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Revue de l'élite - Deuxième ligne : Skelton, la colossale recrue

Revue de l'élite - Deuxième ligne : Skelton, la colossale recrue
Par Nicolas Augot via Midi Olympique

Le 01/08/2021 à 14:30Mis à jour

TOP 14 - Arrivé l’été dernier au Stade rochelais, l’ancien joueur des Saracens est devenue la pièce maîtresse du paquet d’avants.

Will Skelton, la colossale recrue

Will Skelton a marqué cette saison de son empreinte. L’ancien joueur des Saracens est certainement la recrue phare du précédent exercice. Le Stade rochelais a vite compris qu’il avait dans son effectif un joueur hors norme, avec des supers pouvoirs, capable d’emmener tout le monde dans son sillage. Le staff maritime a vite décidé de construire sa stratégie autour du colosse australien qui a disputé vingt rencontres de Top 14 et cinq de Coupe d’Europe, faisant preuve d’une régularité exceptionnelle pour martyriser ses adversaires aussi bien au cœur de l’hiver dans des matchs sans strass ni paillettes du Top 14 que lors des phases finales.

Tout le monde retiendra sa prestation contre le Leinster en demie de Coupe d’Europe mais aussi son apport déterminant en demie du Top 14 face au Racing 92. Le manager Jono Gibbes lui rendait hommage après cette nouvelle performance à Lille : "Will est une recrue tellement importante. Pas juste pour les joueurs, pour les coachs aussi. Il fait ressortir le meilleur de chacun. La façon dont il se comporte, s’entraîne et partage, c’est tellement fort pour les autres."

Le Wallaby aux 18 sélections a fait l’unanimité, même si comme de nombreux coéquipiers il n’a pas évolué à son niveau en finale. La Rochelle avait déjà réussi un joli coup en le faisant signer l’été dernier, il a fait mieux en le faisant prolonger quelques jours avant la finale du Top 14 jusqu’en juin 2025 ! Le deuxième ligne australien sera donc un sérieux candidat à sa succession dans ce classement dans les années à venir. Surtout s’il parvient à amener le Stade rochelais tout en haut.

Rory Arnold, l’homme des finales

Rory Arnold, tour de contrôle du Stade toulousain.

Rory Arnold, tour de contrôle du Stade toulousain.Icon Sport

Il a été ce champion extraordinaire, capable de hausser encore son niveau de jeu dans les grands événements, tout en serrant les dents comme cela a été le cas en finale de Coupe d’Europe, alors qu’il avait été rapidement diminué par une épaule douloureuse. L’international australien manquait d’ailleurs les deux matchs de Top 14 en suivant, se reposant pour retrouver la compétition lors de la phase finale du championnat.

Il est allé au-delà de l’usure physique en demi-finale contre l’Union Bordeaux-Bègles avant d’être un des grands bonhommes de la finale en étant sur tous les fronts. Il a dominé la lutte aérienne mais il a aussi été précieux dans le jeu au sol avec notamment un grattage capital en début de rencontre.

Placer Rory Arnold à la deuxième place de ce classement, c’est aussi rendre hommage à son frère qui en ferait certainement partie s’il n’avait pas manqué quasiment toute la finale de Coupe d’Europe puis la demi-finale du Top 14. En tout, l’association des deux frères, quand elle a été possible, a toujours été source de succès.

Bernard Le Roux, le couteau suisse

Le deuxième ligne du Racing 92, comparé au lapin de la publicité des piles Duracell au début de sa carrière pour louer ses facultés d’endurance et sa capacité à répéter les efforts, a su démontrer qu’il savait tout faire. Il n’est pas simplement un exceptionnel athlète mais un joueur de rugby complet. Bernard Le Roux est devenu un taulier, que ce soit en club avec le Racing 92 que chez les Bleus où Fabien Galthié le surnomme le doyen. Il est celui qui montre l’exemple sur et en dehors du terrain. Et plus personne ne rigole quand il porte le ballon.

Le Racingman sait tout faire. "Non content d’être un formidable défenseur et un deuxième ligne se déplaçant beaucoup, il est aussi un gros pousseur en mêlée fermée." Le compliment vient du pilier Cyril Baille son partenaire en équipe de France, où il a fait oublier la fin de carrière internationale prématurée de Sébastien Vahaamahina après la Coupe du monde 2019.

Bernard Le Roux est l'un des tauliers du Racing 92.

Bernard Le Roux est l'un des tauliers du Racing 92.Icon Sport

Les surprises Meafou, Azagoh et Flament

Vingt-deux étoiles Midi Olympique. C’est tout simplement énorme et d’autant plus pour un deuxième ligne. C’est pourtant ce qu’a réussi le Toulousain Emmanuel Meafou ! C’est le troisième joueur le plus étoilé de l’effectif des champions d’Europe et champions de France derrière Pita Ahki et Antoine Dupont qui ne comptent qu’une seule étole de plus. Meafou est la grande révélation de la saison, passant de trois feuilles de match la saison précédente à 24 cette saison, tout en inscrivant six essais au passage.

Toujours au Stade toulousain, Thibaud Flament a aussi su tirer son épingle du jeu, décrochant même un statut de remplaçant pour la finale de Top 14, même s’il a moins joué que Meafou (douze feuilles de match).

Le Parisien Pierre-Henri Azagoh, âgé de 22 ans, est aussi une des très bonnes surprises de cette saison avec dix matchs de Top 14 avec le Stade français mais surtout une magnifique tournée en Australie où il a connu ses deux premières sélections. Aussi, le Clermontois Thibaud Lanen (23 ans) a gagné du temps de jeu avec l’ASMCA (dix-sept feuilles de match) et a gagné de l’expérience pour les années futures. Enfin Baptiste Pesenti a été la sensation de la fin d’année 2020…

Les déceptions : Lambey perd du terrain et Pesenti freiné

Baptiste Pesenti (Pau) a été coupé dans son élan ces derniers mois.

Baptiste Pesenti (Pau) a été coupé dans son élan ces derniers mois.Icon Sport

Le Palois Baptiste Pesenti avait tellement bien débuté la saison, que ce soit avec son club qu’avec l’équipe de France où il avait su démontrer toutes ses qualités lors de la Coupe d’Automne des Nations, que la suite nous a laissé sur notre faim. Tout d’abord, le futur joueur du Racing a écopé d’une suspension après un carton rouge reçu fin décembre face au Stade français, puis il a été appelé chez les Bleus pendant le Tournoi des 6 Nations sans pour autant jouer, avant d’être isolé en raison de la Covid-19.

Un regrettable concours de circonstances qui l’a coupé dans son élan alors qu’il semblait sur une incroyable phase ascendante puisqu’il n’a pas joué pendant trois mois. Il a ensuite dû retrouver le rythme de la compétition sans pour autant retrouver le rayonnement du début de saison. Sa présence en Australie avec les Bleus et son transfert au Racing 92 devraient lui permettre de retrouver une bonne dynamique.

Enfin, considéré comme un futur cadre chez les Bleus, Félix Lambey (treize titularisations avec le Lou) a vu de nombreux candidats lui passer devant dans la hiérarchie.

Le classement

1. Will SKELTON

La Rochelle - Né le 3/05/1992 - 2,03 m ; 140 kg

Temps de jeu : 1216 minutes - Point : 0 - Sélec. : 18

2. Rory ARNOLD

Toulouse - Né le 1/07/1990 - 2,08 m ; 120 kg

Temps de jeu : 796 minutes - Point : 0 - Sélec. : 21

3. Bernard LE ROUX

Racing 92 - Né le 4/06/1989 - 1,96 m ; 111 kg

Temps de jeu : 875 minutes - Point : 5 - Sélec : 47

4. Matt PHILIP

Pau - Né le 7/03/1994 - 2,01 m ; 117 kg

Temps de jeu : 912 minutes - Point : 10 - Sélec. : 12

5. Izack RODDA

Lyon - Né le 20/08/1996 - 2,02 m ; 119 kg

Temps de jeu : 1656 minutes - Point : 10 - Sélec. : 25

6. Paul WILLEMSE

Montpellier - Né le 13/11/1992 - 2,01 m ; 135 kg

Temps de jeu : 833 minutes - Point : 5 - Sélec. : 16

7. Eben ETZEBETH

Toulon - Né le 29/10/1991 - 2,03 m ; 117 kg

Temps de jeu : 1078 minutes - Point : 20 - Sélec. : 85

8. Emmanuel MEAFOU

Toulouse - Né le 12/07/1998 - 2,02 m ; 145 kg

Temps de jeu : 936 minutes - Point : 30

9. Killian GERACI

Lyon - Né le 25/03/1999 - 2,00 m ; 000 kg

Temps de jeu : 943 minutes - Point : 0 - Sélec. : 4

10. Cyril CAZEAUX

UBB - Né le 10/02/1995- 1,98 m ; 117 kg

Temps de jeu : 1049 minutes - Point : 5 - Sélec. : 4

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