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Champions Cup - Le Racing, de la Croix-de-Berny aux sommets de l'Europe en 10 ans

Le Racing, de la Croix-de-Berny aux sommets de l'Europe en 10 ans
Par AFP

Le 13/05/2016 à 11:30

COUPE D'EUROPE - Exsangue en 2006 lors de son rachat par l'homme d'affaires Jacky Lorenzetti, le Racing 92 a depuis été patiemment restructuré au prix d'importants investissements sans parvenir à décrocher de titre, ce qu'il pourrait enfin réussir samedi à Lyon en finale de la Coupe d'Europe face aux Saracens.

Le parallèle avec le RC Toulon est inévitable et peu flatteur au niveau du palmarès: lui aussi repris en 2006 par un entrepreneur extérieur au monde du rugby, Mourad Boudjellal, le club varois a depuis glané trois Coupes d'Europe (2013, 2014 et 2015), un Championnat de France (2014), et perdu deux finales de Challenge européen (2010 et 2012).

Le Racing 92, lui, disputera samedi contre les Saracens la première finale de sa période moderne, qui a en quelque sorte débuté dans le cabinet d'un médecin: celui d'Yves Legagneux, coprésident du Métro-Racing 92, né de la fusion en 2001 des équipes premières du Métro 92 et du Racing Club de France, club historique en déliquescence depuis son dernier titre de champion de France en 1990 avec la bande du "showbizz".

Le président Jacky Lorenzetti au milieu des supporters du Racing en 2008

Le président Jacky Lorenzetti au milieu des supporters du Racing en 2008Icon Sport

Lorenzetti reprend le club en 2006

Parmi ses patients, Yves Legagneux compte un certain Jacky Lorenzetti, qui a fait fortune dans l'immobilier en créant et développant l'entreprise Foncia (revendue en 2007). Et lui propose donc en 2006 de racheter le club, qui se bat alors pour le maintien en deuxième division devant une centaine de spectateurs à Colombes et s'entraîne à La Croix-de-Berny (Hauts-de-Seine), entre une autoroute et une nationale.

"Un endroit champêtre, très convivial, on s'y sentait bien. Mais pas un endroit dédié au sport de haut niveau: on se changeait dans les Algecos, avec la douche froide, on devait marcher 300 m avant d'arriver sur le terrain", se souvient le centre Henry Chavancy, formé au club et qui a débuté en équipe première au moment de l'arrivée de Jacky Lorenzetti.

Sébastien Chabal avec le Racing en 2009

Sébastien Chabal avec le Racing en 2009Icon Sport

De fond en comble

En bâtisseur, le magnat de l'immobilier va rénover la maison de fond en comble. Les fondations ? Un centre d'entraînement et administratif flambant neuf au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) inauguré en 2012, qui héberge aussi le centre de formation, devenu l'un des meilleurs de France. A venir également le nouvel écrin dans lequel évoluera l'équipe, qui quittera à l'automne 2017 le vétuste stade Yves-du-Manoir de Colombes pour emménager à l'Arena 92 (30.000 places en configuration rugby), à La Défense.

La façade ? Une équipe première qui a retrouvé l'élite en 2009, mais n'a donc toujours pas touché le Graal, en dépit des moyens déboursés pour faire venir des joueurs de premier plan (Pichot, Chabal, Nallet, Hernandez, Roberts ou encore Sexton, avant Carter cette saison). Officiellement séparé du Métro depuis l'été dernier, le Racing 92 a pourtant aperçu de près à plusieurs reprises ce fameux Graal, comme en 2011, où il a été battu sur le fil en demi-finale du championnat de France par Montpellier (25-26). Depuis ? Une seule autre demi-finale, en Top 14 en 2014, avant cette campagne européenne.

Henry Chavancy (Racing) face à La Rochelle en 2008

Henry Chavancy (Racing) face à La Rochelle en 2008Icon Sport

Chavancy: "Il faut voir où le club en était il y a 10 ans"

De quoi éprouver la patience de Jacky Lorenzetti, surtout depuis l'arrivée à l'été 2013 des actuels entraîneurs Laurent Labit et Laurent Travers. "(Cette exigence) Je la comprends d'autant plus de la part de mon président qu'il a investi des moyens dans cette conquête. La moindre des choses est de pouvoir lui rendre ça sur le terrain en lui apportant des titres", a reconnu Chavancy, enfant d'un club à l'étiquette "toujours placé, jamais gagnant" devenue un peu collante.

C'est trop occulter la transformation du club, d'après le centre: "Je ne vais pas faire mon 'Calimero', loin de là, mais on a souvent tendance à critiquer, voire moquer, ce manque de concrétisation, de titre. Mais il faut voir où le club en était il y a 10 ans et où il en est maintenant. Le travail fait par Jacky Lorenzetti et ses collaborateurs est énorme, l'évolution est indéniable et je pense qu'elle n'est pas forcément reconnue à sa juste valeur". Elle le serait sans doute enfin complètement en cas de succès samedi.

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