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Slimani : "Les Anglais ont mangé leur pain noir"

Slimani : "Les Anglais ont mangé leur pain noir"

Le 28/02/2018 à 08:46Mis à jour Le 28/02/2018 à 08:50

Deuxième joueur le plus capé (43 sélections, derrière Guilhem Guirado, 59) à avoir démarré contre l'Italie, le pilier clermontois s'impose comme l'un des cadres de ce XV de France new look. Un nouveau statut que le droitier assume sans problème.

Rugbyrama : Rabah, le sélectionneur a annoncé lundi le groupe qui préparera l'Angleterre et fait le choix de conserver les trente-et-un mêmes joueurs. On imagine que c'est précieux dans votre perpétuelle quête de repères.

Rabah Slimani : Je ne sais pas si j'avais déjà connu un groupe reconduit intégralement... mais je pense que ça peut aider cette équipe. Puis c'est la preuve que les coachs font confiance à chaque joueur présent dans cette équipe. Mais également à ce groupe, tel qu'il est construit aujourd'hui. C'est important. Nous avons su prendre le meilleur sur l'Italie et ça commence à bien marcher. C'est parfait.

Est-ce que cette victoire contre l'Italie vous a apporté des certitudes ?

R.S : Nous avions senti bien avant le match contre l'Italie que ce groupe avait un potentiel. Contre l'Irlande, par exemple, nous sommes passés à rien de la victoire. Contre l'Écosse ce sont des erreurs de jeu, de discipline, qui nous coûtent le match en fin de partie. Mais nous avions déjà montré des choses positives. Et l'Italie a simplement soldé le boulot fait les semaines précédentes. Maintenant, nous avons revu le match à la vidéo et évidemment tout n'a pas été parfait. Mais nous avons retrouvé la victoire, et c'est bien là l'essentiel.

Avant cette rencontre justement, le staff avait opéré près de dix changements dans sa liste. Avez-vous eu le sentiment de repartir d'une page blanche ?

R.S : Non nous ne sommes pas repartis de zéro. Nous sommes restés en grande partie sur ce qui avait été mis en place lors des premières semaines. La base de travail est restée la même. Puis le staff a été attentif avec les joueurs qui ont intégré le groupe juste avant l'Italie. Sachant qu'ils avaient joué le week-end précédent avec leur club, les coachs ont choisi, à quelques exceptions près, de ne pas les aligner (ndlr Bastareaud et Grosso, seuls nouveaux entrants à avoir démarré la rencontre). Nous sommes donc vraiment restés dans le même objectif de travail, et il n'y a pas eu un projet à reconstruire en une semaine.

Rabah Slimani - France

Rabah Slimani - FranceIcon Sport

Est-ce que les joueurs se retrouvent dans le système de jeu du nouveau staff ?

R.S : C'est peut-être un détail, mais j'ai l'impression que les mecs se comprennent sur le terrain. On arrive à se parler. Ce qui signifie que les mecs se retrouvent parfaitement dans le système de jeu. Puis au regard des retours que l'on a, notamment du public, notre rugby commence à plaire. Et en général, quand on plait c'est qu'on arrive à bien jouer.

Qu'est-ce qui manque aujourd'hui au XV de France pour franchir un pallier et retrouver sa place dans l'élite du rugby mondial ?

R.S : Des victoires. Pour confirmer, il faut gagner. Pour ça il faut que l'on arrive à terminer nos actions. J'ai l'impression que l'on se répète, mais nous avons le sentiment de bien jouer, de produire un beau rugby, de belles actions, mais on ne marque pas. Je pense que c'est vraiment ce qui peut nous mettre en confiance et relancer la machine.

Pour battre les Anglais, justement, il faudra être plus efficaces, car les occasions seront certainement moins nombreuses que face à l'Italie...

R.S : Bien évidemment. Mais ce n'est pas parce que nous avons gâché plusieurs occasions face aux Italiens qu'on manquera forcément d'efficacité contre l'Angleterre. Si nous n'avons que deux opportunités et qu'elles vont au fond, ce serait parfait. Si je pouvais, je signerais de suite pour ce scénario (sourire). D'autant qu'à l'inverse, les Anglais sont très efficaces, ils profiteront de chaque ballon perdu, chaque turnover. Il ne faudra donc pas leur laisser la moindre miette. On n'aura pas le droit à l'erreur. Après avoir pris la mesure du jeu italien, il va désormais falloir s'adapter au jeu anglais. Il est bien plus physique, plus rapide et nous sommes tous conscients que ça va être un tout autre niveau.

Et pourquoi, outre le niveau de l'adversaire, le crunch est un match différent ?

R.S : Car ce ne sont pas seulement deux équipes ou deux pays, mais bien deux modes de vie qui s'opposent. Ce ne sont pas juste "les Français qui affrontent les Anglais", mais les Anglo-saxons qui défient les Latins. Lors des France-Angleterre, ce sont deux mondes qui s'affrontent. Par exemple, nous conduisons à droite, eux à gauche. Puis ils n'ont pas les mêmes prises électriques que nous, vous imaginez (rires) ? Non, plus sérieusement nous fonctionnons de manière différente, c'est culturel.

Rabah Slimani - France

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Est-ce que le modèle anglais est un modèle à suivre pour le XV de France ?

R.S : Je pense que les Anglais ont pas mal bossé ces dernières années. Comme nous, ils ont mangé leur pain noir, avec évidemment la grosse claque reçue lors de la Coupe du monde 2015. Mais en suivant ils ont su rebondir, et aujourd'hui c'est la deuxième meilleure nation mondiale. Un modèle à suivre ? Tout à fait. Quand on regarde leur passé récent, on se dit "pourquoi pas nous ?". Nous sommes en difficulté depuis un moment et il va falloir relever la tête. Je pense que l'Italie a été un déclic pour tout ce groupe, et une victoire contre l'Angleterre pourrait être un tournant.

Aujourd'hui, avec 44 sélections, vous êtes l'un des tauliers de ce XV de France. Est-ce que vous le ressentez ?

R.S : Bien sûr, je le perçois au quotidien, notamment quand je vois arriver de plus en plus de joueurs moins âgés que moi (sourire). Qu'est-ce que ça implique ? Plus encore que par le passé, on me demande de prendre des décisions. Et on me dit "maintenant tu es un ancien, à toi de décider sur telle chose". Mais j'accepte sans problème ce nouveau statut.

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