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Affaire Novès-FFR - On s'est rendu coup pour coup aux prud'hommes

On s'est rendu coup pour coup aux prud'hommes
Par Jérôme Prevot via Midi Olympique

Le 14/02/2019 à 18:27Mis à jour Le 14/02/2019 à 19:20

AFFAIRE NOVES-FFR - L'audience du Conseil des prud'hommes a été assez chaude entre les deux parties. Personne ne s'est fait de cadeau. Guy Novès demande 2,9 millions d'euros à la FFR. L'ex-sélectionneur des Bleus a écouté les débats parfois durs sans broncher.

Quel combat, quelle corrida. Il y avait 120 personnes dans la salle du Conseil des prud'hommes de Toulouse, plutôt habituée aux joutes feutrées. Cette fois, rien n'était feutré. Des photographes ont mitraillé les deux parties, surtout le clan Novès : sa fille Julien, son épouse, Claude Hélias ami fidèle, quelques proches. Et bien sûr l'ex-patron du XV de France impeccable dans son costume. L'autre partie se résumait à une seule personne : Maître Aguerra, avocat de la FFR. Aucun des grands patrons de Marcoussis ne s'était déplacé, même si Guy Novès nous a expliqué qu'il avait cru apercevoir Sébastien Conchy.

Les débats ont été un peu techniques, mais finalement accessibles au commun des mortels. Le défenseur de Guy Novès, Maître Nougarolis, a parlé le premier pendant 45 minutes avec un débit très rapide. Il avait demandé une heure mais le premier conseiller ne lui avait donné que 45 minutes. Il avait tellement de choses à dire, comme le prouvait son volumineux dossier.

Maître Nougarolis au procès opposant Guy Novès à la FFR (Crédit Photo : Nathalie Saint-Affre)

Maître Nougarolis au procès opposant Guy Novès à la FFR (Crédit Photo : Nathalie Saint-Affre)Other Agency

Il a très vite multiplié les piques à l'encontre des patrons de la FFR qui avaient estimé que Guy Novès s'était rendu coupable d'une faute grave. Les arguments de cet avocat toulousain sont restés sur le terrain juridique pour l'essentiel et dans le registre factuel. Cette faute grave n'a existé selon lui que dans la volonté de Serge Simon et de Bernard Laporte, ennemis déclarés de son client et décidés dès l'élection de décembre 2016 à s'en séparer. Maître Nougarolis a donné des coups de harpons vers Simon qui aurait perturbé la préparation des Bleus en 2017 par un séjour indésirable à Mayotte et par un soutien demandé en plein stage aux joueurs dans l'affaire de la fusion avortée des deux clubs parisiens.

Il a ensuite décrit un Laporte recourant à la faute grave pour "aller vite" et "par choix politique". Il a argumenté sur les SMS sans réponse de Novès vers un Simon silencieux, et il a évoqué ce fameux audit dont on n'a jamais vu la trace. Son estocade : l'absence d'entretien préalable de licenciement : "Mon client n'a pas pu se défendre."

Maître Aguerra, a ensuite pris la parole avec une voix de stentor, un ton plus posé. Son propos fut bien sûr juridique puisqu'il voulait démontrer que les deux contrats CDD successifs de Guy Novès (juillet-novembre 2015 et novembre 2015-décembre 2019) n'en formait qu'un : un CDI selon lui, ce qui changeait beaucoup de choses du point de vue du droit du travail et des indemnités qui devaient en découler. Mais derrière ces débats techniques, cet avocat fut très dur avec Guy Novès : accusé d'être "orgueilleux" de se croire "unique", de désobéir à la hiérarchie.

Maître Aguerra au procès opposant Guy Novès à la FFR (Crédit Photo : Nathalie Saint-Affre)

Maître Aguerra au procès opposant Guy Novès à la FFR (Crédit Photo : Nathalie Saint-Affre)Other Agency

Il l'a dépeint en homme âpre au gain et surtout un brin désinvolte, se contentant de travailler dans son canapé pour visionner des matchs de Top 14. Une série de coups que l'ancien patron de Toulouse et des Bleus a accusé sans broncher. On se doutait qu'en son for intérieur, il bouillait. Premier jugement, le 8 avril .

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