Icon Sport

CHAMPIONS CUP - Clermont : David Strettle dans la tête des Saracens

Strettle dans la tête des Saracens

Le 10/05/2017 à 15:11

CHAMPIONS CUP - L’ailier David Strettle peut être l’un des hommes clés de la finale. Car l’Anglais de Clermont est celui qui connaît le mieux l’adversaire. Joueur des Saracens de 2010 à 2015, il va tenter de priver son ancien club du doublé pour offrir un premier sacre à l'ASM.

Après sa prestation de haut vol en demi-finale (un essai une passe décisive), l’ailier David Strettle veut briller face aux Saracens. Après une première saison européenne avec Clermont gâchée par une élimination en poule et marquée par le succès de son ancienne équipe, l’ailier retrouve enfin ses ex-coéquipiers. Deux ans après la demi-finale 2015 remportée 13-9 par Clermont. La dernière défaite des Saracens en Coupe d’Europe (17 matches sans perdre depuis…) et le dernier match européen de Strettle avec les Noir et Rouge.

"J’ai eu beaucoup de coups de téléphone la semaine dernière. Mais je n’ai pas de problème avec ça. Je joue à Clermont et contre mon ancien club, c’est une belle histoire. Mais pour moi, que ce soit face au Saracens ou à une autre équipe, il y aura de l’émotion. Et que ce soit eux ou nous qui gagnions, ça ne changera rien au respect que j’ai pour ces gars".

David Strettle avec les Saracens face à Clermont en 2014

David Strettle avec les Saracens face à Clermont en 2014Icon Sport

Les gars en question sont aujourd’hui tenants du titre. Après une petite décennie de progrès constants, marquée par une présence régulière en phases finales. Un parcours qui ressemble à celui de Clermont, et dont Strettle a été l’un des leaders. Samedi, il disputera sa deuxième finale européenne après celle de 2014, perdue face à Toulon. "Ce sont de bonnes émotions qu’il faut canaliser dans le bon sens. Tu dois commencer un match en sachant que tu peux le gagner".

Une connaissance partagée

Avant de traquer les failles sur le terrain, Strettle a fait le maximum pour aider son équipe dans la préparation de cette finale. En transmettant au staff et à ses coéquipiers clermontois son expertise de l’adversaire. "C’est normal. Je les connais mieux que n’importe quelle autre équipe, donc ce serait stupide de ma part de ne pas en parler. Je sais quelles sont leurs forces, mais je pense que quiconque les regarde peut les voir. Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce qu’ils font. C’est un pan de jeu très simple, extrêmement bien exécuté".

David Strettle (Clermont) face au Leinster en demi-finale

David Strettle (Clermont) face au Leinster en demi-finaleIcon Sport

Cette culture du détail, prônée par le coach Mark McCall et ses prédécesseurs comme Brendan Venter, rend les Saracens redoutables. Appliquée à un groupe de joueurs qui se connaît de mieux en mieux, et règne aussi sur l’équipe d’Angleterre, la méthode fait de l’équipe une vraie machine, qui a broyé le Munster en demi-finale. "Le Munster a eu énormément de mal à sortir de ses 22. Ce qui arrive dans ces cas-là, c’est que les équipes tentent quelque chose de nouveau pour s’en sortir. Et c’est là que les Saracens sont redoutables. Quand j’ai commencé à jouer pour eux, ils jouaient bien mais manquaient parfois des opportunités. Aujourd’hui, ils savent précisément quand attaquer. Il faut être sûrs de ce que l’on fait, avoir les idées claires, et ne pas faire d’erreurs. Parce qu’ils seront constants de la première à la dernière minute".

Patience et réalisme

Strettle sait que les ballons seront plus rares que face au Leinster. Et qu’il faudra résister à la puissance de feu des Sarries. "Il n’y pas que Farrell, ils ont aussi un 9 qui joue très bien au pied. C’est pour cela qu’il est si difficile de défendre face à eux. On ne sait jamais de quel côté ça va venir. Nous devons faire la même chose. Il n’y a rien de mal à parfois jouer au pied dans leur 22, leur mettre la pression, et attendre la bonne opportunité".

Owen Farrell (Saracens) face au munster - 22 avril 2017

Owen Farrell (Saracens) face au munster - 22 avril 2017Icon Sport

Même si cette finale n’a rien à voir avec la demie d’il y a deux ans, que le contexte du stade Murrayfield sera bien moins incandescent que le chaudron de Geoffroy-Guichard, l’ASM peut s’inspirer de sa victoire en 2015. Résister au défi physique et planter l’estocade, sans se rater. "Quand je jouais pour les Saracens, les équipes qui nous mettaient en difficulté rivalisaient dans le jeu au pied, le tempo, la stratégie… On ne doit pas mettre le feu. Les adversaires souffrent lorsqu’ils font ça".

Clermont aussi regorge de talents

Mais Strettle sait aussi que Clermont a tout à perdre en se recroquevillant comme le Munster en demi-finale, et doit aussi tenter de dicter son rythme, et rester fidèle à ses qualités offensives. "Nous n’étouffons pas les matches défensivement, nous cherchons comment nous créer des opportunités. C’est la différence entre les deux équipes. Mais cependant, si vous n’attaquez pas bien face à eux, c’est là que leur défense prend le dessus. Ce sera un match très intéressant".

David Strettle (Clermont)

David Strettle (Clermont)Icon Sport

Quand à la liste de talents et d’internationaux à laquelle il faudra faire face samedi, Strettle ne la juge pas imbattable par un groupe clermontois dont la force est aussi dans le nombre. "Malgré les blessures de Wesley (Fofana, ndlr), Toeava ou Nakaitaci, nous sommes très chanceux d’avoir autant de joueurs de classe mondiale. Je n’avais jamais joué dans un club où chaque semaine à l’entrainement, l’équipe qui fait face à celle titulaires est elle aussi composée d’internationaux. C’est phénoménal. Les clubs anglais commencent à réaliser l’importance d’avoir des remplaçants aussi forts que les titulaires, et c’est pour cela qu’ils rivalisent de nouveau".

Rivaliser, jusqu'à prendre le pouvoir. Après les années de règne toulonnais, les Saracens ont mis la main sur la Coupe la saison dernière. Après des années à courir après, Strettle et Clermont rêvent d’inscrire à leur tour leur nom sur le trophée.

Contenus sponsorisés