Icon Sport

"Le rugby n’est qu’un prétexte" : "Baky écrit" nous emmène à Mayotte et Madagascar

"Le rugby n’est qu’un prétexte" : "Baky écrit" nous emmène à Mayotte et Madagascar
Par Rugbyrama

Le 24/11/2021 à 14:30Mis à jour Le 24/11/2021 à 14:34

BAKY ÉCRIT - Tout jeune retraité, Bakary Meité profite de sa liberté retrouvée pour intégrer l’équipe des chroniqueurs Midi Olympique. L’ancien troisième ligne a tout connu du rugby, d’abord amateur et finalement professionnel. Pour Rugbyrama, l’ancien international ivoirien va désormais s’attacher à poser un regard libre, décalé et forcément engagé sur l’actualité du rugby. Welcome "Baky".

Elle a de grandes billes noires à la place des pupilles que ses paupières, tirées en amandes, n’arrivent pas à recouvrir. Son nez est légèrement retroussé. Elle sourit. Ses cheveux, hirsutes malgré un élastique de fortune, sont d’un brun chaleureux et frisés. Elle sourit. Sa peau, aux reflets caramel, vous donne la sensation d’avoir un bonbon géant en face de vous. Elle sourit. Elle est pourtant mal fagotée. Avec ses habits trop grands, ses pieds nus noircis par la crasse et le goudron. Le contraste avec la blancheur de ses dents est saisissant. Sans doute pour ça qu’elle ne se départit pas de ce sourire qu’elle adresse à Claude.

Il faut dire que Claude le lui rend bien. Il sourit à son tour. D’un sourire franc et sincère. Bien que ne connaissant pas Claude depuis très longtemps, je peux l’affirmer : il est heureux d’être là. Comme nous tous d’ailleurs. Les 24 acolytes de l’association Rugby French Flair, en mission à Mayotte et Madagascar pour cette cuvée 2021.

Une histoire née d’un voyage entre copains qui avaient tous en commun une chose : le rugby.

Par le biais de cette association, donc, j’ai pu concrétiser, au sens premier du terme, un engagement humanitaire qui sommeillait en moi et qui ne demandait qu’à s’exprimer. Voilà chose faite. Bien que RFF existe depuis plus d’une décennie, c’était une première pour moi. RFF utilise le rugby comme prétexte pour venir en aide à des populations désœuvrées à travers le monde.

Après avoir posé leurs bardas en Colombie, au Sénégal, au Brésil, à Cuba, au Mexique… les voilà de retour à Madagascar, avec une escale assez longue via Mayotte.

Pour le territoire ultramarin, un peu de rugby scolaire, mais surtout, une visite dans le quartier pentu de La vigie, bardé de médiateurs sociaux. Une montée plutôt dure pour les cuisses (même celles d’anciens rugbymen). Mais une descente qui se fera dans l’allégresse avec une centaine de gamins appâtés par l’idée de jouer au rugby, un peu et par le voulé (barbecue local) beaucoup.

Les petites filles arrivent, timides, avec leurs foulards. Les garçons, plein de confiance, avec des maillots de foot. Beaucoup sont pieds nus ou se déchaussent. Comme si les chaussures étaient une entrave à leur liberté de mouvement. Et si un grand nombre d’entre eux n’avait jamais vu de ballon de rugby, tous se sont amusés comme des fous. Grâce, notamment, à Fréderic Jammes et aux éducateurs du RCPT (Rugby Club de Petite Terre). Il espère que certains gamins seront piqués au virus et reviendront garnir les rangs de l’école de rugby, le samedi matin.

A Madagascar, c’est le RCTS, Rugby Club Tanora Soavimasoandro qui bénéficie d’un partenariat solide avec RFF. Le manager général Daniel Bessaguet et son équipe abattent un travail colossal dans ce quartier nord de Tananarive, pour venir en aide aux enfants des environs. En plus de la collecte, ce club n’hésite pas à partager les dons qu’ils emboursent. C’est ce qu’ils ont fait en allouant une partie des donations reçues de la part RFF à Akany Avoko Ambohidratrimo, un centre d’accueil pour enfants maltraités ou abusés sexuellement.

Le rugby est le sport roi à Madagascar, mais au-delà des performances des Makis au niveau continental, c’est surtout le rôle sociétal que joue ce sport dans la vie d’enfants dont le destin est sommé d’emprunter l’autoroute de la misère. RFF vient en aide à ceux qui proposent une alternative à ces jeunes.

Je n’oublierai sans doute jamais le sourire de cette petite fille qui ne m’était pourtant pas adressé. Alors imaginez Claude, le destinataire de cette risette.

Les 24 participants : Thierry Hermerel, Alain Carbonel, Raphaël Saint-André, Cédric Desbrosse, Jean-Louis Jordana, Gilles Darlet, Alexandre Chazalet, Pierre Bondouy Olivier Nauroy, Jérémy Valls, Jean-Philippe Lacoste, Jean-Baptiste Ozanne, Frédéric Cermeno, Léon Loppy, Yann Delaigue, Lionel Faure, Guilhem Herbert, Claude Villerouge, Frédéric Bénazech, Jean-Robert Rigal, Michel Macurdy, Benjamin Lapeyre Thierry Louvet, Jean-Christophe Repon.

Contenus sponsorisés