place à la triste réalité, celle d’un deuxième échec en finale de Champions Cup en trois saisons. En 2016, les Ciel et Blanc étaient tombés sur plus fort qu’eux et ne pouvaient pas nourrir beaucoup de regrets de leur finale. Cette fois, ils meurent à 3 points après avoir mené à neuf minutes de la fin. Le scenario est terrible et forcément très compliqué à digérer, d’autant plus que la coupe d’Europe était la priorité du club.

Il le faudra bien, pourtant, puisque les Franciliens ont des phases finales de Top 14 à négocier et potentiellement un titre de champion de France à aller chercher. Le rôle de Laurent Travers et Laurent Labit pour remobiliser leurs troupes sera capitale pour ne pas tout perdre.

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