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Cretin : "Tout est comme dans mes rêves les plus fous"

Cretin : "Tout est comme dans mes rêves les plus fous"

Le 26/02/2020 à 17:00Mis à jour Le 26/02/2020 à 17:01

XV DE FRANCE - Rentré lors de la fin de match face au Pays de Galles, Dylan Cretin a connu sa première sélection. Le troisième ligne du LOU évoque cette fierté d’être devenu international, et parle de l’ambiance qui règne au sein du groupe. Tout en n’oubliant pas de suivre ses partenaires en club, engagés dans une lutte pour les phases finales.

Rugbyrama : Comment avez-vous vécu cette première avec le maillot bleu, qui plus est à l’occasion d’une victoire au Principality Stadium dans le Tournoi ?

Dylan Cretin : C’est exactement ce à quoi on s’attend quand on prétend pouvoir jouer à ce niveau-là. Tout est comme dans mes rêves les plus fous. C’est bête à dire mais c’est LE stade ! Beaucoup de mecs me disaient que c’était peut-être le plus beau stade du monde où l’un des stades où il y a la meilleure ambiance. C’est clair que goûter à ça pour sa première, avec la victoire, la manière et l’ambiance de fou, c’était quelque chose ! Je ne sais pas combien ils étaient, mais honnêtement c’était assez incroyable de voir autant de Français dans le stade, pendant La Marseillaise… Du coup, c’est clair que l’on sentait vraiment la ferveur et les supporters derrière l’équipe. Même à l’aéroport, en rentrant, on a senti qu’ils étaient là. Franchement, ça fait vraiment chaud au cœur et l’on sent qu’il y a une émulsion qui est en train de se faire et c’est cool à vivre de l’intérieur. En plus, sur le terrain, ça fait le travail donc c’est vraiment un week-end parfait.

Vous rentrez à la 78e. Est-ce qu’à un moment vous avez cru que vous n’alliez finalement pas rentrer, alors que c’était votre première feuille de match ?

D.C. : Bien sûr. Je sais que ça peut arriver. Après, c’est la difficulté pour les coaches. Ce n’est pas pareil qu’en Top 14. Il n’y a pas douze changements. Une fois que tu rentres, les autres ne le peuvent plus pour blessure ou autre chose. C’est clair que c’est la difficulté de ce niveau international mais on est au courant, on était au courant et de toute façon, on l’acceptait totalement. Bien sûr que l’on a envie de jouer mais si on ne doit pas rentrer, ce sont les choix et il n’y a rien à dire là-dessus. C’est le jeu. Tout le monde y est déjà passé, ou y passera.

Mais en l’espace de quelques minutes, on a vu une énorme activité de votre part ! Vous aviez beaucoup d’enthousiasme…

D.C. : Oui, c’est normal (il sourit). Même si l’on joue 80 minutes, on se doit de tout donner pour le maillot et l’équipe de France. Je n’ai pas l’habitude de jouer à 50%, que ce soit en club et même en jeunes. Là, c’est sûr qu’avec l’émotion puis l’envie de gagner le match, car il n’était pas encore gagné, on a envie de tout donner pour que ces quelques minutes soient positives pour l’équipe.

" On ose tous jouer, faire ce que l’on sait faire et c’est ça qui est bien."

Comment vivez-vous cette période actuelle au sein d’un groupe tricolore que l’on prend plaisir à voir évoluer, que ce soit sûr ou en dehors du terrain. De l’intérieur, c’est comment ?

D.C. : C’est un peu ce que les mecs essaient de véhiculer. On a une joie de se retrouver. Personne n’y va à reculons le jeudi. Tout le monde est content d’y aller. On est content de s’entrainer dur. Le week-end, quand on voit que ça marche comme ça, ça donne raison de faire tout ça. Le résultat, c’est trois victoires en trois matchs, c’est la meilleure des réponses. C’est clair que l’on a envie de toujours plus. La fatigue, on ne la ressent pas. On a envie de continuer le plus possible dans ce Tournoi et de gagner toujours plus.

On sent beaucoup de confiance de la part de cette équipe, sans dire qu’il s’agit d’un excès de confiance. Partagez-vous ce ressenti ?

D.C. : Je pense que c’est ça. On se souvient du passé et je pense que c’est ça qui, je l’espère, ne nous fera jamais passer dans l’excès de confiance. Ça peut aller tellement vite. Encore ce week-end, on voit que l’on peut perdre un match en une minute. Contre l’Angleterre, ça se joue sur la fin. Tu peux le perdre et au final, tu fais un Tournoi qui peut passer complètement dans une autre dynamique parce que tu as perdu ce premier match. À ce niveau-là, ce sont les détails et il faut avoir cette confiance parce qu’il faut être confiant pour jouer à ce niveau-là. Si tu n’as pas confiance en toi, tu ne peux pas gagner contre des équipes confiantes. Surtout, on n’a aucune raison d’avoir un excès de confiance. Après avoir gagné trois matchs, ce serait se chauffer pour rien du tout. Ce serait un manque de respect et un manque d’humilité. Je pense que même les All Blacks ou les Sud-Africains n’ont pas cet excès de confiance. Cela veut dire quelque chose. Ce niveau-là ne le permet pas. À chaque fois que tu es un peu trop dans cet excès, tu retombes assez vite sur terre et ça fait plutôt mal. Il n’y a pas de raison.

En tout cas, vous êtes à deux matchs d’un truc énorme !

D.C. : On n’en a pas encore trop parlé. Il ne faut surtout pas se saboter en pensant directement à ces deux matchs. C’est con à dire, mais on est obligé de passer par l’Ecosse et on n’a pas envie de sauter une étape. Ce serait trop bête. On est vraiment concentré sur l’Ecosse. On a déjà commencé à travailler dessus. Pour l’instant, il n’y a vraiment que ça et on a largement le temps de préparer le match d’après. Ces dix jours doivent permettre d’être focus uniquement sur l’Ecosse. On n’a pas envie de penser à autre chose.

Tu es de la génération 1997, tu incarnes ce renouveau au sein du groupe tricolore. Justement, comment cela se passe pour vous tous qui découvrez la sélection A un peu tous au même moment ?

D.C. : Vu que l’on est beaucoup de ma génération, ou celle juste en dessous ou juste au-dessus, au final on n’a pas de pression particulière. Il n’y a pas un groupe d’anciens qui pourrait être installé depuis longtemps et "faire la loi". Tout le monde est à peu près au même niveau et c’est ça qui est cool. On ose tous jouer, faire ce que l’on sait faire et c’est ça qui est bien, d’y aller avec à la fois de la pression et ce relâchement pour faire notre jeu.

" Si toutes les semaines on me dit que je dois partir en équipe de France, je signe tout de suite !"

Alors que vous reveniez du Pays de Galles, votre équipe du LOU s’imposait face au Racing. Vous avez suivi la rencontre ?

D.C. : Je l’ai regardée dans l’avion. C’était un match à pression. Tous les matchs que l’on commence à jouer ne sont plus comme ceux qui appartenaient au précédent bloc de douze, où il est humain d’être parfois un peu fatigué. Là ce sont des blocs de deux ou trois matchs et on a n’a pas le droit de passer à côté. On ne commençait pas par le plus simple et il fallait gagner contre le Racing pour garder cette dynamique, malgré l’échec à Bordeaux. J’ai trouvé que l’on avait une bonne entame mais ils ont été vraiment efficaces sur leur début de match. Ils marquent 13 points, ce n’est pas volé. C’est vraiment une bonne équipe qui joue bien. Une fois passé cela, on a su prendre le match par le bon bout. On n’a pas déjoué. C’était saccadé mais on a fait les bons choix au bon moment et ça a payé au final. On a été plutôt propre et ça nous a remis sur le chemin vers la victoire.

L’équipe prépare actuellement un déplacement à Brive, vous êtes au contact du groupe quelques jours, comment vivez-vous cette situation ?

D.C. : On essaie d’aider les copains en se mettant en face, en faisant la défense ou l’attaque. On fait tout ce qui est logique quand tu es remplaçant ou hors groupe. On aide au maximum. Je suis frais et j’essaie de donner l’énergie que j’ai pour le groupe. C’est différent pour moi mais il y a pire comme problème. Franchement, si toutes les semaines on me dit que je dois partir en équipe de France, je signe tout de suite ! Ce n’est pas un problème. J’aide au mieux lors de mon temps sur Lyon puis je serai très content de partir dès jeudi soir préparer le match contre l’Ecosse.

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