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Gorgadze : "On rêve du Tournoi des 6 Nations, mais tant qu'on n'a rien fait, c'est difficile"

Gorgadze : "On rêve du Tournoi des 6 Nations, mais tant qu'on n'a rien fait, c'est difficile"
Par AFP

Le 10/11/2021 à 13:35Mis à jour

INTERNATIONAL - Vice-capitaine des "Lelos", opposés aux Bleus dimanche à Bordeaux, le néo-Palois Beka Gorgadze, sûrement le plus français des troisièmes ligne géorgiens, voue depuis sa plus tendre enfance une admiration sans borne au Top 14 sans en oublier pour autant ses ambitions à l'international avec la Géorgie.

Dans une lettre rédigée en 2005 et exhumée récemment par sa mère, Gorgadze, footballeur reconverti pour imiter son grand frère et surtout son cousin Salomon Karukhnishvili, un ex-international U20 de rugby, écrivait son objectif d'évoluer dans le championnat de France. Il avait alors 9 ans et venait de découvrir le rugby sur les terrains caucasiens de Roustavi, à 25 kilomètres de la capitale, Tbilissi. Son rêve a pris de la consistance une dizaine d'années plus tard lors d'un tournoi de jeunes en Pologne, où il est repéré par un agent français. Encore junior, Gorgadze quitte l'académie nationale géorgienne et débarque à Mont-de-Marsan, un club de Pro D2, au sein duquel il finit sa formation et apprend le français en à peine quelques mois pour pouvoir communiquer plus facilement.

"Quand je suis arrivé à Mont-de-Marsan, on m'a dit que je pouvais devenir JIFF (joueur issu de la formation française) et pourquoi pas jouer pour la France, mais ça n'a jamais été mon objectif", raconte-t-il à l'AFP. "La Géorgie est un petit pays, mais on est fier de ce que l'on a et de ce que l'on est", poursuit-il. "Quand ça ne se passe pas bien dans le pays, on peut au moins apporter un peu de bonheur à nos familles. Ça aussi, c'est une fierté pour nous".

Admirateur de Mamuka Gorgodze, l'ancien taulier de Montpellier et Toulon, son presque homonyme attire l'oeil des sélectionneurs géorgiens en juin 2015. Il dispute contre l'Uruguay et l'Italie deux matches préparatoires à la Coupe du monde au Royaume-Uni, pour laquelle il n'est finalement pas retenu. Son abattage dans les Landes, malgré une dernière saison polluée par des blessures à la cheville, est tout de même remarqué par Bordeaux-Bègles qui l'engage en 2018.

Top 14 - Section paloise - Beka Gorgadze

Top 14 - Section paloise - Beka GorgadzeIcon Sport

Le Tournoi, l'autre rêve

Son rêve de gosse, le Top 14, devient réalité, et son ascension continue en équipe de Géorgie (31 sélections), en attendant les Bleus dimanche pour ce que cet enfant du rugby tricolore considère comme "un moment historique". "Un match France-Géorgie, ce n'est arrivé qu'une seule fois auparavant (64-7 pour les Bleus lors du Mondial-2007). C'est une équipe avec des joueurs que l'on connaît par coeur", salive Gorgadze, conscient qu'il s'agit d'une nouvelle étape dans le processus de reconnaissance des Lelos au niveau international.

Pour l'heure, il n'y a guère que lors des Coupes du monde que les Géorgiens ont le droit d'affronter des nations majeures (Argentine et Nouvelle-Zélande en 2015, Australie et Fidji en 2019). L'an passé, la crise liée au Covid-19 leur a miraculeusement permis, en remplacement du Japon, de disputer la Coupe d'automne des nations et de défier l'Irlande, l'Angleterre et le pays de Galles. "C'était important pour nous de participer à cette compétition, plus encore qu'une Coupe du monde", assure le troisième ligne. "Ça nous a fait progresser et grandir".

S'ils doivent encore se qualifier pour le Mondial-2023, les Géorgiens, sans concurrence ou presque depuis cinq ans dans le Tournoi des six nations B mais sèchement battus par les champions du monde sud-africains début juillet à Pretoria (40-9), espèrent s'inviter de façon permanente dans les grands rendez-vous internationaux. Et pourquoi pas prendre la place d'une Italie en souffrance dans le Tournoi? "On en parle depuis un moment, mais il sera difficilement accessible pour nous pour des arguments d'ordre commercial", pointe Gorgadze. "On a envie de participer au Tournoi, peut-être via un système de montée-descente".

Ce match contre la France est donc une occasion en or pour lui et ses équipiers, à condition "de montrer (leur) meilleur visage, (de ne) pas être spectateur". "On rêve du Tournoi, mais tant qu'on n'a rien fait, c'est difficile", reconnaît le joueur de la Section paloise, qui, à 25 ans, n'a pas fini de rêver.

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