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Trinh-Duc : "Matthieu Jalibert est déjà bien avancé dans sa construction..."

Trinh-Duc : "Matthieu Jalibert est déjà bien avancé dans sa construction..."
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 16/09/2021 à 18:38Mis à jour Le 16/09/2021 à 18:45

XV DE FRANCE - Il fut un temps où le rugby français ne regorgeait pas d’ouvreurs de haut niveau. Il fut un temps où les attentes de tous les rugbyphiles du pays reposaient sur le seul François Trinh-Duc, longtemps considéré comme le seul golden boy de notre minuscule univers.

Pour Midi Olympique, "FTD" revient sur une carrière professionnelle débutée dans l’Hérault il y a maintenant dix-sept ans, évoque ses retrouvailles à Bordeaux avec "Loulou" Picamoles, revient sur la brouille avec Marc Lièvremont, revoit les décisions litigieuses de Craig Joubert en finale de Coupe du monde et retrace à rebours deux décennies de rugby. C’est à vous, maestro...

Vous sortez d’un contrat de deux ans au Racing. Qu’en retiendrez-vous ?

Au vu de la qualité du groupe en place, on aurait pu faire mieux, je pense. On échoue en finale européenne (contre Exeter à Bristol, N.D.L.R.), on s’incline en demi-finale contre La Rochelle mais globalement, je garde de bons souvenirs de cette aventure au Racing. J’ai pu transmettre mon expérience, accompagner certains jeunes du club.

Top 14 - François Trinh-Duc (Racing 92)

Top 14 - François Trinh-Duc (Racing 92)Midi Olympique

Comment avez-vous vécu le fait de n’être qu’une doublure, dans les Hauts-de-Seine?

Finn Russell est quelqu’un d’immensément talentueux. J’ai juste accepté le rôle qu’on m’a donné.

Pour vous, qui avez passé l’essentiel de votre carrière en première ligne, n’était-il pas difficile d’être un simple remplaçant, que ce soit au centre ou à l’ouverture ?

Quand j’ai signé, je savais à quoi m’attendre. La ligne de trois-quarts actuelle du Racing est hallucinante. Il n’y a, dedans, que des titulaires en puissance dans les équipes nationales. Parfois, j’ai évidemment ressenti de la frustration mais ce rôle de second ne m’a pas pesé outre mesure. J’ai essayé de tout donner lorsque j’entrais en jeu, d’être une vraie plus-value en fin de match.

Quid de l’anonymat relatif au contexte parisien ? Vous convenait-il ?

L’anonymat me va très bien... Je suis de nature plutôt réservée. […] Au Racing, j’ai juste tenté de transmettre ce que j’avais appris, d’aider Antoine Gibert comme j’avais pu le faire avec Louis Carbonel, lors de mon passage à Toulon (2016-2019). C’est aussi ce que j’essaierai de faire, modestement, avec Matthieu Jalibert ou Mateao Garcia à l’Union Bordeaux-Bègles.

Les médias ont voulu, à un moment de votre vie, faire de vous le visage du XV de France, la tête de gondole de la sélection. Vous avez néanmoins toujours refusé d’endosser ce rôle. Cela vous gênait-il ?

Non. Être le numéro 10 de l’équipe de France et, supposément, le meilleur joueur du pays à son poste, était gratifiant. C’était quelque chose que j’avais envie d’aller chercher, en tout cas. Je ne veux pas cracher dans la soupe. Tout n’était pas mauvais, dans cette mise en lumière. Ca m’a aussi permis de découvrir d’autres univers, de vivre de belles expériences.

Tournoi des 6 Nations - François Trinh-Duc (XV de France)

Tournoi des 6 Nations - François Trinh-Duc (XV de France)Icon Sport

Vous a-t-il fallu vous adapter à cette notoriété nouvelle, le jour où le public et les médias ont considéré que vous seriez la meilleure option pour mener le jeu de l'équipe nationale ?

Clairement, oui. Quand j'ai débuté ma carrière en pro à Montpellier (en 2004, N.D.L.R.), il y avait juste deux journalistes après les matchs. On les connaissait par coeur. L'un d'entre eux était même l'épouse d'un joueur (Hélène Macurdy, l’épouse de l’ancien deuxième du MHR, Michel Macurdy, N.D.L.R.). Quand j’ai débarqué à Marcoussis et que je suis tombé face à tous ces journalistes, toutes ces caméras, c’était impressionnant. Je ne savais pas comment m’en dépatouiller. Je n’y avais pas été préparé. Alors, j’ai pris des cours d’éloquence, de media training... Il m’a fallu m’adapter, oui.

Il y a quelques mois, le magazine des cultures asiatiques Koï publiait une interview où vous annonciez la fin de votre carrière à l’issue de la saison 2020-2021. Que s’est-il passé, au juste ?

C’était juste un mauvais timing. Au moment où j’ai donné cet interview, en janvier 2021, on s’était mis d’accord avec le Racing ; entre nous, l’aventure était terminée. J’avais alors basculé sur une fin de carrière et je l’avais dit au journaliste de Koï. Dans la foulée, Christophe Urios et Laurent Marti m’ont appelé...

Que s’est-il passé, alors ?

J’ai pris le temps de la réflexion. C’était une décision familiale, je voulais avoir la certitude d’avoir là-bas une bonne école pour mes enfants : je ne voulais pas mettre leur scolarité entre parenthèses puisqu’à ce sujet, les derniers temps avaient été très compliqués, en raison des confinements successifs. Une fois que le collège bordelais que nous avions ciblé a répondu favorablement, j’ai dit oui aux dirigeants de l’Union Bordeaux-Bègles.

Top 14 - Matthieu Jalibert et François Trinh-Duc (Bordeaux) lors d'un entraînement (Midi Olympique/Patrick Derewiany)

Top 14 - Matthieu Jalibert et François Trinh-Duc (Bordeaux) lors d'un entraînement (Midi Olympique/Patrick Derewiany)Midi Olympique

Est-il vraiment possible de faire progresser Matthieu Jalibert ?

Disons qu’il est déjà bien avancé dans sa construction... Mais il y a toujours des choses à peaufiner, que ce soit sur la préparation mentale, l’animation ou la dimension physique... J’espère qu’entre lui et moi, tout se fera de façon très naturelle.

Qui est selon vous le meilleur ouvreur français du moment ? Matthieu Jalibert ou Romain Ntamack ?

Retrouvez l'intégralité de l'entretien avec François Trinh-Duc sur Midi Olympique

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