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Test Match - France - Afrique du Sud : combat de Boks

France - Afrique du Sud : combat de Boks

Le 10/11/2018 à 15:31

TEST MATCH - Si les pronostics n’iront logiquement pas en faveur des Bleus, on attend au moins de ces derniers qu’ils relèvent le gant dans le combat. Et s’en servent non pas comme d’une fin, mais d’un moyen, pour faire trébucher les colosses sud-africains...

On aimerait avoir assez de lucidité pour vous éviter le coup suranné de l’heure de vérité, de la grande occasion pour les Bleus de se situer face à une des meilleures équipes du monde, à moins d’un an de la Coupe du monde… La vérité ? Elle est que la cinquième meilleure nation mondiale au classement World Rugby (et surtout la deuxième de l’hémisphère Sud…) se déplace chez la huitième (et cinquième du Nord), que les Springboks peuvent se prévaloir d’une colonne vertébrale stable (Marx-Whiteley-De Klerk-Pollard-Le Roux) quand l’équipe de France n’en finit plus de tâtonner pour trouver la sienne, et surtout que l’Afrique du Sud reste sur 6 victoires de rang face aux Bleus, avec un score moyen de 31-14.

Peut-être pas de quoi redouter une fessée comme celle qui secoua le rugby français voilà déjà plus de vingt ans (52-10 en 1997), mais pas non plus de quoi faire les fanfarons… Un rôle que Rassie Erasmus, sélectionneur des Sud-Africains, n’a à l’inverse pas hésité à endosser en début de semaine, quitte à faire peser un surplus de pression sur les épaules de ses joueurs. 'Il y a deux ans, tout le monde disait que jouer la France serait un match facile, disait ce dernier. Ils avaient beaucoup de faiblesses. Depuis, ils ont changé de sélectionneur et il y a une onde positive. Je m’attends donc à un match compliqué, surtout avec le combat que vont imposer leurs avants. Mais je pense qu’on est un peu meilleurs."

Des raisons d’y croire

Lui donner tort ? Vexation à part, ce serait gonflé… Et pourtant, par pur supportérisme, on va encore se laisser y prendre. Parce que la vie est toujours devant, parce qu’à défaut d’espoir, il reste toujours le cœur. Alors on voudra y croire, encore et toujours. Croire que le capitaine Guilhem Guirado, qui n’a plus connu le bonheur d’une victoire en tant que titulaire depuis sept mois en club comme en sélection, pourra enfin lever les bras à la fin d’un match. Croire que Yoann Maestri et Sébastien Vahaamahina parviendront à museler Franco Mostert et Pieter-Steph Du Toit dans les rucks, croire que Louis Picamoles et Mathieu Bastareaud parviendront à remporter leur match dans le match face à Duane Vermeulen et Damian De Allende, et faire avancer les Bleus dans leur sillage.

Mathieu Bastareaud durant un entraînement avec le XV de France

Mathieu Bastareaud durant un entraînement avec le XV de FranceIcon Sport

Croire qu’Arthur Iturria, par son replacement en troisième ligne, parviendra à rendre à la touche tricolore quelques lettres de noblesse. Croire que Baptiste Serin et Camille Lopez, qui retrouveront leurs vieux automatismes de l’UBB, parviendront à mener la barque bleue avec justesse. Croire enfin qu’avec quelques miettes qui leur resteront dans ce choc à haute intensité physique, les électrons libres Penaud, Médard et Thomas arriveront à se cuisiner un festin.

Du combat, mais pas que...

On rêve, vous dites ? Oui, et alors ! Après tout, si Jacques Brunel s’est avéré assez serein dans la préparation pour se priver au coup d’envoi des talents purs d’Antoine Dupont ou Gaël Fickou, c’est bien que ce XV de France dispose de quelques qualités… À lui, simplement, de les exprimer sans retenue et sans crainte de mal faire. En effet, au sujet de la pression qui pourrait inhiber les Bleus, on peut bien les rassurer : après tant d’années d’échecs et de désillusions en tous genres, ces derniers en sont enfin arrivés au point où ils n’ont plus rien à perdre. La désaffection du public ne pourra guère tomber plus bas avec un stade de France qui risque de sonner historiquement creux et, partant de ce constat, l’équipe de France ne peut plus que rebondir.

Tout juste attend-on d’elle qu’à défaut de présenter un jeu léché, celle-ci ne se contente pas du combat comme d’une fin mais d’un moyen pour proposer quelque chose d’un peu plus emballant à ses supporters. Car on n’a en réalité qu’une certitude, avant ce match : si elle se contente de proposer du défi frontal aux Sud-Africains qui font matière de référence en ce domaine, l’équipe de France n’aura aucune chance de gagner, et cédera progressivement à partir de l’heure de jeu. En effet, comme toujours face aux Boks, la victoire passera par une alternance intelligente des formes de jeu, ainsi que par la quête de la passe en plus. Alors, à vous de jouer, messieurs…

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