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Racing 92 - Nyanga : "16 ans de carrière, jamais eu l’impression de bosser"

Nyanga : "16 ans de carrière, jamais eu l’impression de bosser"

Le 27/05/2018 à 09:26Mis à jour Le 27/05/2018 à 10:57

Au lendemain du dernier match de Frédéric Michalak, c’est un autre monument du rugby français qui a disputé son dernier match sur la pelouse du Groupama Stadium. Yannick Nyanga s’est livré sur ses derniers instants de joueur, sans vraiment réussir à réaliser.

Après avoir perdu la finale de coupe d’Europe, c’est une nouvelle déception ?

Yannick Nyanga : C’est dur à avaler mais c’est le sport de haut niveau. Quand tu as des occasions et que tu ne les mets pas… L’équipe de Castres était à notre portée mais ils ont joué leur rugby, ont été beaucoup plus disciplinés que nous et cela a suffi pour gagner. Il n’y a pas à raconter autre chose que la réalité, le score est logique et il faut tirer les leçons de ça. Il y a eu des approximations qui n’ont pas lieu d’être à ce niveau-là et je pense que le score est logique. Quand on est capable de jouer à un certain niveau en finale de coupe d’Europe et de ne pas réitérer cette performance deux semaines après, on est sanctionné.

Yannick Nyanga de Racing 92 - Racing vs Castres

Yannick Nyanga de Racing 92 - Racing vs CastresIcon Sport

Il y avait un grain de sable dans la machine, les têtes étaient encore à Bilbao ?

Y.N. : Non, on a bien préparé le match. On a fait ce qu’il fallait au niveau de la préparation. En faisant le bilan, la perte de tous ces leaders en même temps joue peut-être des tours aujourd’hui. Quand il n’y a pas Dimitri (Szarzewski), Dan (Carter), Pat (Lambie), Brice (Dulin), Max (Machenaud), ce sont des joueurs d’expérience qui ont vécu ces moments. Les joueurs qui ont été à leur place n’ont pas démérités. Teddy Iribaren, Camille Chat ou Louis Dupichot, on va continuer à les voir pendant très longtemps mais il faut cette expérience pour pouvoir un jour apprendre et gagner des trophées. C’est tout le mal que je leur souhaite.

Au final, comment jugez-vous cette saison ?

Y.N. : Je pense que c’est une saison réussie. Sur la saison régulière, on a gagné beaucoup de matches et on est allé en finale de coupe d’Europe. Ce n’est vraiment pas anodin. On perd cette finale sur pas grand-chose. Quand on voit le scénario sur la demie et la finale, on perd beaucoup de joueurs. On s’était promis de ne pas s’en servir comme excuse. On a bossé très dur. Maintenant, la saison est terminée et compte tenu de tout ce qui nous est arrivé, on a réalisé une grande saison. Encore une fois, ça n’assure de rien pour la suite et il faut que l’on tire les leçons de tout ce qu’il s’est passé. On peut être fier de tout ce que l’on a fait.

La suite maintenant, ce sont plus les pantoufles que les crampons ?

Y.N. : Les pantoufles non, car je n’ai pas trop l’habitude de me reposer. Je suis de ceux qui pensent que quand on ne fait rien, on dépéri. J’aurais d’autres choses à faire.

Une petite larme à l’œil ?

Y.N. : Je l’ai depuis un moment déjà. A chaque fois que j’y pense, je suis assez ému.

On retient quoi de toutes ces années de carrière ?

Y.N. : Le plaisir et le privilège que j’ai eu de vivre de ma passion. Pendant mes 16 ans de carrière professionnelle, je n’ai jamais eu l’impression de bosser. Je n’ai jamais compté les heures passées à l’entrainement, devant des écrans vidéo pour analyser les choses, à me poser les questions sur comment être un meilleur joueur, à essayer de transmettre le peu de choses que je savais. J’ai tout donné. J’aurais aimé que ça se termine un petit mieux que ça mais il ne faut pas être ingrat, j’ai eu beaucoup de chance.

Quel est votre état d’esprit ?

Y.N. : Je ne me rends pas trop compte. Le sentiment de défaite prédomine. J’arrive à une semaine de l’objectif que je m’étais fixé, c’est comme ça… Il faut avoir de l’humilité, on est beaucoup à vouloir la même chose. J’ai quand même été très gâté parce que j’ai gagné quatre fois ce bouclier et j’ai eu la chance de gagner la coupe d’Europe. J’ai envie de remercier tous mes coéquipiers car ils m’ont fait vivre des choses magnifiques. Rendez-vous la saison prochaine avec les joueurs du Racing même si j’aurai un autre costume.

Vous ne semblez pas vraiment réaliser et intégrer le fait que ce soit désormais terminé ?

Y.N. : Non parce que je suis comme ça. J’aime ce que je fais et je me suis toujours posé les questions pour savoir comment mieux faire. C’était pareil en tant que joueur, ce sera pareil en tant que… (sourires). Le nouveau costume, vous allez le savoir assez tôt.

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