Icon Sport

6 Nations - Imanol Harinordoquy : "J'aurais considéré une victoire à Twickenham comme un titre"

Harinordoquy : "J'aurais considéré une victoire à Twickenham comme un titre"
Par Simon Valzer via Midi Olympique

Le 10/02/2019 à 10:08Mis à jour Le 10/02/2019 à 16:04

TOURNOI DES 6 NATIONS - Entre 2003 et 2011, Imanol Harinordoquy a joué à cinq reprises à Twickenham. A son grand désespoir, il n'y a jamais gagné. L'ancien troisième ligne international de Biarritz et de Toulouse nous livre quand même ses souvenirs, forcément douloureux...

Rugbyrama : Quels souvenirs avez-vous gardé de vos tests disputés à Twickenham ?

Imanol Harinordoquy : Je ne garde que très peu de souvenirs des défaites... Cela veut dire que je n'ai pas de grands souvenirs de Twickenham, puisque je n'y ai jamais gagné !

Comment décririez-vous le lieu à un jeune international qui y fera ses débuts ?

I.H. : Twickenham, c'est un des plus grands châteaux-forts du Tournoi des Six Nations. C'est même LA forteresse du Tournoi. De par son architecture, déjà... Le stade est massif, imposant, ses murs sont hauts... Quand tu rentres la-dedans, tu as vraiment l'impression de pénétrer dans une forteresse. Il y a la ferveur du public aussi. Mais quoiqu'il arrive, tu sais que tu vas vivre un moment inoubliable. Un moment dont tu te souviendras toute ta vie. Les Anglais chantent tellement fort... Même si le stade n'est pas fermé, tu te sens tout petit. Je me suis déjà senti petit dans des stades comme le Principalty Stadium à Cardiff. Mais à Twickenham, tu sais que tu n'auras que tes copains sur qui compter. Il faudrait reprendre les photos des hymnes, mais je pense d'ailleurs que c'est l'endroit où les joueurs français sont les plus serrés avant le match...

Vous vous souvenez de votre première là-bas, le 15 février 2003 (25-17) ?

I.H. : Comme je vous l'ai dit, je ne me souviens jamais des défaites ! Je me souviens surtout du contexte de ce Tournoi : il précédait la Coupe du monde, et nous étions passés à côté. Je me souviens que l'on m'avait beaucoup parlé de l'ambiance, et je n'avais pas été déçu. L'avant-match m'avait impressionné.

Coupe du Monde - Imanol Harinordoquy contre l'Angleterre en 2011, en 1/4 de finale de Coupe du Monde

Coupe du Monde - Imanol Harinordoquy contre l'Angleterre en 2011, en 1/4 de finale de Coupe du MondeIcon Sport

Vous y étiez retourné quelques mois plus tard, en match de préparation du Mondial...

I.H. : C'est vrai. Nous avions une double confrontation en vue du Mondial. Nous avions gagné à Marseille, mais pas à Twickenham. Là, le contexte était bizarre. Ce n'était pas un match de Tournoi. L'ambiance, l'engagement et l'investissement n'étaient pas aussi élevés. Nous étions remplaçants avec Olivier Magne.

Quels souvenirs avez-vous gardé de ces voyages en Angleterre ?

I.H. : Je me souviens bien des après-matchs. Les Anglais étaient très bons pour nous mettre à l'honneur après leurs victoires. Une fois, ils se sont même levés pour chanter la Marseillaise à la réception d'après-match... Je l'ai encore en travers de la gorge. Quand ils gagnent, les Anglais n'ont que rarement des mots pour leurs adversaires. Mais ils en avaient toujours pour nous, surtout après une raclée. Ils étaient élogieux, ou chantaient la Marseillaise. C'était plutôt de mauvais goût. Et cela fait partie des raisons qui expliquent le fait que j'adoooore les Anglais (rires) !

Et pendant les matchs ?

I.H. : Les Anglais ne parlent pas, sur le terrain. Ca branche, mais surtout par les actes ou les attitudes. Ils ne parlent pas. Ils te tapent un coup sur la tête, ou te font comprendre qu'ils te sont supérieurs. Mais bon, on ne va pas se plaindre, car nous n'avons pas été tendres avec eux non plus.

Rétrospectivement, n'êtes-vous pas frustré de ne jamais avoir gagné à Twickenham ?

I.H. : Cela m'aurait fait plaisir oui. Parfois, nous n'étions pas loin. Mais cela me fout les boules, c'est vrai. Cela manque à mon palmarès. D'ailleurs, j'aurais considéré une victoire à Twickenham comme un titre à part entière !

Contenus sponsorisés
0
0