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UBB : Lucu, tout neuf !

UBB : Lucu, tout neuf !

Le 25/09/2019 à 10:19Mis à jour Le 25/09/2019 à 13:18

TOP 14 - Passeur, gagneur, Maxime Lucu a réussi son entrée dans le Top 14. L'ancien demi de mêlée biarrot, a su en 4 matchs, dont 2 en titulaires, montré toutes ses qualités. Portrait d'un joueur appliqué et impliqué.

Que retenir de Maxime Lucu depuis son arrivée à l'UBB ? Certains choisiront son essai contre le Stade Français, plein d'opportunisme et de vitesse. D'autres évoqueront ses deux retours décisifs en défense contre Toulouse. On pourrait retenir les deux, mais aussi sa capacité à coller le ballon, à animer le jeu. Nez de talonneur, regard vif, Maxime Lucu est un homme droit, un timide qui n'aime pas trop parler, mais qui sur le terrain, "ne lâche rien". C'est un hargneux sans méchanceté. Un n°9 qui à 26 ans, possède un vécu fort. À Saint-Pée sur Nivelle, c'est en suivant son père et son frère à l'entraînement qu'il se prend de passion pour l'ovale : "Tous les copains allaient aussi au rugby."

Dans le petit club du pays basque, il joue, toujours 9, avec même un certain Charles Ollivon. Son oncle, Jean-Léon Borthaire, ancien "10" du BO, lui apprend à taper au but : "Parfois, il m'amenait buter le samedi après-midi au stade. Il avait les clefs, et on tapait quelques ballons." Le gamin avait du talent et le Biarritz Olympique n'allait pas tarder à le repérer. Il y joue en Crabos, en Reichel, en espoirs et y croise Yann Lesgourgues. Le joueur est doué et tellement qu'il se retrouve capitaine de l'équipe en Pro D2, à 23 ans. Capitaine et buteur, trop sans doute : "C'était une lourde responsabilité." Il quittera le capitanat en cours de saison, mais redeviendra plus tard, le chef de bande du BO.

Pro D2 - Maxime Lucu (Biarritz) contre Nevers

Pro D2 - Maxime Lucu (Biarritz) contre NeversIcon Sport

"J'ai accepté. J'avais appris, avec 1 an d'expérience en plus". Maxime Lucu n'est pas un bavard, mais certainement pas un introverti. Capitaine, il ne donnait pas dans les discours fleuves. Il préfère être dans l'action, dans le jeu. "Je suis timide, ce n'est pas dans mon tempérament. Je ne faisais pas de grand discours". Par contre, dans le jeu, c'est un autre gars. "Je ne lâche rien." Maxime n'est pas aussi un demi de mêlée chamailleur, râleur, provocateur. Ce n'est pas son style. Mais c'est un gagneur qui ne se démonte pas devant les aboyeurs et autres spécialistes de l'embrouille. À Castres, Rory Kockott, monument du genre, a pu constater que le bonhomme était imperméable à ses provocations.

Ce qu'il aime, Maxime, c'est le plaisir du ballon partagé : "Tu donnes beaucoup. J'aime être au tri des ballons, les faire vivre". Joli plaidoyer pour le jeu. C'est ce qui l'a fait venir au rugby et maintient sa passion. S'il est tranquille, appliqué, réfléchi, le bonhomme n'en demeure pas moins animé par un fort goût du défi, du challenge. C'est cela qui explique entre autres, son départ du BO, ce désir de découvrir autre chose. Sur les bons conseils d'un autre ancien biarrot, Alex Roumat et de Jean-Baptiste Dubié, qui a joué avec son frère Ximun à Mont de Marsan, il choisit Bordeaux "pour progresser. Je ne suis pas venu pour simplement participer".

" Il fallait que j'en fasse encore plus"

Alors, oui, Maxime Lucu n'a pas encore les fulgurances de Yann Lesgourgues, mais bosse pour s'améliorer avec humilité. Méthodiquement. "J'essaye d'être appliqué sur les systèmes de jeu. J'aime bien me concentrer sur ce que l'on me demande. Mais je sais que dois m'améliorer sur la lecture du jeu, sur les prises d'initiatives." Au final, en 4 matchs, le joueur s'est bien fondu dans le rythme du top 14, dans un groupe au bon état d'esprit, chose importante pour lui. Son coté gagneur, transpire dans son jeu. Pas question de perdre et pas question de lâcher l'équipe.

L'an dernier, avec Gauthier Doubrère, ancien de l'UBB, il formait une charnière complice et joueuse. Ici, il apprécie le coaching de Christophe Urios, son analyse du jeu et son désir de faire vivre le groupe. Pour présenter le cadet des Lucu, on aurait pu appuyer sur les poncifs : le basque taiseux, hargneux, fier de ses origines. Mais s'il est basque, heureux de retrouver Saint-Pée sur Nivelle et ses amis, s'il aime les chants, la pelote et les conserves maisons, il est avant tout un jeune homme de 26 ans, accrocheur et animé par le goût du jeu.

"Comme j'étais plus petit que tout le monde, il fallait que j'en fasse encore plus". Peut-être une des clefs de son envie constante de progresser alors qu'il mesure 1,78m. Maxime Lucu, c'est aussi un affectif, une qualité plus qu'un défaut qu'il ne montre qu'à ceux qui le méritent. Son émotion au moment de son dernier match à Aguilera est belle, simplement belle. Ce fut aussi son dernier match avec son frère Ximun. Maxime a choisi de monter de niveau, de progresser. Pour devenir un "9" tout neuf.

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