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S'il vous plaît, gagnez moche !

S'il vous plaît, gagnez moche !

Le 11/02/2018 à 13:44Mis à jour Le 11/02/2018 à 15:30

Pour ceux qui s'en souviennent, le Stade toulousain a gagné la majorité de ses titres en concassant ses adversaires devant.

Toulon est le triple champion d'Europe du tour de bras et les derniers champions de France (Clermont, Racing, Stade français) ont décroché leur sacre au terme d'interminables luttes hormonales. Ceux qui ne s'en souviennent pas ont certainement raison : tous les clubs pré-cités ont gagné.

L'histoire ne retient finalement que cela et, de mémoire, on ne se souvient pas que leurs supporters aient fêté à moitié ces victoires pour défaut de manière, remplissant à moitié leurs verres ou chantant leurs paillardes à voix basse. C'est la vérité d'un sport, qui plus est professionnel : seule la victoire compte. Et c'est justement ce qui blesse les Bleus. Ils ne gagnent plus. Depuis longtemps, toute considération esthétique mise à part. Il y a urgence.

Quand Jean-Baptiste Elissalde affirmait, samedi, que l'objectif de son équipe face à l’Écosse était de "les contraindre à un jeu plus lent que ce qu’ils espèrent", il ne dit pas autre chose. Il faut gagner, quitte à gagner moche. La France est aujourd'hui la dixième nation mondiale au classement World Rugby et, pour être honnête, ses prestations ne permettent pas de quoi revendiquer autre chose. Il faut gagner pour rassurer le public et les partenaires.

Il faut gagner pour s'en rappeler la saveur mais surtout, il faut gagner pour enclencher un frémissement de confiance qui manque tant à cette équipe. Quitte à jouer un rugby musculeux, cantonné à deux passes, trois percussions et quatre chandelles. A moyen terme, personne ne s'en satisfera. Pour les préoccupations du moment, une glorieuse démonstration de rugby nihiliste pour une victoire 8-7 suffira largement à nos orgueils blessés. A chaque jour suffit sa peine.

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