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Poirot : "Il y a eu des larmes"

Poirot : "Il y a eu des larmes"
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 21/10/2019 à 14:07

COUPE DU MONDE 2019 - Jefferson Poirot, l'un des cadres du groupe France, fut à créditer d'une très bonne partie face aux Gallois, à Oita. Au crépuscule de la défaite des Bleus en quarts de finale, il revenait sur l'aventure des Tricolores au Japon.

Rugbyrama : Quel sentiment vous anime, au crépuscule de cette défaite en quarts de finale ?

Jefferson Poirot : Je serai un joueur changé. On a touché du doigt une préparation de haut niveau et quand c'est bien, il faut le dire. Franchement, je suis très optimiste pour cette équipe de France.

En quoi cette Coupe du monde vous a-t-elle changé ?

J.P : C'est en termes d'état d'esprit, de façon de s'entraîner au quotidien. On nous a mis le doigt sur nos limites. On a réussi à basculer rapidement, à gommer des petites choses en peu de temps. Je me dis que ça vaut le coup de faire encore plus d'efforts au quotidien. Des dix, des quinze minutes en rab. Ça m'aura changé. C'est mon état d'esprit, c'est positif et je ne pense pas être le seul.

Est-ce le match le plus réussi de la Coupe du monde ?

J.P : Oui je pense que c'est le plus complet. On a été le plus propre, on a respecté les systèmes. On voulait éviter d'avoir ce moment de flottement au début de la deuxième mi-temps. On a réussi à l'éviter. Il y a des progrès là-dessus. Maintenant il faut que ça nous serve de socle pour la suite. Il y a des joueurs qui arrêter. C'est le plus gros regret que l'on peut avoir : ne pas leur avoir offert deux matches de plus. Mais il y a une équipe qui va continuer. Il faudra se servir de ce match. On a touché du doigt ce qu'était un match de haut niveau.

Le carton rouge est-il le tournant du match ?

J.P : Je ne trouve pas vraiment. Même après ce rouge, on a réussi à adapter nos stratégies, on a été un peu moins dans les rucks, on a réussi à rester chez eux et à les enfermer chez eux. A la 72e minute, on est encore sur leur ligne. Ce carton n'est pas forcément le virage. Peut-être que ça nous aurait aidé, peut-être que ça n'aurait rien changé si on était restés à quinze... En définitive, on ne peut pas forcément accabler un seul joueur.

Coupe du monde 2019 - Sébastien Vahaamahina (France) exclu contre le pays de Galles

Coupe du monde 2019 - Sébastien Vahaamahina (France) exclu contre le pays de GallesIcon Sport

Il y a eu beaucoup d'émotion dans le vestiaire ?

J.P : Honnêtement, oui. Dès le coup de sifflet final, j'étais très ému. On a passé quatre mois 24 heures/24 ensemble. On voulait offrir deux matches de plus à ceux qui arrêtent. Et moi c'est la première chose qui me vient à l'esprit. Je me dis : "ces mecs nous ont apporté pendant quatre ans, ils ont pris des coups des fois à la place d'autre. On ne pourra pas leur faire ce cadeau." Il y a eu des larmes, forcément. Surtout des plus jeunes, cela montre l'importance qu'avait ce match pour le groupe.

Bernard Laporte a promis l'instauration des contrats fédéraux, pour les joueurs internationaux. Que pensez-vous de cette proposition ?

J.P : C'est un vieux combat. C'est très difficile à mettre en place et toutes les parties ont un tort là-dedans. Mais il faut reconnaître qu'il y a eu beaucoup de progrès là-dessus. Quand je suis arrivé en 2016, j'ai eu cinq jours avec des mecs que je ne connaissais pas pour préparer un match du Tournoi des 6 Nations. Aujourd'hui, on a quand même beaucoup plus de temps. Les clubs font énormément d'efforts.

Mais ?

J.P : Je ne sais pas comment fonctionnent les Anglais mais je ne crois pas qu'ils aient de contrats fédéraux. Honnêtement, je ne pense pas jouer plus de matchs qu'un Mako Vunipola par exemple. On ne peut pas se cacher derrière ça. Ce n'est pas mon genre.

Coupe du monde 2019 - Mako Vunipola (Angleterre) contre l'Australie

Coupe du monde 2019 - Mako Vunipola (Angleterre) contre l'AustralieIcon Sport

Ambitionnez-vous de prendre la succession de Guilhem Guirado ?

J.P : J'ai été capitaine sur quelques matches, cela m'a plu, après je ne peux pas annoncer quoi que soit. J'ai été très fier de pouvoir l'épauler. Je n'ai pas vécu cela comme une charge. Ça m'a permis de mieux connaître Guilhem. Malgré trois ans passés ensemble, on ne se connaissait pas si bien que ça. Ç'a été une fierté d'être à ses côtés, j'ai beaucoup appris.

Y a-t-il aussi des changements dans votre leadership ?

J.P : J'ai aussi beaucoup appris. J'ai dû prendre mes responsabilités et assumer. Quand on parle, il faut grandir. J'ai été au contact de joueurs qui sont de très grands leaders. Durant ces quatre ans, des gars ont pris des coups et ils ont porté cette équipe à bout de bras. Je vous assure que ça n'a pas facile tous les jours pour eux.

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