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Top 14 - Bastien Soury, le patient toulonnais

Soury, le patient toulonnais

Le 04/12/2018 à 09:58Mis à jour Le 04/12/2018 à 09:59

TOP 14 - Toulonnais de naissance et au club depuis plus de 13 ans, Bastien Soury a gagné sa place dans le groupe professionnel du RCT. Le talonneur évoque son parcours au cœur d'un club où il a tout connu.

Une barbe noire fournie, le crâne rasé, Bastien Soury n'est pas le visage le plus connu du vestiaire toulonnais. Mais du haut de ses 23 ans, il fréquente pourtant le groupe professionnel depuis maintenant quatre saisons. Numéro trois dans la hiérarchie des talonneurs, derrière Guilhem Guirado et Anthony Etrillard, il répète encore ses gammes.

"Cette saison, j'ai un peu de temps de jeu, j'espère en avoir plus. Ça viendra, il faut être patient. Je ne me pose pas la question, je suis prêt à jouer chaque week-end. Je ne me mets pas plus de pression que cela. Dès que j'ai l'occasion d'être dans le groupe, je mets le cerveau sur off, j'ai les dents qui rayent le plancher et faut aller au feu", concède-t-il de son ton posé. Guirado en vacances cette semaine, il y a de forte probabilités qu'il débute face au MHR, samedi en coupe d'Europe. Lui qui a suivi les conseils de Patrice Collazo pour se donner le maximum de chances. " Patrice m'a demandé de gagner en constance sur la touche, autrement, je crois qu'il est satisfait de moi", espère-t-il.

Un vrai caractère de toulonnais

Toulonnais pur jus, Soury baigne dans le RCT depuis son plus jeune âge. "Ma mère est d'ici, mes grands-parents venaient au stade chaque week-end. Je connais le contexte. Après avoir joué au foot, je suis arrivé au RCT en moins de 10 ans. Aujourd'hui, je suis le dernier de ma génération toujours au club", explique-t-il. En février dernier, il est même passé professionnel, prolongeant son bail jusqu'en 2020. "C'est une fierté, forcément, mais ce n'est pas non plus une fin en soi", juge-t-il. D'autant que cela aurait pu ne pas se produire. A deux reprises, le minot a connu une rupture des ligaments croisés d'un genou. "La première fois, c'était en Crabos. J'étais jeune, j'ai eu un peu de déception, mais ça allait. La deuxième en revanche, ce fut dur", reconnaît-il.

" Je me suis posé beaucoup de questions pour savoir si j'avais les aptitudes pour jouer au rugby"

"C'était une rechute, un an et demi après la première blessure. Je me suis posé beaucoup de questions pour savoir si j'avais les aptitudes pour jouer au rugby. J'ai fait ma rééducation, ma famille m'a accompagné, je me suis remis dans le droit chemin". Homme de caractère, parfois charrié par ses coéquipiers sur ce point-là, "c'est vrai, je n'aime pas perdre", sourit-il.

Il s'est ainsi accroché, tout en poursuivant en parallèle des études en management. "On ne sait pas comment peut se dérouler une carrière. Il faut avoir un bagage à côté", plaide-t-il.

Guirado, Umaga, Wilkinson...

Travailleur, il s'inspire de Guilhem Guirado et Anthony Etrillard pour progresser au quotidien. "Ils m'aident énormément, notamment sur la touche où j'avais beaucoup de lacunes. Ils m'ont aidé à me régler, dans la précision du geste. J'ai également beaucoup travaillé avec Eric Dasalmartini", assure-t-il. Autant d'efforts pour réussir chez lui et marcher dans les pas de ceux qui ont ressuscité ce maillot dans la dernière décennie. "J'ai tout connu en étant jeune ici. J'étais ramasseur de balles lors du premier match de Tana Umaga en Pro D2, ensuite il y a eu le doublé, les trois coupe d'Europe... Quand tu es gamin, tu as envie d'y être".

Test Match - Guilhem Guirado (France) contre les Fidji

Test Match - Guilhem Guirado (France) contre les FidjiIcon Sport

Des années durant laquelle il a également croisé des joueurs hors normes. Forcément des sources d'inspiration. "Pour mon poste, Guilhem est un modèle. Mais Jonny (Wilkinson), c'était quelque chose. Je me souviens que nous étions en muscu avec le centre de formation, quand les pros s’entraînaient. Quand ils finissaient, on allait sur la pelouse. On terminait 1h30 après eux et Jonny était encore sur le terrain à faire des skills tout seul ou à taper. C'est un exemple de travail", se souvient-il. Désormais, de l'autre côté, il se forge ses propres souvenirs.

Avec encore des étoiles dans les yeux. "La première fois que tu joues et arrive à Mayol, ça fait un choc. On voit cela à la télé, mais quand on le vit c'est quelque chose. On a limite envie de s'arrêter et de regarder autour de soi. Même si on s'y habitue avec le temps, ça fait toujours quelque chose", conclut Bastien Soury qui espère maintenant écrire sa propre histoire dans "son" RCT.

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