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Les Françaises sur le toit de l'Europe

Les Françaises sur le toit de l'Europe
Par Rugbyrama

Le 10/03/2018 à 23:14Mis à jour Le 11/03/2018 à 08:53

Dans une superbe ambiance et dans un stade comble (18 000 spectateurs), les Françaises s'imposent au bout du suspense sur un essai de Trémoulière. Dans un match d'une grande qualité entre les deux meilleures formations européennes, les coéquipières d'Agathe Sochat ont une main et quatre doigts sur le Trophée des 6 Nations Féminin.

L'essai du bout du monde. Dans une atmosphère survoltée Jessy Trémoulière franchit la terre promise et délivre les 18 000 personnes présentes au Stade des Alpes. Une victoire au bout du temps réglementaire qui fait chavirer les 23 filles d'Annick Hayraud au terme d'une fin de match irrespirable (18-17). Il faut dire que le mano à mano entre les deux équipes avaient de quoi mettre à rude épreuve le palpitant du supporter le plus aguerri.

Les anglaises sont toujours à l'heure

Il faut dire que les anglaises portées par l'immense numéro 10 Katy McLean ont donné du fil à retordre aux françaises. Dès les premières minutes du match, les joueuses à la rose imposent un gros défi physique aux bleues. Les anglaises mettent une énorme agressivité en conquête et dans les rucks. Si le maul anglais ne parvient pas à franchir la ligne dès la 2e minute, il ne faut pas attendre longtemps avant de voir Abigail Dow valider les 10 bonnes premières minutes britannique. La joueuse des Wasps aplatit après un 2 contre 1 rondement menée par sa coéquipière Sarah Bern et permet à l'Angleterre de prendre l'avantage au score.

Si les anglaises se font menaçantes au cours des 20 premières minutes, les insulaires vont se retrouver en infériorité numérique temporaire en raison de Rachael Burford pris par la patrouille après un plaquage à retardement à la 17e minute. Une faiblesse dont les coéquipières de Gaëlle Hermet ne profiteront pas en terme comptable mais qui permet aux françaises de remettre la main sur le ballon. Finalement après plusieurs minutes de pilonnages, les bleues trouvent la faille par l'intermédiaire de l'arrière Jessy Trémoulière après un bon renversement de jeu initié par la demi de mêlée Pauline Bourdon. Chacune des 2 équipes a eu ses 20 minutes au cours de cette première période enlevée mais c'est la France qui bascule en tête à la mi-temps suite à un nouvel essai de la demi d'ouverture Caroline Drouin (40').

La victoire au bout de la nuit

Si l'entame de seconde mi-temps ressemble étrangement à la première, elle le doit beaucoup à la force de frappe des avants du XV de la rose. Un travail de sape qui se conclue par l'esssai de Cokayne à la 52e minute. Les anglaises sûrement "bougées" à la mi-temps par le staff semblent avoir repris la main sur le match et acculent les françaises dans leurs 22 mètres. Si la furia britannique donne des sueurs froides aux 18 000 spectateurs, elle n'intimide pas les françaises qui vont peu à peu se remettre dans le match. Dans le sillon d'une Safi N'Diaye impressionnante de puissance et d'une Gaëllle Hermet au sommet de son art, les bleues laisse passer l'orage de la Perfide Albion pour coller au score suite à une pénalité transformée par Trémoulière (55e).

On pense la France au bord du gouffre quand le ballon de Kildunne passe entre les perches à la 74e minute tant les anglaises semblent fortes en ce samedi soir. C'était sans compter sur l'abnégation et la débauche d'énergie des joueuses frappées du coq lors des 5 dernières minutes. A la suite d'une pénalité récupérée dans les 40 mètres adverses et d'une action parfaitement exécutée l'immense Jessy Trémoulière s'en va crucifier les britanniques à la 78e minute. Comme les garçons, les filles du XV de France renverse leur meilleure ennemie et pose une énorme option sur le trophée et le grand chelem

Trémoulière, la magicienne

Si tout le collectif a été remarquable d'implication et de détermination comment ne pas relever la performance XXL de Jessy Trémoulière. Des appuis incroyables qui ont donné le tournis aux joueuses britanniques, une pointe de vitesse impressionnante pour franchir la ligne d'avantage et de la vista pour se situer au bon endroit au bon moment. La joueuse du Stade Rennais a illuminé le Stade des Alpes de sa classe. Une comète mise sur orbite par un collectif français au sommet de son art.

Le grand chelem, comme une évidence ?

On ne voit pas bien ce qui pourrait arrêter les françaises de soulever le trophée par un grand chelem. Les anglaises étaient clairement "leurs meilleures ennemies" comme nous l'avait déclaré Agathe Sochat. Les bleues n'ont encaissé que 3 points sur leurs 3 premiers matchs et le Pays de Galles qui n'a remporté qu'une seul de ses 3 rencontres ne fait pas figure d'obstacle insurmontable. Les filles d'Annick Hayraud devront toutefois rester sérieuses pour ne pas subir une immense désillusion après avoir fait le plus dur.

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