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Sevens - Astérix, rock ‘n’ roll et leader de jeu, voici Terry Bouhraoua

Astérix, rock ‘n’ roll et leader de jeu, voici Terry Bouhraoua

Le 15/05/2015 à 10:42

Nommé capitaine des Bleus du 7 avant la tournée asiatique, Terry Bouhraoua fait partie des cinq meilleurs marqueurs du circuit cette saison, avec plus de 200 points inscrits. Représentatif à l’extérieur, il est aussi charismatique à l’intérieur du groupe. Pourtant, en dehors du rugby, il est plus discret, à se plonger dans la musique et le dessin. Portrait du premier joueur engagé à 7 par la FFR.

Le grand Vincent Deniau non conservé à l’issue de la saison, le staff de France 7 se devait de trouver un nouveau capitaine. C’est ainsi que Frédéric Pomarel convoqua ses trois leaders au mois de mars : Julien Candelon pour la vie de groupe, Manoël Dall’Igna pour le combat, et donc Terry Bouhraoua pour le jeu. Adapte d’un fonctionnement décentralisé et le plus démocratique possible, l’entraîneur souhaitait ainsi partager les pouvoirs. Mais s’il décida de conserver une division des responsabilités, le Lotois se retrouva forcé de nommer un capitaine unique, au moins pour les feuilles de match.

Et c’est ainsi qu’il choisit son demi de mêlée. "Ce sens des responsabilités nécessaire au capitaine ne me dérange pas", commente l’Eurélien. "C'est une fierté, un honneur de représenter mon équipe". Et Pomarel de féliciter : "C’est un rôle dont il s’est très bien emparé" .

Représentatif à l’extérieur, respecté à l’intérieur, un côté Astérix

Terry Bouhraoua est un joueur remarqué de l’équipe de France. De par son look et ses performances, à l’image de ses 201 points inscrits cette saison – faisant de lui le 5e meilleur marqueur du circuit. "Face au monde extérieur, il a une certaine représentativité", avalise son coach. "Et à l’intérieur, il est aussi très respecté. Ça lui donne un côté Astérix". Et Pomarel de détailler un peu sa place dans la vie de groupe : "Il est très crédible devant ses camarades et véhicule un message avec plein d’allant. C’est un vrai leader avec du charisme, avec qui je discute facilement pour faire le lien"

Les capitaines posent devant le trophée avant l'étape de Londres - Photo World Rugby / Martin Seras Lima

Les capitaines posent devant le trophée avant l'étape de Londres - Photo World Rugby / Martin Seras LimaOther Agency

Qu’il soit le premier joueur de VII à s’être engagé en signant avec la FFR – en 2010 ! – fait de lui un représentant d’autant plus crédible. "De par ce que j'ai eu la chance d'apprendre de joueurs comme Augustin Pichot, j'essaie d'être un bon leader d'hommes, d'emmener mes troupes du mieux que je puisse", dit-il avec modestie. Un rôle majeur, cette semaine, pour réagir à Londres après un tournoi de Glasgow catastrophique.

De la vitesse et des appuis pour ce leader de jeu

Malgré son petit gabarit (1m67), le demi de mêlée sait faire la différence, à l’image du premier match de poule contre la Russie (21-19) le week-end dernier, où seuls Bouhraoua et Candelon ont su se dépêtrer de l’étau défensif adverse. Au centre de gravité hyper bas, l’ancien joueur du Stade français (entre 2005 et 2009) adore les petits démarrages. Avec ses petits appuis et sa belle pointe de vitesse, il dispose ainsi des armes pour faire la différence et franchir les défenses. C'est toujours difficile d'évoquer ses qualités alors je dirais qu’à ce jeu, si tu n'es pas le plus solide, il faut essayer d'aller vite, et plus vite que les autres, anticiper, voir avant eux…"; évoque-t-il simplement, préférant mettre le collectif en avant. Une vision primordiale à mettre en relation avec son caractère.

Terry Bouhraoua époque dreadlocks - Décembre 2012

Terry Bouhraoua époque dreadlocks - Décembre 2012Other Agency

Un état d’esprit et un style aujourd’hui rock ‘n’ roll

Passé à l’acte après s’être vu rattraper par la tignasse par un défenseur en début de saison, Terry Bouhraoua a donc laissé tomber ses dreadlocks. Ce à travers quoi certains le reconnaissaient. "Je les ai portées par plaisir, ça me plaisait", évoque-t-il. "Ça semblait plaire ou amuser les gens aussi, tant mieux ! Mais aujourd'hui, c'est dans le vintage rock ‘n’ roll". Changement de style en adéquation avec le lion qu’il peut être sur le terrain et une partie de ses goûts musicaux à base de vieux rock américain et français, Johnny Cash et Dick Rivers en tête. Sans pour autant que le demi de mêlée ne pense trop à son apparence. "Je ne crois pas que je fais attention à mon image. Je suis moi-même, et j’essaye de rester fidèle à ce que je pense. Après, je suis joueur, alors il m'arrive de jouer, donc avec les cheveux pourquoi pas ! Mais j'espère que les gens apprécient mes qualités de rugbyman plutôt que mon look".

Mais un caractère au fond posé, passionné de culture

Si un lion réside en lui, il n’a néanmoins pas l’habitude de sortir hors du contexte rugbystique. "Oui, je pense être de ces schizophrènes de vie", admet Bouhraoua. "Ma vie privée est totalement différente de ce que je suis sur le terrain". Attiré par l’art, le cinéma ou encore la musique, l’Eurélien aime la culture. "J’en profite pour redevenir un rêveur, solitaire… mais pas trop", sourit-il. La palette de ses goûts musicaux est vaste. Outre le rock, la musique du monde ("pour voyager", justifie-t-il) ou encore la chanson française comme Zebda ou Damien Saez ("pour l’inspiration") occupe son casque."Et la liste est longue !", coupe-t-il.

Illustration de la diversité qui fait son caractère. Parmi ses autres passe-temps, Terry Bouhraoua aime le dessin, et n’hésite pas à le partager via les réseaux sociaux. "C’est une jolie passion", concède-t-il. "Je n’ai malheureusement pas un coup de crayon parfait mais je m'amuse".

Terry Bouhraoua sous le maillot du Stade français en 2005

Terry Bouhraoua sous le maillot du Stade français en 2005Icon Sport

Une riche diversité venue, aussi, de ses origines

La diversité qui fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui se retrouve aussi dans ses origines. La trajectoire de Terry Bouhraoua et ses deux frangins l’illustre parfaitement. Et c’est le principal intéressé qui le raconte le mieux : "Je suis très fier d'être dans ma cinquième saison à jouer pour l'équipe de France de VII, comme mon grand frère l'a fait avant moi dans les années 2000, et comme mon petit a eu la chance de le faire pour un championnat d'Europe. Aujourd'hui, ils jouent pour l'équipe d’Algérie, notre seconde nationalité" . Une richesse.

"Je suis évidement super fier de représenter mon pays à chaque sortie sous le maillot bleu et je suis, je crois, profondément chanceux de porter avec moi la force d'un petit fils d'immigré algérien. L'Algérie fait naître des guerriers. J'espère en avoir hérité". Ce qu’il voudra de nouveau montrer à Londres, ce week-end, pour aider les siens à se remettre en confiance avant le championnat d’Europe décisif pour Rio, en juin.

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