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Tournoi des Six Nations - XV de France: Encore un Tournoi pour rien ?

Encore un Tournoi pour rien ?
Par AFP

Le 23/03/2015 à 09:30Mis à jour Le 23/03/2015 à 09:36

Le XV de France a achevé le Tournoi samedi en Angleterre (35-55) par une défaite aigre-douce qui a illustré des lacunes chroniques mais aussi ouvert quelques perspectives plus flatteuses pour la Coupe du monde dans six mois.

Un constat clinique

L'orgie de jeu et le spectacle proposés au cours d'un Crunch au temps de jeu effectif d'environ 42 minutes, où 90 points et 12 essais ont été marqués et seulement huit mêlées disputées auraient presque fait oublier le constat clinique: "On a quand même perdu le match", a reconnu dimanche le manager du XV de France Philippe Saint-André. Effectivement, s'ils n'avaient jamais marqué autant de points à Twickenham, les Bleus y ont aussi encaissé leur plus lourde défaite. Et en comptant celles subies en Irlande (11-18) et face au pays de Galles (13-20), cela fait trois revers contre les trois nations majeures européennes, pour deux succès face aux faibles Écossais (15-8) et chez les Italiens (0-29). Bilan: une quatrième place dans un Tournoi sur le podium duquel ils n'auront jamais réussi à se hisser depuis l'arrivée aux manettes de Philippe Saint-André, en 2012.

De l'esprit et du jeu

Pourtant, PSA l'assure: "Je nous sens plus armés depuis novembre, sincèrement. On est capable de rivaliser contre toutes les équipes". C'est l'autre façon d'analyser le match de samedi: le XV de France a enfin mis en application son leitmotiv, celui de "se lâcher". On n'avait ainsi jamais vu autant de percées et de passes après contact chez les Bleus sous le mandat de Saint-André. Et trois de leur cinq essais marqués ont été magnifiques, notamment celui de Maxime Mermoz (43e), arrivé après plusieurs temps de jeu sur lesquels les Bleus ont constamment avancé. Plus généralement, joueurs et encadrement ont retenu l'état d'esprit de l'équipe, qui s'est ressoudée et a redressé la tête après l'échec face au pays de Galles le 28 février. "Ce qui est aussi encourageant, c'est la rébellion de l'équipe depuis quinze jours", a souligné PSA, rejoint par son capitaine Thierry Dusautoir dans un entretien exclusif accordé dimanche à l'AFP: "Il est important d'avoir confiance en ses coéquipiers. Ces deux semaines ont aidé tout le monde à s'en rappeler".

Gaël Fickou (XV de France) face à l'Angleterre - Mars 2015

Gaël Fickou (XV de France) face à l'Angleterre - Mars 2015Icon Sport

Des "détails" et un problème récurrent

Le XV de France a beau avoir prouvé qu'il pouvait "boxer dans la catégorie des meilleurs", dixit Dusautoir, il ne les bat pas, ou rarement. La faute à "tous ces petits détails à améliorer", selon Saint-André: "la maîtrise collective, la lucidité, les duels dans les airs, la maturité". L'inefficacité dans l'exercice des tirs au but est en revanche un problème récurrent: "On manque d'un buteur à 80-85% de réussite", a reconnu le manager. Samedi, Jules Plisson et Rory Kockott ont laissé échapper douze points au pied, pour un taux de réussite inférieur à 50%, dans la lignée de ceux affichés depuis le début du Tournoi. "A l'échauffement, on passe tout, mais après huit bornes (courues sur le terrain) c'est plus compliqué. Il faut réussir à se mettre dans un état pour arriver à buter au plus haut niveau", a affirmé Saint-André, qui bien sûr se pose encore la question du buteur à six mois de la Coupe du monde. Dans cette optique, il ne se ferme aucune porte et n'exclut pas d'appeler dans le groupe de 36 joueurs appelés à préparer le Mondial un joueur encore jamais appelé ou non convoqué depuis un certain temps.

Jules Plisson en échec au pied face à l'Angleterre

Jules Plisson en échec au pied face à l'AngleterreIcon Sport

"La Coupe du monde commence aujourd'hui"

D'ici le rendez-vous planétaire, ce sera mission "commando" pour rattraper le retard, a lancé Saint-André qui, avec ses adjoints, va avoir "dès le retour en Eurostar" dimanche des entretiens individuels avec les joueurs pour leur donner des "axes de travail". Mais le manager a prévenu: il a beau avoir en tête "80-85%" du groupe qu'il emmènera en Angleterre, il sélectionnera uniquement "ceux qui veulent vraiment mettre tous les moyens de leur côté" et qui "peuvent basculer dans une autre dimension, avec deux mois de préparation". "Ceux qui n'auront pas atteint les objectifs fixés on ne les prendra pas, point final. On n'a plus le temps d'attendre, il faut agir", a tonné PSA, qui ne prendra pas non plus "ceux qui peuvent mettre du 'pus' (sic) dans le groupe".

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