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Lièvremont : "Les filles veulent réaliser ce Grand Chelem, elles sont affamées !"

Lièvremont : "Les filles veulent réaliser ce Grand Chelem, elles sont affamées !"
Par Rugbyrama

Le 16/03/2018 à 11:19Mis à jour Le 16/03/2018 à 11:25

Ce soir à 19 h, les Bleues affrontent le Pays de Galles à Colwyn Bay pour le Grand Chelem, le 5ème de son histoire. L’occasion de rencontrer Olivier Lièvremont qui nous livre ses impressions sur les bonnes performances de l’équipe, la reconnaissance du rugby féminin et les objectifs à venir.

Rugbyrama : Quels sont les facteurs qui expliquent les bonnes performances de l’équipe ?

Olivier Lièvremont : C’est une question d’état d’esprit. Depuis le début du tournoi, le staff a énormément insisté sur des facteurs, que ce soit gérer l’environnement, la relation avec les arbitres, la capacité à se remettre en question et l’état d’esprit en général. Le mélange représente l’esprit bleu(e). Je pense que c’est un élément fondamental dans les bonnes performances du groupe. D’un point de vue technique, les filles progressent au niveau du rythme. On travaille sur la vitesse du ballon, la capacité à se déplacer pour créer des espaces. On veut être menaçante dans toutes les zones du terrain. Les filles sont intelligentes dans le déplacement pour apporter le surnombre.

Les Gallois restent sur une défaite face à l’Italie. Beaucoup de personnes pensent que le match est gagné d’avance. Vous partagez cette opinion ?

O. L. : Non pas du tout. Il faut se méfier de cette équipe du Pays de Galles, elle est travailleuse. Quand on observe le match face aux Italiennes, on aperçoit que c’est une formation très joueuse, qui met beaucoup d’impact et toujours dans l’avancée. Contre l’Italie, les Galloises ont connu des problèmes de lancement mais elles se sont créés des situations. En défense, elles occupent bien la largeur du terrain donc les filles doivent être méfiantes et ne pas prendre le match à la légère. Cette semaine, on a insisté sur deux mots : humbles et affamées ! Il faudra répondre présent dans le jeu au sol, être très efficaces, avoir une bonne attitude dans les rucks. Les filles veulent réaliser ce Grand Chelem, elles sont affamées !

Jessy Trémoulière a inscrit 50 points cette saison, plus que toute autre joueuse. Peut-on parler de dépendance ?

O. L. : C’est une joueuse fantastique. Jess fait un super tournoi, en défense elle est irréprochable et en attaque elle casse énormément de plaquages. Je suis très contente pour elle. Elle a connu des moments difficiles avec des blessures. Mais on ne peut pas parler d’une Trémoulière dépendance. On a un effectif très riche, beaucoup de joueuses peuvent postuler dans le poste de 3ème rideau. C’est le collectif qui prime. Quand on gagne face aux Anglaises, la deuxième nation mondiale, ce n’est pas une simple joueuse mais tout un groupe. Les essais face aux Anglaises sont des superbes actions collectives.

Qu’est ce qui manque encore au rugby féminin pour obtenir plus de reconnaissance ?

O. L. : Pour moi le problème est le même pour tous les sports féminins en France. C’est à la société de mettre en avant ce sport d’une manière générale. Nous les filles s’entrainent 2 à 3 fois par jour en ayant des boulots à côté. C’est une pratique de haut niveau. Ce sont toutes des joueuses de haut niveau qui font un sacrifice énorme. Elle mérite la reconnaissance du grand public. Quand on voit le match contre l’Angleterre, avec un stade plein, on peut que reconnaitre que c’est une pratique de haut niveau. La FFR met des moyens importants pour cette équipe. Les filles sont suivies au niveau de la préparation physique, de la diététique. On est sur des détails et de l’optimisation de la performance. On veut donner l’envie aux jeunes filles de pratiquer ce sport mais ça passe par de la communication, de la médiatisation, une prise de conscience. On est en bonne voie mais je pense qu’on peut encore s’améliorer.

" Pour l’avenir, notre but est clair c’est d’être championnes du monde."

Vous êtes à la tête de l’EDF depuis 1 an et demi. Quel premier bilan tirez-vous ? Et les objectifs ?

O. L. : C’est une équipe qui progresse régulièrement au fur et à mesure des matchs. On est capable de reproduire les mêmes prestations et c’est ça notre force ! On progresse sur l’intensité dans notre jeu, le fait de se parler sur le terrain. L’année dernière on perd face aux anglaises alors qu’on mène 13-0 à la mi-temps. Contre l’Irlande, on fait un en-avant et après on ose plus jouer mais maintenant les filles se parlent sur le terrain, elles trouvent des solutions ensemble. Psychologiquement, les filles sont au top. Sur le court terme, on veut remporter le grand chelem. On est troisième au classement mondial, on vient de battre la deuxième nation. J’ai envie d’emmener cette équipe à progresser et obtenir des trophées car elle le mérite. Je suis fier d’entrainer ces filles. Le meilleur est à venir !

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