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Talès : ''Plein de signaux positifs en faveur de La Rochelle''

Talès : ''Plein de signaux positifs en faveur de La Rochelle''

Le 24/06/2021 à 11:27Mis à jour Le 24/06/2021 à 11:49

TOP 14 – Vainqueur du Brennus en 2016 avec le Racing, dans la foulée d’une défaite en finale de Champions Cup, l’ancien rochelais Rémi Talès (2006-2011) trouve de nombreuses similitudes avec l’actuel parcours maritime. Un an après avoir raccroché les crampons, l’ex-ouvreur international poussera derrière les jaune et noir, vendredi soir, en finale du Top 14.

Quel rôle avait joué Ronan O’Gara, alors entraîneur de la défense et du jeu au pied au Racing, dans la transition coupe d’Europe-Top 14, en 2016 ?

La grosse force de Ronan, et je pense que Jono Gibbes (directeur du rugby rochelais) est pareil, c’est d’être un gros, gros compétiteur. Il rebondit de suite après un échec. A l’époque, il nous répétait le terme qu’il aime bien : « opportunity ! ». Il disait que l’on avait une opportunité de rejouer une finale, un mois après, et qu’il fallait se servir de la frustration de la finale de coupe d’Europe pour avoir encore plus faim pour celle de Top 14. C’est sûr que lui et Jono (qui a vécu la même situation en 2017 avec Clermont, NDLR) s’appuie sur ça, en ce moment.

Ça galvanise ?

Ronan arrive toujours à te remobiliser, te pousser. Les mots qu’il emploie font que les mecs ont envie de le suivre. C’est vraiment un meneur d’hommes. Au-delà d’être un très bon entraîneur, il est très bon humainement.

Les Rochelais étaient profondément marqués à Twickenham et pendant les deux semaines qui ont suivi. Vous souvenez-vous des lendemains de cette défaite en finale de Champions Cup (21-9 face aux Saracens) ? Quel était le processus pour « switcher » ?

J’ai perdu deux finales de coupe d’Europe avec le Racing. Le plus, en 2016, par rapport à 2018, c’est d’avoir rejoué dès le week-end suivant, en Top 14. Il restait deux journées. C’est un peu le même scénario pour la Rochelle. Les deux finales étaient à plus d’un mois d’intervalle. On avait eu des matches de championnat pour se remettre dedans, pour éliminer la frustration de l’échec, retrouver de la confiance et repartir pour valider la saison.

''En 2016, ce n’était pas une finale commune, un peu comme La Rochelle avec le Covid et tout ce qui se passe. C’est un peu les mêmes scénarios finalement…''

Un évènement « hors-rugby » avait-il, aussi, aidé à cicatriser la plaie ?

La soirée organisée par le club, le soir de la finale de Champions Cup, nous avait fait du bien. Toutes les familles, tous les amis étaient là. Ça avait été hyper important, après le match, de se retrouver tous ensemble. Après, l’autre ''gros truc'', c’était la délocalisation de la finale de Top 14 à Barcelone. C’était exceptionnel et rare, cet objectif nous avait galvanisés. Ce n’était pas une finale commune, un peu comme La Rochelle avec le Covid et tout ce qui se passe. C’est un peu les mêmes scénarios finalement…

En tant qu’ancien rochelais, vous semblez y voir un signe…

Je vois des similitudes, aussi, avec Castres, en 2013 (vainqueur du Brennus face au RCT, NDLR). Toulon était double champion d’Europe, jouait sa deuxième finale d’affilée. Nous, on n’avait rien à perdre, on n’était pas attendu. Aujourd’hui, même si le statut de La Rochelle est différent au regard de leurs productions, Toulouse est davantage favori que La Rochelle si l’on se fie au palmarès. Il y a beaucoup de signes, je trouve, pour eux et j’espère qu’ils vont rebondir.

On vous sait encore proche du vestiaire rochelais et notamment du staff. Dans vos échanges avec eux, aviez-vous senti les prémices du rebond largement entrevu, vendredi dernier, en demi-finale face au Racing (19-6) ?

Oui. Je trouve qu’ils ont hyper vite basculé sur le championnat, ils savent qu’ils sont dans le vrai et ils s’en donnent les moyens. Ils ont quand même des joueurs, aujourd’hui…Skelton fait partie des meilleurs joueurs du monde, le genre de facteur X, dans un match comme ça, qui peut faire basculer le match en leur faveur. En plus, il vient de prolonger. Il y a plein de signaux positifs en faveur de La Rochelle. Brice Dulin est vachement mis en avant en ce moment. Lui a vécu ses situations-là, il a trois finales de Top 14 et trois finales de coupe d’Europe au compteur, il sait tous les efforts nécessaires pour en arriver-là. Je pense qu’il fait vraiment faire prendre conscience aux joueurs que l’on n’accède pas forcément à la finale tous les ans et qu’il faut saisir l’opportunité. Entre les discours de ''Dudule'', de Ronan et de Jono Gibbes qui ont tout gagné, c’est un gros gros plus pour leur équipe.

''Toulouse, c’est un gros morceau, je ne vais pas dire qu’ils méritent moins que La Rochelle. Mais ils en ont tellement gagné, des finales, qu’ils peuvent en laisser une à La Rochelle (sourire).''

Vous ne faites donc pas parti de ceux qui pensaient que La Rochelle allait s’effondrer après la désillusion de Twickenham ?

Non, non. Le match, ils le tenaient. C’est un levier de motivation, cette défaite va apporter un supplément d’âme. Faire deux finales de suite dans une carrière, c’est quand même très, très rare. Quand tu fais deux finales, il faut en gagner au moins une des deux. La Rochelle fait une saison de fou, ils ont envie de valider leur belle saison par une titre. Car c’est ce qui reste.

On vous sent encore vibrer pour La Rochelle, où vous avez laissé une belle empreinte…

Quand tu passes par La Rochelle, t’es marqué à vie. De les voir là, aujourd’hui, c’est magnifique et on ne leur souhaite que ça (un Brennus). Quand tu vois la réaction du président le week-end dernier, c’était magnifique. Le peuple rochelais le mérite. Toulouse, c’est un gros morceau, je ne vais pas dire qu’ils méritent moins que La Rochelle. Mais ils en ont tellement gagné, des finales, qu’ils peuvent en laisser une à La Rochelle (sourire).

Vous avez réservé votre place sur le Vieux-Port ?

Malheureusement, non…''Carmi'' (Romain Carmignani, membre du staff, NDLR) m’a demandé, aussi. J’aurai aimé vivre ça, les attendre au retour à La Rochelle. Mais je leur souhaite vraiment, à tous, de vivre ça. Je pense notamment à ''Dudule''. En 2013, à Castres, c’était la folie mais on était parti de suite en tournée (avec le XV de France). Au Racing, il n’y a pas l’ampleur qu’il peut y avoir à La Rochelle. Un retour sur le Vieux-Port…c’est à vivre ! J’en ai eu un bel aperçu (en 2010, pour fêter l’accession en Top 14). C’était inattendu, il n’y avait tellement rien de prévu que c’est encore plus beau. Bref, j’espère qu’ils vont gagner.

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