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Rugby à VII - Encourageants à Dubaï, les Bleus veulent cette fois-ci éviter toute frustration au Cap

Encourageants à Dubaï, les Bleus doivent cette fois-ci éviter toute frustration au Cap

Le 08/12/2015 à 15:39Mis à jour Le 08/12/2015 à 15:51

SEVENS - Vainqueurs de la Bowl et donc (seulement) 9es à Dubaï, les Bleus ont pourtant remporté cinq de leurs six matchs. Pas qualifiés en Cup au prix d'un petit coup du sort, ils ont néanmoins réalisé des performances très prometteuses avant d'enchaîner en Afrique du Sud ce week-end. D'autant que, malgré une très longue préparation, des doutes persistaient sur leur réaction à balles réelles.

Six matchs disputés, cinq victoires, 165 points marqués (pour 80 encaissés), et 26 essais inscrits. Malgré ce bon bilan statistique (brut) à Dubaï, les Bleus ne s'en sortent pas mieux que la neuvième place lors du premier tournoi de la saison. C'est la dure loi du rugby à VII. Avec deux victoires (États-Unis 26-21, puis Portugal 35-7) et une courte défaite face aux Néo-Zélandais (14-21) en première journée, les hommes de Frédéric Pomarel n'ont néanmoins pas réussi à se qualifier parmi les deux premiers de leur poule. La faute à une égalité de points avec leurs deux principaux adversaires, et un goal-average défavorable (à deux points près) sur les Américains.

Un résultat frustrant, mais des performances prometteuses

Une élimination forcément frustrante pour les Tricolores, comme l'avait été celle de Wellington, dans des circonstances similaires la saison dernière. Mais ils n'en ont perdu pour autant en lucidité. Pour eux, hors de question sombrer dans la déception en se cherchant des excuses. Ce que nous avait vite fait comprendre Steeve Barry dès vendredi soir. "On s'en veut beaucoup d'avoir gâché l'opportunité qui nous était offerte, en n'enfonçant pas le clou contre le Portugal". A l'image d'un essai tout fait mais gâché par un en-avant à quelques mètres de la ligne d'en-but portugaise en toute fin de match, ce relâchement leur a assurément coûté un passage en Cup.

Les Français ne l'ont pas oublié au moment d'attaquer la deuxième journée de compétition. Vainqueurs de la Russie (38-5), du Kenya (33-7) puis de l’Écosse (24-14) en deuxième journée, ils ont ainsi réussi à remporter une Bowl sans trop de difficultés. Prometteur. D'autant que de nombreuses interrogations persistaient quant à leur réaction dans le combat au moment d'attaquer le premier rendez-vous du circuit. Malgré leur longue préparation, les Bleus et leur staff regrettaient en revanche le manque d'adversité sur la fin. Leurs seules oppositions à balles réelles (face au Maroc, à la Tunisie, puis à l'Espagne ou encore au Portugal lors d'un petit tournoi amical mi-novembre) manquaient (au moins) d'un adversaire au niveau supérieur en vue des JO.

Les incertitudes vite levées dans le combat

"Il me semble qu'au terme de trois mois sans compétition à (très) haut niveau, c'est normal de se poser quelques questions", avalise Jonathan Laugel. "Même si les entraînements étaient intenses, la compétition reste l'unique baromètre pour savoir tu te situes par rapport aux autres". Les Bleus du VII ont donc pu se jauger, et la reprise internationale leur paraît ainsi encourageante. "Malgré la déception du premier jour, on a su se remobiliser et repasser la marche avant pour aller chercher la Bowl", reprend le pilier français. "Je pense que nous avons envoyé un signal à toutes les autres équipes et montré que l'équipe de France doit cette année se situer un cran au-dessus". Une preuve, s'il en faut de nouveau, des ambitions de ce groupe remodelé la saison passée.

Pas enchantés côté résultats, les septistes tricolores peuvent compter sur le positif apparu dans leur jeu, qui les a même vu inquiéter d'entrée les All Blacks - encore jamais battus par les Bleus. Concrètement, ils ont fait preuve d'une belle détermination mais surtout d'une intéressante rapidité d’exécution, en se trouvant souvent dans le bon tempo côté offensif. Pour se faire, les Français ont impressionné dans leur capacité à enchaîner les efforts, dans leurs courses ou leurs replacements mais aussi les zones d'affrontement. Jonathan Laugel complète même le bilan avec "la vraie solidarité collective, notamment en défense et dans le jeu aérien où chacun a su s'activer sous les ballons hauts". Ce récent point faible illustre les progrès en cours.

Leur bon enchaînement expliqué par la préparation

"Physiquement prêts" ainsi que le juge Laugel, les Bleus le doivent évidemment à leur long travail en amont. Ce que Steeve Barry nous avait détaillé avant de s'envoler vers Dubaï puis Le Cap. "Je me sens comme à 20 ans ! Je n'avais jamais fait de préparation si ciblée, avec des semaines de développement très dures - et notamment un peu de wattbike -, puis un gros affûtage. Aux tests physiques, tous nos résultats ont largement progressé!" Cette augmentation de l'intensité d'environ 25% (par rapport à la même période en 2014) n'a néanmoins pas fait oublier le ballon au staff. "On avait besoin de vivre beaucoup de situations rugbystiques en opposition, pour taper vite et fort dedans", rappelait Frédéric Pomarel avant le départ.

De ces différents points de vue, la préparation semble porter ses fruits. Spécialistes de l'inconstance, les Bleus du VII savent néanmoins ce qui les attend en Afrique du Sud, ces 12 et 13 décembre. "Le plus dur va être de ne pas s'enflammer, car le résultat brut démontre tout de même une 9e place, pas très élogieuse", cadre Laugel. Encore dans le troisième chapeau (de par leur non-qualification en Cup), les Tricolores retrouveront les Néo-Zélandais au Cap, cette fois accompagnés des Samoans et Canadaniens. L'ancien Racingman termine: "On va avoir la chance de jouer les grosses nations qu'il nous faut battre au moins une fois avant les JO, pour prouver à tous que France 7 peut rivaliser avec les meilleurs". Dans cette idée, et pour enfin les voir dans une Cup qu'ils attendent, ils seront de nouveau attendus au tournant ce week-end.

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