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Machenaud : "C'est maintenant ou jamais"

Machenaud : "C'est maintenant ou jamais"

Le 24/02/2018 à 12:57Mis à jour Le 24/02/2018 à 16:22

Titularisé pour la troisième fois en trois matchs dans ce Tournoi 2018, Maxime Machenaud (29 ans, 34 sélections) a vécu un match à l'image du XV de France : en demi-teinte. Après avoir mis du temps à entrer dans la partie, le joueur du Racing 92 a remis son équipe dans le sens de la marche en deuxième période grâce à son 6/7 dans ses tirs au but et une meilleure conduite du jeu.

Rugbyrama : Quels enseignements tirez-vous de cette victoire?

Maxime Machenaud : Que rien n'est jamais facile dans le haut niveau. Contre l'Italie comme face à n'importe quelle autre équipe, il faut parvenir à être plus patients et plus précis pour scorer. Nous avons eu la possession, nous avons eu des occasions et ne les avons pas concrétisées alors que nous en avions eu peu en Ecosse, et les avions mises au fond. Chaque match est différent, à nous d'en tirer des leçons. Notre marge de progression est grande.

C'est donc l'insatisfaction qui prédomine ?

M.M : Ce soir (vendredi, N.D.L.R.), oui, même si je suis vraiment soulagé. Cette victoire fait du bien à la tête parce qu'elle a été très dure à préparer. On savait qu'il y avait beaucoup d'attente et que ce match, c'était à la vie, à la mort. Nous sommes joueurs et nous sommes conscients de ce qu'il s'est passé, du peu de victoires que nous avons remportées depuis un an et que ce résultat était très important. Je ne suis néanmoins pas satisfait parce qu'on aurait pu se rendre cette rencontre plus facile. Moi-même,j'ai fait un match en demi-teinte. Je suis content de certaines choses mais sur d'autres, j'aurais pu mieux faire.

Maxime Machenaud - France

Maxime Machenaud - FranceIcon Sport

Comment expliquez-vous ce manque de réalisme près des lignes ?

M.M : C'est la dernière passe imprécise, la précipitation dans le dernier geste. Le manque de patience aussi, on s'est trop vite débarrassé du ballon par moments. Nous avons cru que ça allait être un peu trop facile et les Italiens nous ont compliqué la tâche. A nous d'être plus précis parce qu'on n'aura pas souvent des occasions aussi nombreuses dans des matchs de ce niveau.

Une telle victoire est-elle suffisante pour se rassurer avant d'affronter les Anglais ?

M.M : Je le répète, le résultat fait du bien et nous sommes soulagés. J'espère que nous allons travailler avec plus de sérénité désormais même si nous avons montré que nous sommes assez sûrs de nos forces. On savait qu'on avait le match en mains même s'il y avait des trous d'air, des séquences de cinq ou dix minutes durant lesquelles nous étions un peu absents. Il faut le rectifier. J'ai bien sûr ce match contre les Anglais dans un coin de la tête. Ça va être un tournant de notre Tournoi. On aura à cœur de les vaincre devant notre public même si on sait que ce sera une tâche très, très difficile.

Maxime Machenaud - France

Maxime Machenaud - FranceIcon Sport

Il va falloir hausser le niveau de jeu.

M.M : C'est évident. Il va falloir produire la même intensité que ce que nous avions fait en défense contre les Irlandais. Ce sont deux équipes très proches en termes de niveau de jeu. Il va aussi falloir faire le match parfait mais pourquoi pas ? On a envie de se mesurer aux meilleurs. Il y a deux ans, nous n'étions pas passés loin de ce match contre les Anglais... C'est un objectif élevé mais qu'on a envie d'atteindre.

Comment se passe votre association avec Lionel Beauxis ?

M.M : On se connaît depuis deux semaines à peine. C'est très difficile d'avoir des automatismes, on ne s'est pas trop trouvés à certains moments mais c'était parce que nous avons joué seulement deux matchs ensemble. Ce n'est pas évident. On essaie de compenser avec de la communication, de se parler beaucoup aux entraînements pour gagner du temps. Ce n'est pas évident de changer tout le temps de charnière. En équipe de France, j'ai dû jouer avec huit ou neuf ouvreurs différents et eux pareils.

Lionel Beauxis - France

Lionel Beauxis - FranceIcon Sport

Comment jugez-vous votre progression lors de ce Tournoi ? Vous étiez attendu.

M.M : Peu de monde m'attendait avant le début de ce Tournoi et j'enchaîne les matchs. J'essaie de prendre le leadership parce que j'ai l'expérience pour cela. J'enchaîne les capitanats en club depuis un ou deux ans et ça me donne beaucoup de hauteur. A moi d'être plus précis à certains moments, j'aurais dû mieux gérer la situation à deux ou trois reprises mais j'ai quand même l'impression de progresser. Surtout dans le tir au but, où j'ai la sensation de me détacher de cette fonction. Ça fait du bien à la tête ça aussi.

Vous n'aviez pas pris le dernier but contre l'Irlande il y a trois semaines. Pourquoi ?

M.M : Quand je suis revenu sur le terrain, j'étais dehors depuis cinq ou dix minutes et c'est toujours difficile de rentrer dans ces conditions, j'étais un peu froid. Anthony Belleau était chaud et il avait réussi celle juste avant alors je lui ai dit de la prendre. A froid, je pense que j'aurais dû la tenter. C'est une réflexion que je me suis fait. J'aurais dû assumer encore plus mes responsabilités même si je revenais sur le terrain. C'était à moi de la prendre.

Etes-vous à l'aise dans la relation avec le groupe et avec Jacques Brunel?

Bien sûr. J'ai une certaine expérience et c'est à moi de prendre un peu d'importance dans le groupe. C'est maintenant ou jamais. J'essaie de communiquer et de m'investir au maximum parce que j'ai des objectifs à court et long terme.

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