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Et le navire varois a chaviré…

Et le navire varois a chaviré…
Par Rugbyrama

Le 24/05/2010 à 13:00Mis à jour

Toulon a longtemps mené contre Cardiff ce dimanche, en finale du challenge européen à Marseille, avant de perdre le fil du match en quelques minutes et de s’incliner (21-28). Manque de maîtrise, de réalisme, blessure de Wilkinson, mauvais choix tactiques aux conséquences dramatiques... Explications.

A la 45e minute, qui aurait pu croire que Toulon s’inclinerait de sept points au final ? Sûrement pas le président Mourad Boudjellal : "J'avais l'impression que la victoire ne pouvait pas nous échapper. Nous avions 60% de la Coupe en poche…" Oui mais voilà, dans le sport en général, et dans le rugby en particulier, il n’est pas question de mathématiques. Encore moins de logique implacable. Non, aussi bizarre que cela puisse paraître, 40% ne représente pas forcément une minorité. Tout est question de maîtrise, de réalisme, de pragmatisme et d’efficacité. Voire de réussite. A partir de cette fameuse 45e minute, les Varois ont manqué de tous ces attributs. 13-6 pour le RCT. Une pénalité en face des poteaux rapidement jouée à la main par Fernandez-Lobbe. Une autre en coin ratée par Wilkinson dans la minute suivante. Le même ouvreur anglais qui s’écroule sur cette action et doit céder sa place. Toulon qui encaisse un essai dans la foulée. 13-13, la rencontre avait changé de visage. De manière irréversible…

Alors quand est-ce que les Toulonnais ont-ils laissé filer ce match ? En première mi-temps diront certains. En effet, les hommes de Philippe Saint-André ont dominé quarante minutes durant, ont gâché plusieurs opportunités d’essais avant d’enfin concrétiser par l’intermédiaire de Sonny Bill Williams (36e). Insuffisant aux yeux de nombreux observateurs, dont les premiers concernés. "Au bout de 50 minutes, nous devons mener de 15 points, insiste ainsi le manager du RCT. Nous nous créons les occasions pour tuer le match. Nos adversaires ont été plus réalistes…" "On a tellement dominé territorialement pendant 50 minutes. C’est vraiment dommage", regrettait le talonneur Philip Fitzgerald. Et pourtant… Le capitaine Joe Van Niekerk tenait à mettre les choses au point : "Nous n'avons pas perdu ce match en première période même si nous manqué de réalisme mais en deuxième. Dans les trente dernières minutes, nous n'avons pas été bons". Voilà qui est clair.

Fernandez-Lobbe  : "J'assume ma responsabilité"

Tout aurait donc échappé aux Toulonnais durant ces quelques minutes cauchemardesques entre la 45e et la 50e ? Oui, très certainement. "Il y a la sortie de Jonny (Wilkinson, ndlr), reconnaît Aubin Hueber, l’entraîneur des avants. Dire que cela n’a pas été décisif serait mentir. Nous connaissons son influence sur le jeu". "Jonny est un très grand joueur, avec beaucoup d'expérience. Et évidemment, son expérience nous a manqué en fin de match", renchérissait Van Niekerk. Sa blessure au dos est donc survenue sur une pénalité en coin tentée par le métronome anglais. Une minute après celle jouée à la main par Fernandez-Lobbe… "Jonny avait déjà mal au dos. Il aurait mieux valu le tester sur cette première pénalité en face plutôt que sur celle en coin", affirmait Hueber. Du coup, le coupable idéal est tout trouvé : Juan Manuel Fernandez-Lobbe, qui a terminé sa saison époustouflante sur un sacré bémol.

Staff, président et joueurs évitaient soigneusement de prononcer son nom des les couloirs du Vélodrome pour ne pas l’accabler. Mais les références étaient équivoques. "On ne doit pas jouer cette pénalité rapidement" pour PSA. "Nous avons l'occasion de compter dix points d'avance. C'est inadmissible lors d'une finale de ne pas la tenter. Quand on a des points à prendre et qu'on ne respecte pas un adversaire, on finit par les prendre dans la gueule" selon Boudjellal. "Ce n’était pas la meilleure décision", suggérait Van Niekerk. Alors, au moment de se présenter devant la presse, le troisième ligne argentin se savait attendu. Et il a fait front. "Nous aurions certainement dû taper la pénalité, soufflait l’intéressé. Matt Henjak est dans le ruck, je prends le ballon et je vois les joueurs de Cardiff près de moi. Je crois que nous avons l'opportunité de marquer. Si c'est le cas, tout le monde est content. Après, c'est ma décision. Sur le terrain, nous devons en prendre et j’en assume la responsabilité. C'était la mauvaise décision, je l'accepte. J'espère que la prochaine fois, je ferai un meilleur choix".

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