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Serin : "Je bosse pour être titulaire"

Serin : "Je bosse pour être titulaire"
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 28/01/2020 à 18:38

TOURNOI DES 6 NATIONS 2020 - S’il semble destiné à attaquer le Tournoi, comme la dernière Coupe du monde, dans le costume de remplaçant de luxe d’Antoine Dupont, Baptiste Serin ne compte pas rendre les armes pour autant, boosté mentalement par son début de saison réussi après son transfert au RCT.

Midi Olympique : Quel regard portez-vous sur cette équipe d’Angleterre, après votre rendez-vous manqué au Japon ?

Baptiste Serin : J'ai suivi la suite de leur épopée lors de la Coupe du monde, bien sûr... J'avais été déçu de ne pas les jouer au premier tour parce que ça nous aurait montrés où on en était vraiment avant d'affronter le pays de Galles en quarts, ou pas d’ailleurs (le match avait été annulé à cause d'un typhon et avait été déclaré nul, contraignant les Bleus à la deuxième place, NDLR). L’Angleterre, on la connaît : c'est une équipe qui met beaucoup de pression sur son adversaire. Elle essaie de l'enfermer avec du jeu au pied de pression dans les angles, avant de se nourrir de ballons de turnovers et de contre-attaque. Sur le triangle arrière, elle a des mecs qui vont à 10 000. Elle a aussi un jeu très structuré, bien en place, où peu de joueurs se trompent et sortent du cadre. Avec elle, tout est bien fait, parce qu'elle a le souci du petit détail. J'ai eu la chance d'avoir un entraîneur qui était dans le staff d'Eddie Jones à Bordeaux-Bègles (Rory Teague, NDLR), et il était comme ça. Rien n'est laissé au hasard.

Avez-vous craint, au retour de la Coupe du monde, de manquer ce Tournoi sachant que vous aviez tout à prouver dans votre nouveau club ?

B.S. : (il sourit) Ce qui est certain, c’est qu’au regard de mon début de saison, je crois pouvoir dire que signer à Toulon était le bon choix. J'avais besoin de me mettre en danger pour retrouver un statut en équipe de France. Ça m'a fait du bien de ne plus être dans mon confort béglais. Ça faisait deux ans que, comme l’équipe, j'étais en baisse sur mon niveau rugbystique. On stagnait et, du coup, je faisais partie de cette stagnation. J'avais donc envie de voir autre chose et de sortir un peu de ce contexte « famille' » que j'avais à l'UBB. J'avais besoin d'aller voir ce qui se faisait ailleurs, dans un club où il y a quand même beaucoup plus de pression autour du rugby. C'était ce que je cherchais.

L’air de rien, vous êtes un des joueurs les plus capés du groupe aujourd’hui. Comment vous situez-vous en termes de leadership, que votre rôle demande naturellement ?

B.S. : Ne pas être capitaine ne m'empêchera pas de parler quand j'en ressentirai le besoin. J'ai maintenant une trentaine de sélections avec le Bleus (33), j'essaie donc d'apporter mon expérience aux plus jeunes. En club, c’est pareil : quand je suis arrivé à Toulon, j'ai été un peu en retrait pendant deux semaines, mais après, ma façon de faire a vite repris le dessus. J'ai essayé de mettre mon leadership en place en collaboration avec les capitaines qu'il y a dans ce club. En équipe de France, un choix a été fait, et on est désormais quelques-uns à être autour de Charles pour essayer de le délester de quelques tâches, quand il en exprime le besoin. C'est quelqu'un qui a un capitanat participatif et qui n'hésite pas à mettre quelques mecs devant leurs responsabilités. À la Coupe du monde, on était déjà sur ce mode de fonctionnement.

Comme durant la Coupe du monde, vous semblez destiné à attaquer le Tournoi comme joker de luxe d’Antoine Dupont...

B.S. : Vous faites votre boulot, vous avez vos arguments pour penser ça, mais moi j'ai les miens dans ma tête et ils sont différents. Je suis quelqu'un qui a une certaine confiance en lui, parce que je travaille mentalement et parce que ce début de saison me rassure aussi. Après, il y a des choix qui seront faits et je les accepterai. Mais ça ne changera pas mon côté compétiteur qui est de dire que mon souhait est d'avoir le numéro 9 dans le dos. Quand on est compétiteur, on a envie de jouer d'entrée et c'est mon cas. Je bosse pour être titulaire.

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