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Pujol : "Je n’ai jamais baissé les bras"

Pujol : "Je n’ai jamais baissé les bras"

Le 12/09/2019 à 16:14Mis à jour Le 12/09/2019 à 16:15

PRO D2 - À 27 ans, l’ailier de Perpignan entame sa sixième saison sous le maillot sang et or. S’il n’a pas toujours été un titulaire indiscutable de l’effectif usapiste, l’ancien joueur du Stade Toulousain s’est accroché pour gagner sa place. Il est aujourd’hui devenu un finisseur hors pair et un marqueur d’essais très précieux.

Il fait désormais un peu partie des meubles. Comme Enzo Forletta, Alan Brazo, Raphäel Carbou ou encore Julien Farnoux… Jean-Bernard Pujol a débuté sa carrière professionnelle à l’Usap lors de la saison 2014-2015, année de la première relégation de l’histoire du club catalan. Sur le plan personnel mais aussi collectif, l’international français chez les -20 ans a tout connu avec Perpignan. Retour sur la première partie de carrière de cet ailier travailleur et efficace.

Rugbyrama : Jean-Bernard, vous venez d’inscrire un doublé contre Colomiers. Comment jugez-vous votre début de saison sur un plan personnel ?

Jean-Bernard Pujol : C’est un peu en dents de scie. À Aix, j’ai fauté dans l’agressivité et la précision. Faut essayer de rester focaliser pour sortir la meilleure performance possible, parce que c’est un début de saison où il y a eu de bonnes choses, où j’ai été décisif, mais aussi de moins bonnes.

Pro D2 - Jean-Bernard Pujol (Perpignan) contre Aix-en-Provence

Pro D2 - Jean-Bernard Pujol (Perpignan) contre Aix-en-ProvenceIcon Sport

Vous avez inscrit 18 essais sur l’ensemble de ces deux dernières années, ce qui fait de vous un joueur très décisif…

J-B. P. : Quand tu es ailier, c’est quand même ton rôle principal de finir les actions et de marquer des essais. Autour, j’ai aussi de bons joueurs à côté qui sentent les coups et qui arrivent à breaker. Moi, je suis souvent là au soutien. C’est la raison principale. J’essaie d’intervenir le plus souvent pour multiplier les chances d’être au bon endroit au bon moment finalement. J’essaie de mettre toutes les chances de mon côté. Mais c’est vrai qu’en Pro D2, les ballons sont encore plus rares qu’en Top 14 sur les ailes et il faut les convertir et les mettre au fond. Il y a plus de volume, d’activité et de possibilité de se montrer en Top 14. En Pro D2, il faut être vachement plus efficace. Il faut que j’intervienne encore plus. Et s’il y a un axe de progression, c’est en défense. Il faut que j’arrive à être plus décisif, à casser les actions des autres.

Sur quels autres axes de travail insistez-vous en ce moment ?

J-B. P. : Dès que tu as une occasion, même s’il elle intervient tard dans la partie, même si tu n’as pas touché de ballon, il faut la convertir. Il faut rester concentré tout le match et c’est très dur à faire. Gérald Bastide (entraîneur de la défense et de la technique individuelle, NDLR) m’a dit qu’il fallait que je progresse sur ce point. Il faut que je sois en éveil durant quatre-vingts minutes, même si je ne vois pas le ballon pendant longtemps, surtout en Pro D2 où, des fois, il est caché pendant trente minutes (rires).

Un travail qui semble payer sur ce début de saison, puisque vous venez d’inscrire deux essais en l’espace de sept minutes, dimanche dernier contre Colomiers. Racontez-nous notamment ce deuxième essai de soixante mètres…

J-B. P. : Sur un deux contre un de Colomiers, qui était mal embarqué pour nous, j’essaie de temporiser un peu. Puis le demi-de-mêlée adverse fait une passe dans les chaussettes et voilà. Je ramasse le ballon, je sens qu’il revient un peu du coup je raffute puis je me lance dans une longue course. C’est vrai que ça fait du bien de marquer des essais comme ça. Ça donne de la confiance, de sentir que tu es bien, de sentir que tu vas vite et que le physique est là. Le travail commence à payer et ça fait du bien à la tête.

Ce qui est paradoxal, c’est que vous n’avez pas toujours été le premier choix au poste d’ailier depuis votre arrivée à l’Usap…

J-B. P. : C’est la vie d’un sportif de haut niveau et d’un rugbyman professionnel. Une carrière, ce n’est pas linéaire. Il y a des hauts et des bas. Il y a de la concurrence. Moi c’est vrai que j’ai des ailiers qui arrivent presque tous les ans. Mais ça me stimule et ça me fait du bien aussi. Même si on ne compte pas sur moi en début d’année, j’ai envie d’être décisif et je suis toujours là. Je continue à bosser pour moi, pour l’équipe et pour le club. Bien sûr que ça fait plaisir d’être récompensé avec des essais comme ceux de ce week-end.

Malgré les périodes de disette, on vous a senti toujours travailleur. Vous n’avez que très rarement déçu lors de vos entrées en jeu… Est-ce aussi votre sentiment ?

J-B. P. : Ça c’est vrai, c’est peut-être une qualité que j’ai. C’est dans ma nature. Même si des fois je n’étais pas dans les plans, il ne faut pas oublier que c’est du plaisir le rugby. Il faut se régaler. Il faut relativiser aussi. Et je n’ai jamais baissé les bras, j’ai toujours bossé. Comme je viens de le dire, une carrière ce n’est pas linéaire. Dans les moments durs, il ne faut pas te mettre la tête dans le sceau. Et dans les meilleurs moments, il ne faut pas non plus te prendre pour un All Black.

Retour sur la saison dernière. Une saison où vous avez découvert pleinement le Top 14, comme beaucoup de joueurs de l’Usap. Comment avez-vous vécu ce douloureux apprentissage ?

J-B. P. : C’était une saison très longue. Mentalement très, très, très longue. Paradoxalement, je trouve que l’on ne s’est pas trop désunis, même s’il y a eu des moments très, très durs. Ça aurait pu péter… Car la marche était vraiment très élevée fin de compte. On était loin du niveau du Top 14. J’ai pris une claque au niveau rugbystique. Ça joue plus, il y a plus de volume de jeu, plus d’actions, et ça va vraiment vite. Ça nous a permis de mesurer l’écart qu’il reste à combler entre une équipe de Pro D2 et le Top 14. Et cet écart, il est quand même élevé, surtout dans la précision. Que ce soit en attaque ou en défense. Mais ce qui est motivant, c’est qu’on s’est filé au travail cet été pour se remettre la tête à l’endroit et pour combler ce retard.

Comme certains de vos coéquipiers, vous avez décidé l’an passé de prolonger votre contrat de trois ans. Pourquoi ?

J-B. P. : Ces trois ans de prolongation étaient logiques pour moi. On sortait d’une saison en Top 14, et même si j’ai marqué des essais, même si je me suis régalé, j’avais envie de continuer dans ce projet. Avec l’équipe que l’on a et le noyau que l’on a… Je suis persuadé que si l’on bosse, on peut retrouver le Top 14 et s’y maintenir. Moi j’y crois, et c’est pour ça que je suis resté.

Jean-Bernard Pujol quand il était au Stade toulousain en novembre 2012

Jean-Bernard Pujol quand il était au Stade toulousain en novembre 2012Icon Sport

Vous avez commencé à tutoyer le rugby professionnel à Toulouse. Pourquoi ne pas avoir tenté votre chance en équipe première ?

J-B. P. : J’aurais aimé rester à Toulouse. Mais j’y étais en 2011, 2012… et il y avait tous les internationaux de l’équipe de France, ailiers ou arrières. Car je jouais beaucoup à l’arrière, j’ai une formation de numéro 15. Et donc lorsque j’y étais, il y avait Heymans, Clerc, Poitrenaud, Matanavou aussi, tous les meilleurs quoi. Je n’ai pas eu l’opportunité de me montrer. J’ai disputé un seul match. Je venais de faire quatre, cinq ans d’espoirs. J’avais fait le tour et j’avais besoin de temps de jeu. Donc j’ai préféré partir, eux non plus ne voulaient pas forcément me garder. Ça s’est fait naturellement mais je continue à les soutenir. Ils produisent un jeu de qualité depuis quelques saisons.

Vous avez 27 ans. Sans vouloir vous mettre un coup de blues, votre première partie de carrière est derrière. Quels sont vos objectifs désormais ?

J-B. P. : Ça fait bizarre. J’écoutais les anciens qui me disaient : "Tu verras ça passe vite". Et c’est vrai. J’ai 27 ans, j’entame ma deuxième partie de carrière. Mes objectifs ? Me mettre au service du club, essayer de se qualifier cette année, puis construire des bases solides sur deux trois ans, pour non seulement monter mais aussi se maintenir en Top 14. Je m’inscris dans ce projet et j’ai envie d’aider le club.

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