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Les Springboks tueurs en série

Les Springboks tueurs en série
Par Rugbyrama

Le 07/08/2021 à 20:11Mis à jour Le 07/08/2021 à 21:13

LIONS 2021 - Les Springboks ont disposé des Lions britanniques et irlandais ce samedi, au Cape Town Stadium, sur le score de 19 à 16. Menés à la pause, les partenaires de Siya Kolisi ont rattrapé leur retard lors du deuxième acte, avec notamment un bel essai de Cheslin Kolbe. Grâce à cette victoire, la deuxième en trois tests, les Sud-Africains s'offrent la série.

Une fois n’est pas coutume, ce nouveau choc entre Springboks et Lions britanniques a manqué d’étincelles. Intense mais brouillonne, la partie a vu les hommes de Jacques Nienaber triompher dans leur style caractéristique.

La première période est pourtant davantage britannique et irlandaise que sud-africaine même si, amputée de Dan Biggar dès les premières minutes, la sélection de Warren Gatland doit d’abord faire le dos rond. Elle concède d’ailleurs les premiers points de la rencontre, marqués par l’ouvreur sud-africain Handré Pollard. En revanche, la suite des réjouissances tourne à l’avantage des visiteurs.

Après une égalisation sur pénalité du fantasque Finn Russell, les partenaires de jeu de l’Écossais font parler la poudre. Un bon vieux groupé pénétrant, enclenché à quelques mètres de la ligne, un Maro Itoje tentaculaire pour l’emmener, et un Ken Owens précis pour piloter le tout : vous obtenez le premier essai de la rencontre, inscrit par le talonneur gallois (19e).

Un coup de pied de plus d’Handré Pollard n’y change rien, ce sont les hommes en rouge qui mènent au moment de rentrer aux vestiaires (10-6). Et il faut dire que c’est en fait plutôt mérité. Loin d’être géniaux ou ultradominateurs, parfois même imprécis, les hommes de Gatland restent néanmoins plus en vue que leurs adversaires.

Or, attention, les Sud-Africains n’allaient évidemment pas laisser la part au lion. "Nous aimons être sous pression, on sait qu’on peut s’en sortir", avait confié le puissant deuxième ligne springbok Lood de Jager, cette semaine. La suite de cette rencontre étriquée et à suspense lui a donné raison.

Le renvoi de Pollard effectué, la deuxième mi-temps s’annonce - sans surprise - dans la lignée de toutes les précédentes : sans grandes envolées. Cela alors que les Boks reprennent légèrement du poil de la bête, sans pour autant parvenir à scorer (toujours 10-6 à la 56e).

Sans doute que le sélectionneur néo-zélandais Ian Foster commençait alors à s’endormir (il avait confié "s’être endormi" la semaine passée, devant le deuxième test-match de la série N.D.L.R.), quand un éclair frappa. L’éclair est nommé Cheslin Kolbe. Peu avant l’heure de jeu, le petit ailier profite d’une récupération sud-africaine. Le trois-quarts centre Lukhanyo Am passe alors après contact pour son arrière Willie Le Roux, lequel fixe bien la défense rouge et transmet à l’ailier toulousain. Ce dernier finit le travail, en se jouant de Liam Williams et de Luke Cowan-Dickie, pour réveiller les quelques téléspectateurs somnolents (13-10).

La suite de la rencontre, partagée entre plusieurs enchaînements de mêlées et des imprécisions en veux-tu en voilà, sera le théâtre d’un chassé-croisé, Russell enquillant chacun des coups de pied qu’il aura à passer. En face, Pollard, puis le revenant Morné Steyn, maintiendront l’Afrique du Sud dans le match, lui offrant même la mène à plusieurs moments de la partie.

Et alors que les Lions sortent les griffes et poussent pour repasser devant dans le dernier quart d’heure, comme lorsque Mako Vunipola passe la ligne sans pouvoir aplatir (70e), les Boks encaissent presque sans broncher… Jusqu’à cette ultime mêlée en faveur des Lions, jouée après la sirène, et sanctionnée d’une pénalité par l’arbitre Mathieu Raynal.

Steyn expédie la balle en tribunes pour rendre officiel le triomphe des Boks, vainqueurs d’une série de tests qu’ils avaient démarré par une défaite (17-22). Pas géniaux, comme d’habitude, mais costauds et efficaces, les hommes de Jacques Nienaber et de Rassie Erasmus ont éteint les espoirs d’Alun Wyn Jones et de ses camarades, à leur manière. De vrais tueurs en série.

Par Dorian VIDAL

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