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Affaire des commotions - Yahé remercie les médecins : "Ils ont protégé ma vie de femme et de maman"

Affaire des commotions - Yahé remercie les médecins : "Ils ont protégé ma vie de femme et de maman"
Par Nicolas Augot via Midi Olympique

Le 15/12/2020 à 18:38Mis à jour Le 18/12/2020 à 12:05

Alors que le sujet des commotions cérébrales dans le rugby est toujours au centre des débats, l’ancienne capitaine du XV de France Féminin Marie-Alice Yahé est revenue sur sa fin de carrière anticipée et décidée par les médecins.

Elle n’a pas choisie sa fin de carrière. Elle n’y pensait même pas quand c’est arrivé. "Le professeur Decq qui travaille avec la FFR a pris la décision pour moi parce que je ne voulais pas arrêter. Je l’ai détesté à l’époque..." Marie-Alice Yahé était alors capitaine de l’équipe de France, mais elle s’était écroulée à l’entraînement après avoir reçu un ballon dans la figure sur une passe anodine. Devenue consultante Canal +, l’ancienne joueuse est revenue sur cette fin de carrière anticipée et dictée par une succession de commotion cérébrales dans les colonnes de Midi Olympique.

Elle évoque les premiers signes inquiétants un an avant l’arrêt de sa carrière : "J’ai développé des angoisses, des peurs. Je me souviens du jour où j’ai dû quitter l’hôpital, impossible de monter dans l’ascenseur. Je suis devenue claustrophobe du jour au lendemain." Malgré des maux de têtes persistants, elle décide de reprendre la saison jusqu’à ce triste entraînement à Marcoussis qui a changé sa vie : "Tout s’est mélangé : "burn out", dépression, sentiment de mal-être permanent. Je ne sortais même pas de la maison pour aller jusqu’à la boîte aux lettres."

La décision du professeur Decq apparaît aujourd’hui comme une évidence : "Je le remercie de tout mon coeur. Je ne sais pas dans quel état je serais aujourd’hui si on ne m’avait pas arrêté. Les médecins ont protégé ma vie de femme et de maman." Un témoignage poignant mais aussi glaçant alors qu’une étude médicale anglaise démontre que les chocs liés à la pratique du violent ont des conséquences encore plus grave chez les femmes.

"Je pensais que les capteurs étaient faux", commente le professeur Williams dans les colonnes de Rugby Pass pour évoquer le point de départ de son étude sur le rugby féminin après avoir relevé des mesures inquiétantes. La faute à un manque de force dans le cou chez les femmes selon cette étude qui laisse apparaître que la tête des joueuses est balancée sans aucune retenue lors des plaquages, ce que l’on pourrait assimiler à un coup du lapin. Selon, cette étude, il est possible de muscler le cou pour tenter d’atténuer ce phénomène même si le professeur Williams est catégorique : les femmes seront toujours plus sujettes aux commotions.

"Les chocs à la tête et les commotions cérébrales affectent les femmes d'une manière très différente de celle des hommes […] Les hommes ont plus de muscles et de tissus mous autour du cou que les femmes, ce qui les aide à maintenir leur tête en place. Les femmes ont beaucoup moins de muscles au cou, c'est pourquoi les femmes ne peuvent pas tenir la tête aussi facilement que les hommes. Ce n'est pas seulement une recherche importante sur le rugby, cela explique également pourquoi les femmes sont 17% plus susceptibles de mourir dans des accidents de voiture que les hommes."

Retrouvez l'interview complète sur Midi-Olympique.fr en cliquant ici.

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