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Michalak à propos du Monaco Sevens : "On est vraiment à la genèse du projet"

Michalak à propos du Monaco Sevens : "On est vraiment à la genèse du projet"

Le 30/01/2020 à 17:45Mis à jour Le 30/01/2020 à 17:46

IN EXTENSO SUPERSEVENS – Alors que samedi se jouera la première édition du tout premier championnat de France professionnel de clubs de rugby à sept, Frédéric Michalak fait le point sur le projet monégasque. Secrétaire général du Monaco Sevens, l’ancien international explique la genèse du projet et dévoile sa vision sur l’avenir du rugby à sept.

Rugbyrama : Comment se passe la préparation de ce premier Supersevens pour l’équipe monégasque ?

Frédéric Michalak : Bien. On a une première vague de joueurs qui est arrivée jeudi dernier, avec Benjamin Lapeyre et les deux frères Sancery (Daniel et Felipe, ndlr) en provenance du Brésil. Puis la deuxième vague dimanche soir en provenance d’Afrique du Sud. C’est une préparation rapide et intense avec énormément de choses à faire.

Contrairement aux clubs de Top 14 qui peuvent s’appuyer sur des joueurs de leurs propres effectifs, comment s’est passé le recrutement du Monaco Sevens et n’était-ce pas trop compliqué ?

F.M. : C’est super compliqué. On a établi une liste de 100 noms avec des joueurs français mais sachant que les joueurs du Top 14 sont déjà pris, et que certains qui sont en Pro D2 sont prêtés aux clubs de Top 14 qui ont la priorité. En plus il y a une journée de Pro D2 ce même week-end. En en Fédérale 1, il y a très peu de joueurs à sept de haut niveau. Il y en a mais c’était assez compliqué. On a l’obligation de prendre des joueurs professionnels et en Fédérale 3, où joue le club à quinze de Monaco, ils ne le sont pas. J’ai l’autorisation de prendre des joueurs de Fédérale 1 mais qui sont sous contrat professionnel avec leur club. Je me suis donc tourné vers des Fédérations avec lesquelles j’ai des relations pour avoir des joueurs issus du rugby à sept. C’est un championnat professionnel et il faut essayer d’être compétitif avec des mecs qui connaissent un peu le circuit mondial. L’équipe est très très jeune. Quelques joueurs ont joué des étapes de Sevens mais ce sont pour la plupart des joueurs de l’Académie, donc en développement et qui pourraient être, demain, les plus grands joueurs du rugby à sept mondial. Dans cette académie, certains grands joueurs sont passés comme Cheslin Kolbe qui maintenant montre toutes sa panoplie de grand joueur. On a un ou deux joueurs vraiment surprenants sur les appuis et la vitesse.

Il y a aura énormément de curiosité autour du club monégasque, car l’histoire rugbystique en Principauté n’est pas la plus connue de toutes…

F.M. : Monaco existe déjà dans le rugby. Il y a un club de rugby à quinze qui joue en Fédérale 3 et une équipe nationale qui joue à sept. Elle n’est pas parmi les meilleures mondiales, c’est sûr, et elle n’est pas sur les circuits, mais il y a une structure avec une Fédération. Et maintenant un club professionnel à VII qui est porté par une association, par des gens passionnés qui ont envie de performer. On est vraiment à la genèse du projet, au tout début d’une belle aventure. Il y aura des ponts avec le rugby à quinze car ce mouvement doit se faire dans son ensemble.

Sevens - L'équipe Monégasque.

Sevens - L'équipe Monégasque.Other Agency

Car Monaco Sevens, cela reste une spécificité ?

F.M. : On est comme les Barbarians, on est une sélection de joueurs mais sachant que les Barbarians ont eu la priorité sur des joueurs de la filière française. On a fait ce que l’on a pu tout en essayant de faire en sorte d’avoir des joueurs compétitifs. C’est quand même un championnat professionnel. On doit aligner une belle équipe et l’objectif est d’avoir des joueurs de très haut niveau.

" Quand on est formé à Toulouse, le rugby est avant tout un jeu de mouvement et d’évitement"

Qu’est-ce qui vous a motivé dans ce projet et dans cette envie de s’engager ?

F.M. : Je vais dire « nous » car nous sommes trois à avoir initié ce projet depuis 2015. Cela fait cinq ans que l’on parle de Monaco Rugby Sevens avec Julien Cossou et Emmanuel Falco. On a été trois amis à réfléchir à tout ça. C’est aussi le projet du souverain, du Prince de Monaco qui nous a dit de foncer et de travailler autour de ça. C’est ce que l’on a fait pour, aujourd’hui, être engagé sur le Supersevens.

Et il y a surement cette envie de voir encore plus loin car le rugby à sept est discipline olympique et les Jeux Olympiques seront à Paris en 2024.

F.M. : C’est presque trop court. Ce club doit être une locomotive pour l’ensemble du projet qui est sur différents axes avec le développement d’une académie spécialisée à sept pour essayer de former de futurs grands joueurs, et essayer de faire entrer le rugby dans l’Éducation Nationale pour ensuite créer un mouvement qui va attirer la curiosité de certains Monégasques, et pourquoi pas les former pour essayer de participer aux Jeux Olympiques. Mais il y a quelques étapes à franchir avant.

Supersevens - Frédéric Michalak, en conférence de presse.

Supersevens - Frédéric Michalak, en conférence de presse.Other Agency

Durant votre carrière, vous aviez déjà une certaine sensibilité pour le Sevens ?

F.M. : Quand on est formé à Toulouse, le rugby est avant tout un jeu de mouvement et d’évitement. Forcément, on a été formé à jouer à toucher, et à du rugby à sept sur certains entrainements même si l’on n’y a pas joué à très haut niveau. Finalement, le sept est arrivé assez tard. Depuis qu’il est aux Jeux Olympiques, tout le monde a envie de s’initier à ça. Mais développer une équipe professionnelle de très haut niveau, c’est quand même plus facile à sept qu’à quinze où il y a énormément de spécificités sur les mêlées, ou les joueurs de première ligne. Le rugby à sept est beaucoup plus un jeu de mouvement, de rapidité et de flair qui m’a toujours attiré.

Juan Imhoff, qui jouera dans l’équipe du Racing et qui est un ancien international à VII, évoquait justement le Sevens comme l’avenir de ce sport. Quel est votre point de vue ?

F.M. : Je suis tout à fait d’accord avec lui. Le rugby à sept est un rugby qui amène beaucoup de fraicheur à notre sport. Le rugby est quinze est le papa, c’est celui qui sera toujours là. Ce sport est né de là. Mais le rugby à sept attire un nouveau public, c’est de l’entertainment (du divertissement, ndlr), de belles envolées, des sourires, des gens déguisés, etc. On est sur un rugby un peu plus à la mode et qui intéresse peut-être des générations un peu plus jeunes. C’est le plaisir d’être ensemble toute une journée pour partager des matchs courts, avec du challenge. C’est éliminatoire, donc cela va aller vite.

" Peut-être que ce tournoi va donner des idées à l’ensemble des clubs"

Et le Sevens, c’est une culture…

F.M. : C’est une culture spéciale. Les World Series ont initié à cette culture, le fait de voir des stades pleins à Hong Kong ou à Dubaï. Il y a une dizaine de tournois et c’est le fait de se retrouver sur deux ou trois jours pour faire la fête, s’amuser et prendre du plaisir ! On sent que lorsque l’on structure les choses, que l’on pose les bases et que l’on arrive à travailler ensemble, comme les Français sont en train de le faire et qui sont la deuxième nation mondiale, on arrive à de belles performances.

Vous encouragez donc toutes les initiatives qui peuvent permettre de promouvoir la discipline, à l’image de ce Supersevens.

F.M. : Cela peut amener beaucoup de choses, mais c’est toujours pareil. Comment tout cela va se structurer ? Les clubs du Top 14, aujourd’hui, sont structurés pour jouer à quinze, pas pour jouer à sept. Là aussi, c’est réfléchir à un nouveau modèle économique, à des nouveaux partenaires qui préfèrent le sept plutôt que le quinze et permettre à tous les clubs de pouvoir recruter, ou d’avoir une filière exclusivement de rugby à sept. Peut-être que ce tournoi va donner des idées à l’ensemble des clubs, pour au moins être beaucoup plus performant en août et en novembre (lors du début de la prochaine édition à travers trois dates estivales et une grande finale, ndlr). Mais on sait que les clubs sont dépendants du quinze, avec des salary cap ou des règlements spécifiques comme les JIFF. Ce sont des questions que Monaco se pose un peu moins mais que les clubs de Top 14 doivent se poser.

Ce projet peut aussi être moteur pour toute une région, et un territoire ?

F.M. : Monaco est un pays ! Donc il y a beaucoup d’ouvertures et forcément des relations privilégiées avec l’Afrique du Sud et les États-Unis. C’est lié à la Principauté, à Monseigneur et à la princesse Charlène (née en Afrique du Sud, ndlr). Il y a des relations plus faciles à construire. On va faire cette première étape puis l’on fera un bilan pour voir comment on construit l’avenir.

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