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Danty, Rattez, Retière : les perdants de la liste de Galthié

Danty, Rattez, Retière : les perdants de la liste de Galthié
Par Leo Faure via Midi Olympique

Le 12/01/2021 à 12:13Mis à jour Le 12/01/2021 à 13:15

XV DE FRANCE - Lundi soir, via un communiqué de la FFR, le sélectionneur Fabien Galthié a dévoilé la liste des 37 joueurs qui prépareront le prochain Tournoi des 6 nations. Pas de surprises et peu de nouveautés, si ce n'est la présence de l'ailier du Racing 92 Donovan Taofifenua. Les enseignements sont plutôt à chercher du côté des absents...

Arthur Retière est-il « Galthié compatible » ?

Meilleur marqueur du dernier Top 14 au moment de sa suspension (2019-2020), à nouveau auteur de six essais en cette première moitié de saison 2020-2021, Arthur Retière était un prétendant légitime à une place à l'aile, dès l'automne. Attendu titulaire face à l'Irlande fin octobre, le Rochelais avait finalement pris place sur le banc des remplaçants, Galthié lui préférant un repositionnement de Gaël Fickou à l'aile. C'est à ce jour la seule sélection de Retière. En suivant, il était renvoyé en club.

Alors, y a-t-il une incompatibilité franche avec le sélectionneur ? C'est un peu ça, même si elle se situe plutôt sur l'aspect technique. Galthié, dont le projet fait une belle part aux jeux au pied de pression, juge en première importance la qualité de son triangle arrière sous les ballons hauts. Un secteur dans lequel Retière n'apporte pas suffisamment de garanties, à ses yeux. Et qui le rend « Galthié incompatible » ? Sa nouvelle absence, après son éviction en novembre, le place en tout cas dans cette voie.

Jonathan Danty, absent malgré sa belle forme

Au centre, trois joueurs ont leur nom couché sur la liste sans qu'il ne paraisse plus y avoir de débat : Virimi Vakatawa, Gaël Fickou et Arthur Vincent. Ce sont les hommes de base de Fabien Galthié, à ce poste. Pour la quatrième place, le débat est en revanche ouvert. Depuis sa prise de fonctions, le sélectionneur a déjà convoqué Olivier Klemenczak, Pierre-Louis Barassi, Jean-Pascal Barraque, Jonathan Danty ou Julien Delbouis. C'est ce dernier qui a finalement été retenu, pour préparer le prochain Tournoi des 6 nations.

Son coéquipier au Stade français fait figure de grand perdant. Encore en pleine force de l'âge (28 ans), Danty ne peut pas être éliminé par ce critère dans l'optique de la Coupe du monde 2023. En très bonne forme, il est l'auteur de performances remarquées en club. Ce dimanche encore, sur la pelouse de Toulouse. Enfin, son retour en Bleu, à l'automne, avait été largement salué avec deux rencontres où il compta parmi les meilleurs Français. Insuffisant pour figurer dans ce premier groupe. Pas interdit, toutefois, qu'on voit Danty réapparaître à Marcoussis en cours de Tournoi.

Vincent Rattez, double victime

Pas facile de briller dans le collectif montpelliérain, par les temps qui courent. A ce sujet, Vincent Rattez, débarqué dans l'Hérault cet été en provenance de La Rochelle, voit son intégration lestée et ses performances peu servies par la dynamique de son équipe. Moins en vue en ce début de saison (10 matchs, 1 essai), il disparaît des écrans radars du XV de France et ne figure pas dans le groupe de Galthié, qui l'avait pourtant titularisé à cinq reprises lors de sa première année de mandat.

Rattez est également la victime d'un second facteur : plusieurs fois blessé et absent en 2020, Damian Penaud effectue actuellement un retour à son meilleur niveau. Excellent à Pau ce dimanche, le Clermontois était dès le départ considéré comme une homme de base du projet Galthié. Il revient dans la danse et, par effet domino, en expulse Vincent Rattez.

Dorian Aldegheri passe son tour

Au poste de pilier droit, une certitude : Mohamed Haouas fait figure de numéro 1 et de titulaire désormais naturel avec, immédiatement derrière, Demba Bamba. Le Montpelliérain sera bien là, quand le lyonnais est blessé aux cervicales. Derrière eux, en revanche, la concurrence est ouverte. Avec deux places à pourvoir dans cette liste, ils étaient trois prétendants sur la ligne de départ : Uini Atonio, George-Henri Colombe et Dorian Aldhegeri. Au jeu des arbitrages, c'est le Toulousain qui sort perdant.

Plusieurs explications à cela. Tout d'abord, l'entrée en jeu du Rochelais Uini Atonio à Twickenham, il y a un mois, a été très appréciée par le staff du XV de France. Suffisant pour justifier de le revoir. Pour Colombe, déjà appelé à l'automne avant de se blesser, l'envie de le tester au plus au plus haut niveau est réelle. D'où sa présence.

Enfin, il y a une logique de profil qui entre en compte. A ce poste, s'ils cherchent un joueur robuste, les entraîneurs du XV de France veulent aussi un élément dynamique, capable de se déplacer et de peser sur une défense, ballon en main. C'est évidemment le cas de Haouas, aux performances athlétiques réputées exceptionnelles pour le poste, mais aussi Demba Bamba dont le dynamisme étonne au regard de sa masse (118kg tout de même)

Atonio et Colombe, malgré leur fort tonnage, sont aussi des joueurs capables de se déplacer et de casser les premiers plaquages. Dorian Aldegheri, plus focalisé sur les phases statiques où il est à son avantage (notamment la mêlée fermée) est moins interventionniste dans le jeu courant. Ce qui plaide contre lui.

Baubigny-Mauvaka, victimes du système ?

Derrière Julien Marchand et Camille Chat, qui semblent tenir confortablement les deux premières places dans la hiérarchie des talonneurs, trois hommes s'opposent pour le troisième choix : Pierre Bourgarit, Peato Mauvaka et Teddy Baubigny. C'est le premier qui a été retenu dans cette première liste de 2021.

Le choix n'a rien d'illégitime sportivement et se justifie par les excellentes performances dont est l'auteur le Rochelais, ces dernières semaines. Un autre critère entre en compte : si rien n'est écrit et donc figé dans le marbre, des gentlemen agreement existent entre les entraîneurs de club et le sélectionneur. Parmi lesquels celui d'éviter, dans la mesure du possible, de sélectionner deux joueurs du même poste dans un même club. Dès lors, Mauvaka (coéquipier de Marchand à Toulouse) et Baubigny (coéquipier de Chat au Racing 92) partent avec une petite longueur de retard, pour des raisons essentiellement diplomatiques.

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