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Bilan 2018 - Franck Corrihons (Grenoble) : "C’est un crève-cœur de voir Geraci partir si tôt"

Corrihons : "C’est un crève-cœur de voir Geraci partir si tôt"

Le 28/12/2018 à 09:50Mis à jour Le 28/12/2018 à 10:16

BILAN 2018 - Directeur du développement rugby du FC Grenoble, Franck Corrihons revient sur la très belle année réalisée par le club isérois. Également responsable du recrutement et de la détection d’un FCG qui se distingue par la qualité de sa formation, il regrette beaucoup le départ dès la fin de saison du jeune deuxième ligne Killian Geraci, qui s’est engagé à Lyon.

Rugbyrama : Peut-on qualifier l’année 2018 d’historique pour Grenoble ?

Franck Corrihons : Je ne sais pas si on peut employer ce terme mais c’est sûr que c’est une superbe année pour le club. Il y a évidemment la remontée en Top 14, ce qui n’était pas du tout gagné d’avance après le traumatisme de la descente. Le challenge a été formidablement relevé par les joueurs et le staff. Il faut associer à cela le bon comportement des autres équipes avec les titres de champions de France des Crabos, des féminines à VII et à XV, en Deuxième division avec là aussi une montée. On a eu également un titre honorifique de meilleur centre de formation de France. Quand on aligne toutes ces choses-là, sans parler des internationaux chez les jeunes en U17, U18 et U20, avec le sacre mondial de Killian Geraci et d’Antonin Berruyer, la saison est assez exceptionnelle.

Réussir à retrouver le Top 14 avec une base importante de jeunes formés au club ajoute-t-il de la fierté à cette performance ?

F.C. : Cela valide un travail qui est mis en place depuis de nombreuses saisons autour de la formation à Grenoble. La saison dernière, le staff s’est beaucoup appuyé sur les jeunes du club, comme il le fait encore aujourd’hui, même si certains jouent un peu moins que l’an dernier. La formation est inscrite dans l’ADN du club, comme ce titre de meilleur centre de formation en atteste. Aujourd’hui, on serait bête de ne pas s’en servir. On a de jeunes de grandes qualités qui continuent à travailler, performer et à se développer.

" Le match de Pau me reste encore en travers de la gorge"

Comment les convaincre de rester au FCG ?

F.C. : Je pense qu’on est un club à leur dimension et qui va assez vite pour eux parce qu’on les fait jouer. On va se battre pour obtenir ce maintien en Top 14. Pour la plupart, ce challenge-là les intéresse. Il se sentent bien à Grenoble, bien encadrés. Ils sont dans un climat plutôt bienveillant. Ils voient aussi que le club fait les efforts pour les conserver.

Si Mickaël Capelli a prolongé jusqu’en 2021, Killian Geraci va rejoindre Lyon. Cela n’a pas été possible de le garder ?

F.C. : Killian est un garçon qui veut aller vite. On voulait bien sûr le conserver, on lui a fait une très belle proposition. Financièrement, on n’a pas pu lutter face aux Lyonnais. J’espère que ce n’est pas qu’une question financière. Je le suivais depuis longtemps. Il n’a que 19 ans et quelques feuilles de match en Top 14. C’est un vrai crève-cœur pour moi de le voir partir si tôt.

L'ancien patineur Alain Calmat avec Franck Corrihons en janvier 2018 à Grenoble. crédit photo Laurent Genin

L'ancien patineur Alain Calmat avec Franck Corrihons en janvier 2018 à Grenoble. crédit photo Laurent GeninMidi Olympique

Quelle analyse faites-vous de la première partie de saison du FCG ?

F.C. : Le match de Pau me reste encore en travers de la gorge parce que c’est le seul où l’équipe est passée à côté, notamment en première mi-temps. On traîne cette défaite un peu comme un boulet encore aujourd’hui. Restons vigilants. On est loin d’être tirés d’affaire. Pour l’instant, on a fait le job mais il nous manque cette victoire face à Pau qui nous ferait le plus grand bien. Il faut faire avec. […] Le dernier succès contre Montpellier (17-16) est précieux. Continuons à glaner les points à domicile, c’est le plus important. J’espère qu’on aura aussi l’occasion d’en gagner encore quelques-uns à l’extérieur. Il faut rester concentrés et déterminés jusqu’au bout pour aller chercher ce maintien.

" Le plaquage à deux, ce n’est pas incohérent parfois"

Êtes-vous favorable à l’abaissement de la ligne de plaquage au niveau de la ceinture et à l’interdiction des plaquages à deux, mesures envisagées après le décès de trois jeunes joueurs ?

F.C. : Prioriser la sécurité du joueur me semble incontournable, des plus jeunes au monde professionnel. Des mesures sont nécessaires mais il faut éviter de les prendre dans l’urgence. Il faut bien réfléchir. Le plaquage au niveau de la ceinture me paraît être une bonne mesure pour notamment privilégier la vie et le mouvement du ballon. Le plaquage à deux, je trouve que ce n’est pas incohérent parfois. Si le deuxième plaqueur vient attaquer les jambes ou le bassin, cela ne pose pas de problème. S’il vient attaquer la ligne d’épaules ou la nuque, là oui. C’est la zone de plaquage qui est pour moi problématique aujourd’hui plus que le nombre d’intervenants sur le porteur de balle. Après, il y a le jeu au sol. On voit encore des garçons qui viennent plonger sur les zones de ruck avec les épaules en avant. Ce sont des gestes qu’on doit bannir et sanctionner lourdement.

Faut-il craindre une Coupe du monde 2019 complètement ratée des Bleus ou reste-il un espoir qu’ils réalisent un parcours honorable ?

F.C. : Le challenge à relever est de construire une équipe compétitive en très peu de temps et surtout être capable de mettre un jeu en place qui doit permettre à nos garçons de s’exprimer de la meilleure des façons. J’espère que les Français vont réaliser une belle Coupe du monde mais on sait aussi que l’enjeu sera énorme face à l’Argentine, un match à ne pas rater. […] En France, en tout cas, on a le potentiel joueurs. Je trouve dommage qu’on n’arrive pas à en tirer la quintessence aujourd’hui. […] J’ai une entière confiance dans le staff, qui est de qualité. Je sais qu’il va tout faire pour qu’on soit compétitifs sur cette prochaine Coupe du monde.

Vous êtes consultant pour Canal + sur le rugby à VII. Que manque-t-il à la France pour rivaliser avec les meilleures nations ?

F.C. : Le rugby à VII est devenu exigeant. Il faut être fort physiquement et techniquement. Il faut aussi des garçons à potentiel et, j’ai envie de dire, formatés pour ce jeu. Aujourd’hui, malheureusement, on en a assez peu évoluant à VII qui joueraient en Top 14. Potentiellement à VII, on est un peu en retard par rapport à d’autres équipes comme la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, l’Australie ou l’Angleterre. Après, comme le XV de France, les joueurs sont aussi capables de fulgurances et de battre les meilleurs.

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