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Baky écrit : Quibe, le trait d’un homme

Baky écrit : Quibe, le trait d’un homme
Par Rugbyrama

Le 28/09/2022 à 15:41Mis à jour

BAKY ÉCRIT - Retiré des terrains depuis l'été 2021, Bakary Meité profite de sa liberté retrouvée pour poser un regard libre, décalé et forcément engagé sur l’actualité du rugby, des belles histoires du monde amateur aux exigences du secteur professionnel. Aujourd'hui, il rend hommage à Quibe ou son vrai nom Christophe Louis.

L’homme semble timide, voir réservé de prime abord. On comprend tout de suite qu’il s’exprime mieux avec un crayon, un pinceau ou tout ce qui peut se tenir au bout des doigts et qui, dans un geste ininterrompu, traduit ce que son cerveau lui intime. "CLOSE", probablement son dessin le plus connu, vous a déjà attrapé l’œil. Ces deux visages enchevêtrés qui semblent s’embrasser. Vous voyez ? Mais si ! À travers ce dessin, qui reste l’un des plus copiés au monde, Christophe Louis de son vrai nom, a magnifié le style "one line". Un style qui lui convient bien.

Pourtant, Quibe, son nom d’artiste devient subitement éloquent et loquace quand on apprend à le connaître. Surtout quand il s’agit d’évoquer son Racing 92. Supporter inconditionnel des Ciel et Blanc, il n’en est pas moins lucide sur les atermoiements de son club. Il n’hésite d’ailleurs pas à les houspiller sur Twitter, son réseau social favori. C’est sur ce même réseau qu’il tente en vain d’alerter qui de droit quant aux plagiats et à la contrefaçon dont il est la victime quasi-impuissante. Fidèle du stade Yves-du-Manoir, il est un visiteur régulier de la Paris La Défense Arena.

C’est tout naturellement que pour le lancement de la saison 2021-2022 la Ligue Nationale de Rugby, par l’entremise d’Arnaud Becquet, son responsable de la communication numérique, lui a proposé une collaboration. Qui s’étendait de la réalisation de portraits de joueurs emblématiques du Top 14, au mobilier présent du côté de la rue Descombes, dans le hall du siège de la Ligue.

Une des oeuvres de Quibe

Une des oeuvres de QuibeOther Agency

Christophe Urios, Romain Ntamack, Damian Penaud ou encore Mathieu Bastareaud, tous furent croquer par Quibe au cours des derniers mois. Il y a deux semaines, le Stade Rochelais le contacta pour un portrait de l’ancien numéro 8 All Black Victor Vito. En guise de salaire pour son travail, le dessinateur avait simplement demandé de pouvoir remettre son coup de crayon au joueur en personne. La requête avait été bien naturellement agréée.

Mathieu Bastareaud croquer par Quibe

Mathieu Bastareaud croquer par QuibeOther Agency

Ainsi, lundi soir, lors de la 18eme Nuit du Rugby, Quibe s’était retrouvé assis dans la rangée juste devant celle d’un bon nombre de nommés. Se retrouvant malgré lui dans la ligne de mire du cameraman chargé de recueillir les expressions faciales des lauréats amenés à venir récupérer leur trophée.

Lors de la soirée qui succédait à la cérémonie, Quibe et moi avons passé la grande majorité du temps ensemble. Entre deux poignées de mains fugaces avec des joueurs qui s’interrogeaient sur son identité, il n’a pas manqué de fustiger le fait que son club de cœur brillait par son absence. Lui qui arborait fièrement l’écusson de ce dernier sur son poitrail. Nœud papillon rose et blazer du Racing 92, on se serait cru 30 ans en arrière.

Une discussion chaleureuse avec Fulgence Ouedraogo fut le point d’orgue de la soirée. A moins que ce ne soit la poignée de main avec Philippe Saint-André. Espiègle, il me fit remarquer : "tu te souviens l’an dernier, il m’avait serré la main sans trop savoir qui j’étais uniquement parce que nous étions ensemble. Hé ben il a fini champion de France ! Hé ben, je crois bien que l’histoire va se répéter".

Fulgence Ouedraogo

Fulgence OuedraogoOther Agency

Rendez-vous en fin de saison pour voir si la prophétie de l’homme a la ligne s’est accomplie…

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