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Deroeux : "La FFR ne respecte rien, ni personne"

Deroeux : "La FFR ne respecte rien, ni personne"
Par Leo Faure via Midi Olympique

Le 09/08/2020 à 15:45Mis à jour Le 10/08/2020 à 11:01

Ancien président de Provale (2006-2010) et directeur général de l’Usap (2011-2017), Sylvain Deroeux s’engage aux côtés de Florian Grill dans la course à la présidence de la FFR. Il s’en explique.

Pourquoi avoir choisi de vous engager auprès de Florian Grill dans la campagne à la présidence de la FFR ?

Ce qui m’a motivé, c’est d’abord la rencontre avec l’homme. Voilà un homme qui connaît parfaitement tous les rouages du rugby amateur. Quand il décrit son parcours, papa de joueur au bord de la balustrade, qui s’intéresse au fonctionnement de son club, puis président, puis élu au comité, président du comité, puis de sa nouvelle ligue et enfin élu à la FFR dont il brigue la présidence, ce parcours mérite l’écoute. Quand il a commencé à m’exposer son projet, j’ai trouvé que tout avait du sens. J’étais dans une période de ma vie vierge de rugby et je suis vacciné à mon sport. Je l’ai dans le sang. J’ai donc décidé de m’engager.

Quel est votre rôle dans cette campagne ?

J’ai d’abord œuvré à l’écriture du programme, au sein d’un groupe de travail où figurait notamment Jean-Marc Lhermet. La méthodologie me plaisait : faire remonter les informations de la base, celle des clubs amateurs visités, via un cahier de doléances numériques. Ensuite, il fallait classer toutes ces doléances et ces idées, les trier et les hiérarchiser par grandes familles pour en extraire un programme. Ce travail nous a pris presque un an. à l’issue de cette mission, je ne savais pas quelle serait ma place dans l’organigramme de Florian (Grill). Il m’a donc proposé de figurer sur sa liste et de devenir secrétaire général, si sa liste l’emportait.

Jusqu’à l’officialisation de cette liste, votre nom n’avait que peu émergé. Votre engagement est-il récent ?

Non, il remonte à plus d’un an mais je ne suis pas quelqu’un qui passe ses journées à revendiquer ce qu’il fait, à le clamer haut et fort. Je n’avais pas envie de communiquer sur ce travail, que cela devienne une parade. Surtout, avant de m’afficher, j’avais besoin de me replonger dans le rugby amateur pour en comprendre ses rouages et ses difficultés. J’ai pris le temps de rencontrer beaucoup de clubs amateurs de mon département. Je ne suis pas là pour me mettre en avant : je suis là pour aider ces clubs. La moindre des choses, c’était de commencer par les écouter.

Dans votre discours, vous semblez plus "pro-Grill" que "anti-Laporte", ce qui n’est pas toujours le cas dans une campagne…

Oui, c’est vrai. Ce n’est pas une vendetta personnelle. L’idée n’est pas de faire de "l’anti-tout". On s’engage en faveur du rugby amateur, pas contre X ou Y. Mais cette année, être plongé dans le rugby amateur m’a permis de mettre le nez dans les dossiers. On y voit sans mal que les choses ne vont pas, dans la gouvernance actuelle.

C’est-à-dire ?

Premièrement : on perd des licenciés. World Rugby annonce +10 % de licenciés dans le rugby mondial. Pendant ce temps, sur quatre ans, la FFR perd entre 20 % et 40 % de ses licenciés, selon les méthodes de calcul. Si cela ne met pas les gens en place devant leurs responsabilités, c’est un sérieux problème ! Ensuite, deuxième chose : des clubs sont rayés tous les jours de la carte de notre rugby. Aujourd’hui, il faut cinq villages pour faire une équipe de cadets, avec des antinomies géographiques sidérantes. C’est une deuxième alerte rouge.

Quoi d’autre ?

Troisième alerte : quand on se plonge dans les procès-verbaux du comité directeur de la FFR, on fait le constat d’un déficit chronique. La FFR est devenue une machine à déficit et ça ne date pas de la Covid-19. En clair, pour rester à flot, on a tapé dans le trésor de la FFR, héritage de l’équipe précédente. Sauf que ce trésor appartenait aux clubs

Il leur a en partie été restitué via le plan de relance de 35 millions d’euros, redistribués aux clubs pour faire face à la crise de la Covid-19…

C’est vrai et ce plan, nous avons d’ailleurs choisi de le voter. Ce qui nous intéresse, c’est l’intérêt des clubs et il fallait le faire. Mais cela ne s’arrête pas là. En quatre ans, la masse salariale de la FFR a augmenté de 65 %, alors que le nombre de clubs à gérer a chuté de 30 %, dans le même temps. Cela fait tout de même beaucoup de feux rouges qui s’allument sur la gestion de la gouvernance actuelle. Les faits sont là : aujourd’hui, la FFR ne remplit pas ses missions.

La semaine dernière, le CNOSF que vous aviez sollicité a rendu un avis favorable à un report des élections. En suivant, la FFR maintenait l’échéance au 3 octobre. Ce statu quo est-il réellement source d’iniquité pour votre camp ?

Sur ce sujet, on se donne le temps de la réflexion. Nous analysons les différentes sorties possibles à cette situation. Au-delà de l’enjeu pour Ovale ensemble, cela démontre, encore une fois, que la gouvernance en place à la FFR ne respecte rien, ni personne. Le CNOSF rend un avis, le comité d’éthique rend un avis, la ministre donne une recommandation. Les trois disent la même chose : un report recommandé des élections. Nos amis du foot reportent leur élection et pour le rugby, c’est non. La FFR est actuellement sous la direction de gens qui ne respectent rien ni personne, sur aucun sujet. Ils passent en force de partout, à coups de menton quand ce ne sont pas des coups de bâton.

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