Midi Olympique

Narbonne : La fierté du beau parcours l’emporte sur la déception de la défaite

Narbonne : La fierté du beau parcours  l’emporte sur la déception de la défaite

Le 06/06/2021 à 14:28Mis à jour Le 06/06/2021 à 14:31

NATIONALE – Défait en finale par Bourg-en-Bresse, ce samedi à Bourgoin-Jallieu, le Racing Club Narbonnais du co-président Gilles Belzons et du capitaine Mickaël Recordier voulait retenir le positif d’un parcours exceptionnel qui n’est pas ponctué d’un titre, mais qui permet malgré tout à cet historique du rugby français de retrouver la PRO D2.

Sur une pelouse de Pierre-Rajon envahie par le petit millier de supporters présents, les sourires sont malgré tout perceptibles sur les visages des joueurs et des dirigeants du RCN, renforcés par les commentaires positifs des 400 supporters narbonnais ayant fait le déplacement jusque dans le Nord-Isère. "Ils nous disent merci, parce qu’ils sont contents. Bien sûr qu’eux aussi auraient aimé avoir un petit bouclier mais je pense qu’ils sont très contents de remettre le club là où il devait être. C’est-à-dire en PRO D2", confie le 3e ligne et capitaine Mickaël Recordier.

Un peu plus loin, c’est le co-président Gilles Belzons qui s’arrête, et qui confie que "la semaine dernière, après Nice, on disait : arrivera ce qui arrivera à Bourgoin. Mais c’est vrai que quand on arrive là et que l’on voit le décor, les supporters, on espère une victoire. Elle n’est pas venue mais je voudrais saluer cette équipe qui a été grande jusqu’au bout. On leur avait demandé en début de saison d’essayer d’être dans les quatre. Ils montent en PRO D2. Ils nous ont donc ramené le bon point que l’on n’attendait pas. On aurait souhaité l’image, on n’a que le bon point."

Recordier : "On a fait une demi-saison monstrueuse. Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est la fierté"

Mickaël Recordier, qui arrête sa carrière suite à cette finale, se confie sur cette aventure et cette finale perdue. Et il y a de la frustration…

M.R. : On est un peu déçu, on ne va pas se le cacher. Une finale, on aime tous la gagner. Je pense que l’on peut être fier de notre parcours. En janvier on était 9e, et je ne suis pas sûr qu’il y avait beaucoup qui nous voyait monter en PRO D2. On a fait une demi-saison monstrueuse, en allant gagner à l’extérieur, en enchainant les matchs. Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est la fierté. On monte en PRO D2. On a créé un groupe soudé et solide. Et c’est là l’essentiel.

Physiquement, on a senti que peu à peu cela devenait dur au fil de ce match ?

M.R. : C’est sûr que c’était un peu dur physiquement. En plus il a fait chaud, mine de rien ! On ne s’y attendait pas. On a eu pas mal de blessés, ce n’était pas évident. On le perd aussi car cela nous a coûté cher d’être un peu trop indiscipliné. Je crois qu’il faut retenir le positif à la fin, et l’essentiel est fait avec cette montée en PRO D2.

Au coup de sifflet final, l’émotion a dû être grande ?

M.R. : J’ai eu cinq minutes un peu dures après le match, c’est normal. Quand est compétiteur, on veut gagner, ça c’est sûr. Mais j’arrête ma carrière et j’ai envie de ressortir le positif. C’est le plus important.

D’autant que vous terminez sur cette pelouse de Pierre-Rajon, là où vous avez effectué vos débuts avec le CSBJ.

M.R. : J’étais hyper content, hyper heureux. C’est une émotion particulière de retrouver ce stade qui est atypique, qui a son charme. J’ai commencé en pro ici. Finir ici, je ne pouvais pas mieux rêver, si en gagnant. Cela aurait été le Saint Graal. C’étaient de bonnes émotions. J’étais en plus dans le vestiaire du CSBJ, et j’ai découvert les nouvelles infrastructures.

Vivre une finale, sur un terrain particulier, avec du public, c’est fort ?

M.R. : Ça fait tellement du bien quand il y a les supporters. Cela change complètement. On est arrivé en bus, à Nice et ici et on a vu une foule orange. C’est beau. C’est ce qui procure des émotions. C’est pour quoi tu vis dans ce sport. On s’est mis en face d’eux à l’échauffement, ils étaient comme des fous. On peut leur tirer un grand coup de chapeau à ces supporters, ils nous ont suivi tout au long de la saison. Et même avec la Covid, ils ne nous ont jamais lâché.

Leur offrir le titre aurait été la cerise sur le gâteau, d’où cette déception encore visible sur le visage de certains.

M.R. : C’est normal… On est rentré sur ce terrain avec l’envie de gagner, on ne va pas se le cacher. On a tout fait, on était en plus dans la position d’outsider et cela nous a bien réussi jusque-là. C’est sûr qu’il y a de la déception, mais c’est le sport. Il faut un gagnant et un perdant.

Qu’est-ce qui a fait la force de ce groupe cette saison ? Et qu’est-ce qui donne confiance pour la suite au niveau supérieur ?

M.R. : C’est un groupe qui ne lâche rien, qui est soudé. On l’a vu cette saison dans les moments faibles, dans les moments où l’on a pris des coups de bâton sur la tête. On a toujours su se relever. C’est ça la force d’une équipe, de savoir se remobiliser quand elle ne va pas bien. Avancer ensemble, c’est la force de cette équipe. La montée arrive vite, mais les présidents et les dirigeants ont fait le travail. Ils sont en train de tout organiser. C’est sûr que ce n’est pas évident, ça va vite mais j’espère qu’ils feront une belle saison. Je serai leur premier supporter.

Et comme le rappelle ensuite Gilles Belzons, toujours depuis la pelouse de Pierre-Rajon, "il y a une phrase qui dit qu’un grand club ne meurt jamais. Elle a été dite et entendue plein de fois mais aujourd’hui elle prend plus de sens. Le Racing Club Narbonnais, pour moi, dans le paysage rugbystique national, compte et est important. Nos joueurs ont fait le travail sur le terrain, et nos supporters ont fait un énorme travail sur les routes, pour attendre les joueurs. Ils étaient en souffrance depuis pas mal de temps" et voilà que la passion orange repart de plus belle.

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