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Le bilan du Tournoi : la France maîtrise la clé du sol

Le bilan du Tournoi : la France maîtrise la clé du sol

Le 21/03/2022 à 10:06Mis à jour

TOURNOI DES SIX NATIONS - Les Bleus ont largement dominé ce Tournoi 2022. C’est dans le jeu au sol, dans la chaleur des regroupements qu’ils furent les plus impressionnants.

La France a donc remporté son dixième Grand Chelem. Mais elle reste troisième dans la hiérarchie, l’Angleterre en compte treize et le pays de Galles douze. On fera remarquer que les Gallois se comptent les éditions 1908 et 1909 quand les Français faisaient le Tournoi en “pirates” et ne faisaient pas encore officiellement partie de la compétition. Si l’on s’en tient à une lecture stricte de l’Histoire, la France a donc égalé la principauté.

Sur un plan plus terre à terre, la France aura montré une supériorité manifeste sur les autres nations. En fait, seule l’Irlande nous a semblé en mesure de rivaliser en terme de niveau de jeu. Sur quoi s’est basée cette domination ? D’abord sur l’un des aspects les plus ingrats du jeu et les moins visible par le très grand public. Le jeu au sol. Dans les regroupements, les Tricolores ont été intraitables, le wagon de ballons gagnés contre les Anglais samedi soir en sont la preuve. Il y eut six grattages favorables aux Français contre zéro, c’est énorme. Un moment, nous a particulièrement frappé, le terrible Itoje plaqué derrière un regroupement par Antoine Dupont. Neutralisé comme rarement, le deuxième ligne des Saracens concéda illico une pénalité à Anthony Jelonch affamé. Ce genre de scène, nous en avons constaté à tous les matchs avec, souvent, des trois quarts à la manœuvre, Jonathan Danty et Gabin Villière par exemple.

Un autre nom a beaucoup été cité, Shaun Edwards, un Anglais qui a traversé la Manche pour bâtir une forteresse en France. La résistance au siège des Gallois (ses anciens employeurs) lui doit beaucoup, question de science du jeu ... sans ballon.

Ntamack, prince de la ... sobriété

La France a aussi confirmé qu’elle tenait une génération d’individualités assez exceptionnelles. Antoine Dupont s’est maintenu sur le toit du monde, par ses qualités offensives, c’est une tautologie, mais aussi par sa défense et la longueur de son coup de pied. La dépossession est l’une des armes de Fabien Galthié. Il aime voir ses équipes repousser l’adversaire loin dans son propre camp. Et l’arrivée de Melvin Jaminet a renforcé l’arsenal des Français. De ce tournoi, on retiendra aussi une forme d’accomplissement de Romain Ntamack. Le surdoué du Stade Toulousain a forcément bénéficié de la blessure de son concurrent Matthieu Jalibert, il a vécu les cinq matchs dans la peau d’un hyper titulaire. Ceci dit, on peut se demander ce qui pourrait lui faire perdre son sang-froid légendaire. Il aura en 2022 forgé un style basé sur la sobriété alliée à la justesse. Son allure, son nom, son histoire le prédispose à la mise en avant et pourtant, peu de joueurs de sa classe naturelle se mettent à ce point au service du collectif. Romain Ntamack, c’est avant tout celui qui fait jouer les autres, mais avec des gestes d’une telle beauté.

Tournoi des 6 Nations 2022 - Romain Ntamack (France).

Tournoi des 6 Nations 2022 - Romain Ntamack (France).Icon Sport

Le tournoi 2022 n’aura pas révélé beaucoup de têtes nouvelles. C’est le signe que Fabien Galthié a trouvé son groupe. Seul le Bordelais formé à Colomiers Yoram Moeafana peut se revendiquer d’un souffle nouveau, son match en Ecosse lui a fait franchir un cap dans l’esprit des sélectionneurs, c’est une certitude. On se demande qui pourra forcer la porte de club d’excellence dans les mois qui viennent. Quid par exemple de l’ancien capitaine, Charles Ollivon ?

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